SM le Roi Mohammed VI tourne la page de l’exception onusienne : le Sahara, une région marocaine comme les autres.


Par Brahim Ould Errachid.

Membre du conseil national du parti de l’Istiqlal.

Il est des fidélités que les vicissitudes de l’histoire ne parviennent ni à ébranler ni à soumettre aux contingences de la politique.

Il est des appartenances dont la légitimité procède d’une mémoire plus ancienne que les controverses diplomatiques et d’une conscience plus profonde que les constructions idéologiques.

Le lien qui unit les Sahraouis marocains au Glorieux Trône alaouite relève de cette permanence. Il constitue une réalité historique et humaine dont aucune lecture exclusivement géopolitique ne saurait restituer toute la profondeur.

En ma qualité de Sahraoui profondément attaché à la marocanité du Sahara et à la souveraineté de mon pays, je considère que notre engagement en faveur de l’intégrité territoriale du Royaume ne procède ni d’une adhésion circonstancielle ni d’une quelconque convenance politique.

Il puise sa substance dans une histoire partagée, trouve sa légitimité dans la continuité de l’État marocain et atteint sa plus haute expression dans la fidélité indéfectible que nous vouons à l’Auguste Trône alaouite et à Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Que Dieu L’assiste et Le glorifie.



Cette fidélité possède une profondeur que les circonstances contemporaines ne sauraient expliquer à elles seules.

Elle appartient à la trame séculaire des relations entre les tribus sahraouies et les Sultans du Maroc.

Elle renvoie à cette tradition de la Bay’a, qui a longtemps constitué l’un des fondements de notre organisation politique et de notre conception de la légitimité. La Bay’a ne saurait être réduite à une survivance cérémonielle ou à une simple manifestation de déférence.

Elle participe d’une conception historique de l’autorité et d’un engagement réciproque dont la mémoire collective a conservé l’empreinte. Les allégeances successives, les solidarités ancestrales, les liens spirituels et les fidélités dynastiques composent un patrimoine commun que les épreuves de l’histoire n’ont pas effacé.

Pour nombre de familles sahraouies, la monarchie n’est pas une institution lointaine dont l’autorité serait venue se superposer à une identité préexistante. Elle est l’une des expressions les plus anciennes de leur appartenance à la communauté nationale marocaine.

Il serait pourtant insuffisant de rechercher dans le seul passé la justification de notre engagement présent. La marocanité du Sahara ne se réduit pas à un héritage que nous aurions reçu en dépôt.

Elle est une responsabilité que chaque génération doit assumer et une réalité que nous contribuons quotidiennement à faire vivre.

Les Sahraouis unionistes ne sont pas les spectateurs d’une question qui se déciderait exclusivement dans les capitales étrangères. Nous en sommes les acteurs directs. Nous en connaissons les ressorts humains et les implications sociales. Nous en mesurons les conséquences sur les familles et sur les équilibres de notre région.

Depuis des décennies, les élus des provinces du Sud, les représentants des tribus, les notables, les responsables politiques, les acteurs associatifs, les femmes et les jeunes participent à la consolidation de cette appartenance nationale. Leur engagement ne mérite ni d’être minoré ni d’être considéré comme une simple caution apportée à la position officielle du Royaume.

Il constitue une contribution politique et historique à part entière. Il confère à la cause de l’intégrité territoriale une dimension populaire et une profondeur humaine sans lesquelles aucune entreprise de consolidation nationale ne saurait atteindre sa pleine portée.

La Glorieuse Marche Verte de novembre 1975 demeure, à cet égard, un événement fondateur de notre histoire contemporaine. Sous l’impulsion de Feu Sa Majesté le Roi Hassan II, que Dieu ait Son âme en Sa sainte miséricorde, cette mobilisation a donné une expression exceptionnelle à la volonté nationale de recouvrer les provinces sahariennes.

Cinquante années plus tard, les commémorations de 2025 ont rappelé la portée de cet héritage et les sacrifices consentis pour la défense de l’unité territoriale. Mais elles ont également mis en lumière une transformation décisive :

Le temps de la seule revendication historique a progressivement cédé la place à celui d’une construction politique et territoriale appelée à inscrire les acquis de la Nation dans la durée.

C’est précisément à cette articulation entre la légitimité héritée et la responsabilité présente que se reconnaît la clairvoyance de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Sous Son règne, la cause nationale a acquis une nouvelle envergure diplomatique et s’est accompagnée d’une politique de développement destinée à faire des provinces du Sud un espace de stabilité et de prospérité.

La présentation, par le Maroc, de son Initiative pour la négociation d’un statut d’autonomie de la région du Sahara, le 11 avril 2007, a marqué une inflexion majeure dans la recherche d’un règlement politique.

Cette proposition a donné une traduction institutionnelle à la volonté du Royaume de dépasser un différend prolongé par plusieurs décennies d’antagonismes.

Elle repose sur une conception exigeante de l’autonomie régionale, exercée dans le cadre de la souveraineté nationale et du respect de l’intégrité territoriale.

Sa portée ne réside pas seulement dans la recherche d’un compromis diplomatique. Elle tient à la perspective d’une organisation politique permettant aux populations concernées de participer pleinement à la gestion de leurs affaires locales, tout en préservant les prérogatives régaliennes de l’État.

La représentation démocratique et la valorisation des particularités culturelles doivent y trouver leur pleine expression.

La responsabilité des institutions territoriales et la garantie des droits en constituent les exigences fondamentales. Le Royaume a ainsi fait le choix d’une démarche politique susceptible de concilier l’exercice effectif des responsabilités régionales avec la permanence de son unité constitutionnelle.

L’adoption de la résolution 2797 par le Conseil de sécurité des Nations Unies, le 31 octobre 2025, a constitué un jalon diplomatique de première importance.

Ce texte a prolongé jusqu’au 31 octobre 2026 le mandat de la MINURSO, tout en appelant les parties à engager des discussions sur la base du plan d’autonomie présenté par le Maroc.

Il a considéré qu’une véritable autonomie pourrait représenter l’une des solutions les plus réalisables. Cette évolution a inscrit l’initiative marocaine au centre du cadre de négociation et reconnu sa pertinence dans la recherche d’une issue politique.

Pour notre pays, elle a consacré le résultat d’une diplomatie patiente, conduite sous la Haute Autorité de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et fondée autant sur la constance des principes que sur le discernement dans l’action.

Elle a également confirmé que la crédibilité d’une proposition diplomatique se mesure à sa capacité de transformer les données d’un différend et de dégager des perspectives institutionnelles viables.

Le Discours historique adressé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Son peuple fidèle, le 31 octobre 2025, occupe une place singulière dans cette évolution. Par sa portée politique et la profondeur de ses orientations, cette allocution a donné à une avancée diplomatique une signification nationale d’une exceptionnelle ampleur.

Le Souverain y a annoncé l’ouverture d’un nouveau chapitre dans le processus de consécration de la marocanité du Sahara et affirmé la vocation de l’Initiative d’autonomie à servir de fondement à une solution consensuelle et définitive.

En établissant une distinction entre l’avant et l’après-31 octobre 2025, Sa Majesté le Roi a inscrit ce moment dans une perspective historique qui dépasse les fluctuations ordinaires de la diplomatie. Pour nous autres, Sahraouis unionistes, ce Discours a représenté bien davantage que l’annonce d’un acquis.

Il a exprimé une vision de l’avenir national dans laquelle l’affermissement de la souveraineté se conjugue avec la responsabilité politique et la recherche d’une concorde durable.

L’importance de cette parole royale réside également dans la conception de la victoire nationale qu’elle a consacrée.

Sa Majesté le Roi a souligné que le Maroc ne souhaitait ni attiser les antagonismes ni accentuer les divisions et qu’il demeurait attaché à une solution préservant la dignité de toutes les parties.

Cette orientation mérite une attention particulière. Elle témoigne d’une conception élevée de la responsabilité de l’État, qui refuse de confondre la fermeté sur les principes avec la perpétuation des ressentiments.

Elle rappelle qu’une nation véritablement assurée de ses fondements peut rechercher l’apaisement sans renoncer à ses droits.

Elle donne à la politique marocaine une dimension humaine qui doit demeurer présente à chacune des étapes à venir. La grandeur d’une cause nationale ne s’apprécie pas seulement à la lumière des reconnaissances obtenues ou des positions diplomatiques consolidées.

Elle se mesure aussi à la capacité de préparer les conditions d’une réconciliation et d’offrir à tous ceux qui souhaitent participer à la vie commune un horizon de dignité et de sécurité.

L’appel solennel adressé, dans ce même Discours, à nos frères établis dans les camps de Tindouf conserve, à cet égard, une résonance particulière.

Sa Majesté le Roi les a invités à saisir l’occasion historique offerte par l’Initiative d’autonomie pour retrouver leurs proches, contribuer à la gestion des affaires locales et participer au développement de leur patrie.

Le Souverain a réaffirmé le principe d’égalité entre les Marocains et assuré que ceux qui reviendraient des camps bénéficieraient des mêmes droits que leurs compatriotes. Cette affirmation constitue, à mes yeux, l’un des enseignements les plus importants du Discours Royal.

Elle place la dignité humaine au centre de la perspective nationale. Elle exprime une volonté de réunification des familles et de dépassement des fractures accumulées au fil des décennies.

Elle donne à la réconciliation une portée concrète et lui confère une légitimité qui procède directement de l’autorité morale et constitutionnelle du Souverain.

Le même Discours a également réaffirmé la disposition du Maroc à engager un dialogue fraternel et sincère avec l’Algérie afin d’ouvrir la voie à des relations fondées sur la confiance et le bon voisinage.

Cette main tendue témoigne de la constance d’une orientation royale qui ne dissocie pas la défense des intérêts supérieurs du Royaume de la recherche de la stabilité régionale.

L’avenir du Maghreb ne saurait être durablement condamné aux antagonismes hérités des décennies précédentes.

Les peuples de cet espace partagent une géographie et des aspirations économiques et sociales qui rendent nécessaire une perspective de coopération.

La fidélité à notre unité nationale n’implique aucune hostilité envers les peuples voisins. Elle commande, au contraire, de défendre avec résolution les intérêts légitimes de notre pays, tout en préservant les possibilités d’une coexistence fraternelle et d’un développement régional mutuellement bénéfique.

L’institution du 31 octobre de chaque année comme Fête de l’Unité, par décision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI annoncée le 4 novembre 2025, a donné un prolongement symbolique et institutionnel à cette nouvelle étape.

Le choix de cette date ne relève pas d’une simple commémoration supplémentaire. Il traduit la volonté d’inscrire les avancées de la cause nationale dans le patrimoine civique du Royaume.

Il associe la mémoire des sacrifices consentis à la conscience des responsabilités futures. Il rappelle que la cohésion nationale est une œuvre de longue haleine, dont chaque génération reçoit l’héritage et assume la continuité. Pour les populations sahraouies profondément attachées au Trône alaouite, cette célébration possède une signification intime.

Elle consacre le lien qui les unit à l’ensemble de la Nation et leur place dans une communauté de destin que les épreuves historiques ont contribué à raffermir.

La nouvelle configuration diplomatique s’est accompagnée d’une consolidation notable des soutiens internationaux à la proposition marocaine.

La reconnaissance, par les ÉtatsUnis d’Amérique, de la souveraineté du Maroc sur le Sahara, en décembre 2020, a constitué une étape particulièrement significative. Cette position a été réaffirmée dans le message adressé par le Président Donald Trump à Sa Majesté le Roi Mohammed VI à l’occasion de la Fête du Trône de 2026 et rendu public le 1er août.

La France a également adopté une position inscrivant le présent et l’avenir du Sahara dans le cadre de la souveraineté marocaine.

Le Royaume-Uni a exprimé son soutien à l’Initiative d’autonomie en tant que fondement crédible et pragmatique d’un règlement durable.

L’Espagne a, pour sa part, reconnu le sérieux et le réalisme de cette proposition comme base de recherche d’une solution politique. Ces évolutions présentent des modalités diplomatiques différentes.

Leur convergence atteste néanmoins de la place croissante acquise par l’approche marocaine dans les relations internationales et de l’intérêt porté à une solution fondée sur la stabilité institutionnelle et la coopération.

Cette dynamique ne saurait être dissociée de la transformation économique des provinces du Sud.

La diplomatie marocaine a constamment articulé la défense de la souveraineté avec la promotion des investissements et l’intégration des territoires sahariens dans les échanges économiques régionaux.

Le nouveau modèle de développement des provinces du Sud, lancé en novembre 2015 sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a ouvert des perspectives importantes dans les domaines des infrastructures, des équipements collectifs, de la valorisation des ressources et du développement des compétences.

Les aménagements routiers, les projets portuaires et les investissements dans les énergies renouvelables participent de cette ambition.

Le projet du port Dakhla Atlantique en constitue l’une des expressions les plus significatives. Il traduit la vocation géoéconomique que le Royaume entend conférer à ses provinces sahariennes en les inscrivant dans les grandes circulations commerciales reliant l’Atlantique aux profondeurs africaines.

Le développement de ces territoires n’est pas une dimension accessoire de la cause nationale. Il en constitue l’une des traductions les plus tangibles.

Le Discours prononcé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI devant le Parlement, le 9 octobre 2026, a apporté à cette réflexion un éclairage d’une particulière actualité. En rappelant que la fierté nationale devait se traduire en responsabilité et en devoir, le Souverain a défini une exigence qui concerne directement l’avenir de nos provinces du Sud.

Il a insisté sur la nécessité de renforcer la justice sociale et spatiale ainsi que d’améliorer effectivement les services publics. Il a placé l’action territoriale et la résolution des problèmes concrets des citoyens au centre des priorités nationales.

Il a également appelé à accélérer la mise en œuvre de la déconcentration administrative et à renforcer les capacités de décision et d’exécution des institutions régionales.

Ces orientations possèdent une portée considérable pour la question saharienne. Elles rappellent que l’approfondissement de l’appartenance nationale doit s’accompagner d’une participation réelle à la gestion publique et d’une amélioration perceptible des conditions de vie.

Elles invitent les responsables locaux à considérer leurs fonctions non comme des privilèges, mais comme des charges dont ils sont comptables devant les citoyens et devant l’histoire.

C’est à la lumière de cette haute conception de la responsabilité qu’il convient d’apprécier les événements survenus au Conseil de sécurité le 30 octobre 2026. Réuni pour examiner l’avenir de la MINURSO, le Conseil n’est parvenu à adopter aucun des deux projets de résolution qui lui étaient soumis.

Le texte présenté par les États-Unis a recueilli onze voix favorables, mais s’est heurté au veto de la Fédération de Russie.

Le projet concurrent présenté par la Russie n’a obtenu que trois voix favorables et n’a donc pas réuni la majorité requise. Faute de prorogation, le mandat de la MINURSO est arrivé à expiration le 31 octobre 2026.

Cette évolution a marqué l’achèvement d’un cycle de trente-cinq années durant lequel la Mission avait accompagné les différentes phases du dispositif onusien issu de 1991.

Elle a également ouvert une nouvelle séquence, dont la portée politique doit être appréciée au regard des transformations intervenues dans le traitement international de la question du Sahara.

Le communiqué du Cabinet Royal, rendu public le 30 octobre 2026, a donné à cette évolution sa signification dans la doctrine diplomatique du Royaume.

Le Maroc y a considéré la non-reconduction du mandat de la MINURSO comme une avancée majeure et une étape particulièrement significative vers la clôture définitive du dossier du Sahara marocain au sein des Nations Unies.

Le communiqué a présenté ce développement comme le tournant d’une page vieille de trente-cinq années et comme l’expression d’une rupture avec une approche devenue inadaptée aux paramètres actuels du différend.

Il a également indiqué que le Royaume considérait cette évolution comme devant conduire à la cessation de la présence de la Mission dans les provinces du Sud et à la fin de l’examen périodique de cette question par le Conseil de sécurité.

La position marocaine est ainsi énoncée sans équivoque.

Elle procède de la conviction que les acquis diplomatiques successifs et la place reconnue à l’Initiative d’autonomie appellent une transformation profonde du cadre dans lequel le différend a été traité pendant plusieurs décennies.

Ce communiqué revêt une importance politique particulière parce qu’il donne une traduction immédiate à l’orientation exprimée dans le Discours Royal du 31 octobre 2025. La continuité entre les deux moments est manifeste.

Le Discours avait annoncé l’ouverture d’un nouveau chapitre et la nécessité de dépasser la logique de gestion du différend. Le communiqué du 30 octobre 2026 a inscrit les derniers développements institutionnels dans cette même perspective de transformation. La diplomatie marocaine affirme ainsi sa volonté de ne plus laisser l’avenir des provinces du Sud prisonnier des mécanismes hérités d’une conjoncture ancienne.

Cette volonté demeure indissociable de l’attachement du Royaume à la préservation du cessezle-feu et à la sécurité de ses citoyens. Elle s’accompagne de la poursuite d’une dynamique diplomatique bilatérale et régionale que Sa Majesté le Roi Mohammed VI a placée au cœur de Son action.

Selon la position exprimée par le Cabinet Royal, plus des deux tiers des États membres des Nations Unies soutiennent désormais l’autonomie sous souveraineté marocaine comme cadre de règlement du différend. Cette appréciation officielle illustre l’ampleur des appuis que le Royaume entend consolider dans la prochaine phase.

Il nous appartient cependant de comprendre que les grandes avancées diplomatiques ne sauraient constituer une fin en soi. Leur valeur se mesure à la transformation qu’elles permettent d’accomplir dans la vie des populations.

Le Sahara marocain ne peut être envisagé exclusivement comme un espace d’affirmation de la souveraineté. Il doit également devenir une référence en matière de gouvernance territoriale, de participation démocratique, de justice sociale et de développement humain.

Les habitants de Laâyoune et de Dakhla, comme ceux de Smara et de Boujdour, doivent pouvoir reconnaître dans les politiques publiques les fruits concrets de l’engagement national.

L’accès à une éducation de qualité et à une formation adaptée, la promotion de l’emploi des jeunes, le soutien à l’initiative privée, la protection du patrimoine culturel hassani et l’amélioration des services essentiels sont autant d’exigences qui donnent à l’appartenance nationale sa traduction quotidienne.

La fidélité au Trône alaouite trouve aussi sa noblesse dans cette volonté de contribuer à l’élévation du niveau de vie de nos concitoyens.

Les Sahraouis unionistes ont, dans cette perspective, une responsabilité historique qu’il serait imprudent de sousestimer.

Leur connaissance des réalités locales et leur enracinement dans les structures sociales des provinces du Sud constituent un capital humain et politique précieux.

Les élus, les cadres administratifs, les universitaires et les entrepreneurs originaires de ces territoires doivent être pleinement associés à la conception et à la mise en œuvre des politiques qui engagent leur avenir.

Une autonomie authentique ne saurait se satisfaire d’une architecture institutionnelle dépourvue de substance démocratique. Elle appelle une culture de responsabilité et de transparence. Elle exige une répartition intelligible des compétences et une participation effective des citoyens aux décisions publiques.

Elle suppose également l’émergence d’une nouvelle génération de responsables capables de concilier la fidélité aux constantes nationales avec l’exigence d’une gestion moderne et rigoureuse des affaires territoriales.

La question de Tindouf demeure indissociable de cette responsabilité. Derrière les décennies de confrontation diplomatique subsiste une réalité humaine que nul discours institutionnel ne saurait entièrement contenir.

Des familles ont été séparées. Des générations ont grandi dans l’éloignement. Des liens de parenté et des solidarités anciennes ont subi l’épreuve prolongée de la division. Je demeure convaincu que la perspective d’une réconciliation nationale doit accorder une place essentielle à nos frères et à nos proches établis dans les camps.

Leur retour éventuel au sein de leur patrie doit pouvoir s’accomplir dans des conditions respectueuses de leur dignité et de leurs droits. Une véritable politique de réintégration devrait prévoir les moyens administratifs et sociaux nécessaires à leur accueil.

Elle devrait faciliter l’accès au logement et à la formation, favoriser l’insertion professionnelle et garantir leur participation à la vie publique. La réconciliation ne peut demeurer une aspiration abstraite. Elle doit devenir une entreprise humaine fondée sur des garanties concrètes et sur la restauration progressive de la confiance.

À cet égard, la position exprimée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI dans Son Discours du 31 octobre 2025 doit demeurer notre référence morale et politique. L’affirmation de l’égalité entre les Marocains et l’appel au rassemblement national dessinent les contours d’une démarche qui refuse de faire de la division un héritage perpétuel.

La réconciliation que nous appelons de nos vœux ne doit être conçue ni comme un effacement de la mémoire ni comme une négation des souffrances.

Elle doit permettre à ceux que l’histoire a éloignés de retrouver une communauté d’appartenance et de contribuer librement à son devenir.

Les Sahraouis unionistes peuvent jouer un rôle déterminant dans cette œuvre. Leurs liens familiaux et tribaux, ainsi que leur connaissance des sensibilités locales, peuvent faciliter le dialogue et contribuer à rétablir des passerelles humaines. Une telle démarche serait fidèle à la tradition marocaine de rassemblement et à la volonté royale de préserver la dignité de tous les citoyens.

Notre attachement à Sa Majesté le Roi Mohammed VI procède ainsi d’une fidélité qui ne se limite pas à l’expression des sentiments.

Elle engage notre conduite et notre responsabilité. Elle nous oblige à défendre l’unité nationale tout en participant à l’édification d’institutions efficaces et équitables.

Elle nous commande de promouvoir la cohésion sociale et de préserver les conditions de la concorde. Elle nous invite à faire prévaloir l’intérêt général sur les intérêts particuliers et à refuser que les rivalités locales affaiblissent les perspectives ouvertes par les avancées nationales.

La monarchie alaouite demeure, dans notre conception de l’État, le symbole de la continuité historique et le principe fédérateur de la communauté nationale. Son autorité trouve un prolongement essentiel dans l’engagement des citoyens qui contribuent, par leur travail et leur probité, à la prospérité du pays.

Je mesure pleinement ce que les transformations des années 2025 et 2026 représentent pour notre génération.

Elles nous placent devant une exigence de maturité politique et un devoir de lucidité.

Le Maroc a consolidé sa position diplomatique et réaffirmé la centralité de son Initiative d’autonomie. Il a donné une nouvelle portée institutionnelle et symbolique à la cause de l’intégrité territoriale. Il a exprimé, par la voix de son Souverain, une conception de l’avenir national qui associe la fermeté sur les principes à la volonté de réconciliation.

Il nous revient désormais d’être à la hauteur de cette ambition. Les populations sahraouies ne doivent pas seulement être évoquées dans les déclarations internationales. Elles doivent participer pleinement à la réalisation des objectifs que notre pays s’est assignés. Leur engagement historique mérite d’être reconnu et leur contribution future doit pouvoir se déployer dans tous les domaines de la vie nationale.
L’avenir du Sahara marocain ne s’écrira pas uniquement dans les enceintes diplomatiques ni dans les archives des institutions internationales. Il se construira dans nos villes et dans nos provinces. Il prendra forme dans les établissements d’enseignement et dans les entreprises.

Il se manifestera dans la qualité des institutions et dans la confiance des citoyens. Il se consolidera grâce à la préservation de notre patrimoine culturel et à l’ouverture de nouvelles perspectives aux générations montantes. Il trouvera enfin sa dimension la plus noble dans la capacité de réunir les familles et de faire de la diversité des parcours une richesse au service de la communauté nationale.

En tant que Sahraoui marocain profondément attaché à mon identité et à mon histoire, je demeure convaincu que notre fidélité au Glorieux Trône alaouite constitue un engagement de conscience et une responsabilité envers les générations futures. Sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Royaume poursuit une œuvre historique dont les fondements sont la continuité de l’État, la souveraineté nationale, la dignité humaine et la recherche d’une prospérité partagée.

C’est à cette œuvre que nous entendons apporter notre contribution avec constance et discernement.

Notre marocanité n’est ni une revendication de circonstance ni un sentiment que les conjonctures pourraient altérer. Elle est notre héritage et notre engagement. Elle est la mémoire de nos aïeux et la promesse que nous faisons à nos enfants.

Elle est cette fidélité silencieuse et profonde qui traverse les générations et qui trouve, dans la Bay’a renouvelée à l’Auguste Trône alaouite, l’expression la plus haute de notre attachement à la Nation.

Le Sahara marocain appartient à cette continuité historique que nous avons le devoir de préserver et à cette ambition collective que nous avons la responsabilité d’accomplir.

C’est dans la fidélité au Roi, dans l’exigence du travail, dans la dignité et dans la concorde que nous entendons poursuivre notre contribution à l’édification d’un Maroc uni et prospère, un Maroc dont la grandeur se mesure autant à la fermeté de ses convictions qu’à la générosité de son dessein national.

Par Brahim Ould Errachid.


Mercredi 4 Novembre 2026

La Rédaction
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