A Alger, c’est le désarroi et la crise de nerfs ! Par Aziz Daouda.
Les réactions en disent parfois bien plus long que les discours officiels à certains moments de la géopolitique. La séquence que nous venons de vivre autour du Sahara marocain en est une illustration particulièrement savoureuse.
À Alger, visiblement, la diplomatie a fini par perdre ses nerfs ou s’est perdue tout court. Lorsqu’un pouvoir fragile ne sait plus quoi répondre sur le terrain diplomatique, il lui reste parfois une arme qui soulage sa peine, celle du communiqué rageur, de l’insulte et de la théorie du complot.
En la matière, il y a un vrai champion du monde : l’Algérie.
Le dernier texte diffusé par l’agence officielle algérienne APS, à la veille de la réunion du Parlement marocain en séance conjointe des deux Chambres, mérite à cet égard une mention particulière. C’est le must du must en matière d’ubuesque. On y découvre un royaume qui aurait un Parlement, lequel aurait même l’audace de se réunir et de prendre des décisions !
Quelle découverte extraordinaire !
L’agence va jusqu’à qualifier, sans la moindre gêne et sans ciller, Sa Majesté le Roi Mohammed VI de « roi prédateur », et présente cette réunion comme une mascarade orchestrée par André Azoulay. Waouh. On est au sommet de l’analyse lacunaire.
On pourrait presque en rire si cette sortie ne révélait pas quelque chose de beaucoup plus préoccupant, celle de la difficulté de certains cercles du pouvoir algérien à accepter que le Maroc dispose d’institutions, d’une histoire politique et d’une architecture constitutionnelle qui ne demandent pas leur validation à Alger.
Et puis, bien entendu, il fallait trouver le grand manipulateur de cette prétendue machination : le tout indiqué André Azoulay !
Pourquoi lui ?
Pourquoi cette obsession ?
Pourquoi chercher à personnaliser ainsi une évolution institutionnelle marocaine ?
Le fait de désigner un responsable en raison de sa confession juive, dans un discours où il est présenté comme le mystérieux organisateur des événements marocains, fait dangereusement écho aux vieux ressorts antisémites du fantasme de l’influence occulte.
Une idée qui habite Alger, c’est bien connu. Une vieille recette, hélas, que l’on aurait pu croire définitivement rangée dans les archives de l’histoire. Mais non. Il y a ceux qui y tiennent.
À croire que, pour certains commentateurs algériens, le Maroc ne peut prendre aucune initiative sans qu’un complot ne soit imaginé quelque part.
Mais revenons au véritable sujet, celui du Sahara, de la main levée pour le veto russe et du champagne sabré à Alger juste après. Jamais gueule de bois, quelques heures plus tard, n’a été si douloureuse !
À Alger, visiblement, la diplomatie a fini par perdre ses nerfs ou s’est perdue tout court. Lorsqu’un pouvoir fragile ne sait plus quoi répondre sur le terrain diplomatique, il lui reste parfois une arme qui soulage sa peine, celle du communiqué rageur, de l’insulte et de la théorie du complot.
En la matière, il y a un vrai champion du monde : l’Algérie.
Le dernier texte diffusé par l’agence officielle algérienne APS, à la veille de la réunion du Parlement marocain en séance conjointe des deux Chambres, mérite à cet égard une mention particulière. C’est le must du must en matière d’ubuesque. On y découvre un royaume qui aurait un Parlement, lequel aurait même l’audace de se réunir et de prendre des décisions !
Quelle découverte extraordinaire !
L’agence va jusqu’à qualifier, sans la moindre gêne et sans ciller, Sa Majesté le Roi Mohammed VI de « roi prédateur », et présente cette réunion comme une mascarade orchestrée par André Azoulay. Waouh. On est au sommet de l’analyse lacunaire.
On pourrait presque en rire si cette sortie ne révélait pas quelque chose de beaucoup plus préoccupant, celle de la difficulté de certains cercles du pouvoir algérien à accepter que le Maroc dispose d’institutions, d’une histoire politique et d’une architecture constitutionnelle qui ne demandent pas leur validation à Alger.
Et puis, bien entendu, il fallait trouver le grand manipulateur de cette prétendue machination : le tout indiqué André Azoulay !
Pourquoi lui ?
Pourquoi cette obsession ?
Pourquoi chercher à personnaliser ainsi une évolution institutionnelle marocaine ?
Le fait de désigner un responsable en raison de sa confession juive, dans un discours où il est présenté comme le mystérieux organisateur des événements marocains, fait dangereusement écho aux vieux ressorts antisémites du fantasme de l’influence occulte.
Une idée qui habite Alger, c’est bien connu. Une vieille recette, hélas, que l’on aurait pu croire définitivement rangée dans les archives de l’histoire. Mais non. Il y a ceux qui y tiennent.
À croire que, pour certains commentateurs algériens, le Maroc ne peut prendre aucune initiative sans qu’un complot ne soit imaginé quelque part.
Mais revenons au véritable sujet, celui du Sahara, de la main levée pour le veto russe et du champagne sabré à Alger juste après. Jamais gueule de bois, quelques heures plus tard, n’a été si douloureuse !
Souvenons-nous de la scène.
À l’annonce du veto russe contre le projet américain au Conseil de sécurité, certains médias algériens ont rapidement sorti les trompettes.
Le clairon a retenti et les médias se sont mis en ordre de bataille. On célébra une victoire, on annonça l’échec marocain, on se félicita d’avoir bloqué une nouvelle évolution « dangereuse » du dossier. Et probablement qu’en filigrane, on voyait même Ben Batouche prononcer un discours à Laâyoune.
Le triomphalisme était à son comble.
Sauf qu’il y avait un petit détail que l’enthousiasme avait apparemment fait oublier aux stratèges d’Alger. Le projet russe de reconduction de la MINURSO avait lui aussi échoué.
Le 30 octobre 2026, le projet américain a recueilli onze voix favorables, une voix contre, celle de la Russie et trois abstentions.
Le projet russe, qui proposait une reconduction classique de la mission, n’a obtenu que trois voix favorables, une voix contre et onze abstentions. Aucun des deux textes n’a été adopté, et le mandat de la MINURSO a expiré le 31 octobre, sans être renouvelé.
Voilà comment une célébration prématurée peut se transformer en cauchemar. Un communiqué de désarroi est alors publié le lendemain par le ministère d’Ahmed Attaf. Alger va même jusqu’à regretter la résolution 2797… celle-là même pour laquelle elle n’a voulu voter ni oui ni non. Étonnant, non ? C’est une déroute, une panique, un affolement, une véritable perte de boussole.
Le véritable enjeu pour Alger n’était pas simplement le contenu du projet américain. C’était aussi la perspective de voir disparaître la lettre ‘R’ de MINURSO qui, depuis 1991, constituait le cheval de bataille et le point nodal de la diplomatie d’Alger.
Mais voilà que disparaissait le rendez-vous diplomatique récurrent et cadre permanent de discussion internationale autour du Sahara.
Pendant trente-cinq ans, l’internationalisation du dossier a constitué un terrain diplomatique majeur pour l’Algérie. La reconduction annuelle de la MINURSO offrait une occasion régulière de remettre le conflit au centre des débats, de mobiliser les diplomaties et de maintenir une pression internationale.
Le Maroc, de son côté, considère désormais que ce mécanisme a atteint ses limites et qu’il ne peut éternellement servir de salle d’attente à un processus politique sans issue. Il venait ainsi de se débarrasser d’un nid d’agents et de manipulateurs à l’impartialité douteuse, probablement au service de l’Algérie.
Cela est parfaitement documenté.
Il y a tout de même quelque chose d’assez particulier dans la posture algérienne en cette occasion.
Un pays qui n’est pas membre permanent du Conseil de sécurité, qui n’est pas le détenteur de la plume sur ce dossier et qui ne dispose d’aucun droit de veto se permet de sermonner les onze États ayant soutenu le projet américain, puis de reprocher leur position aux pays qui se sont abstenus.
Le clairon a retenti et les médias se sont mis en ordre de bataille. On célébra une victoire, on annonça l’échec marocain, on se félicita d’avoir bloqué une nouvelle évolution « dangereuse » du dossier. Et probablement qu’en filigrane, on voyait même Ben Batouche prononcer un discours à Laâyoune.
Le triomphalisme était à son comble.
Sauf qu’il y avait un petit détail que l’enthousiasme avait apparemment fait oublier aux stratèges d’Alger. Le projet russe de reconduction de la MINURSO avait lui aussi échoué.
Le 30 octobre 2026, le projet américain a recueilli onze voix favorables, une voix contre, celle de la Russie et trois abstentions.
Le projet russe, qui proposait une reconduction classique de la mission, n’a obtenu que trois voix favorables, une voix contre et onze abstentions. Aucun des deux textes n’a été adopté, et le mandat de la MINURSO a expiré le 31 octobre, sans être renouvelé.
Voilà comment une célébration prématurée peut se transformer en cauchemar. Un communiqué de désarroi est alors publié le lendemain par le ministère d’Ahmed Attaf. Alger va même jusqu’à regretter la résolution 2797… celle-là même pour laquelle elle n’a voulu voter ni oui ni non. Étonnant, non ? C’est une déroute, une panique, un affolement, une véritable perte de boussole.
Le véritable enjeu pour Alger n’était pas simplement le contenu du projet américain. C’était aussi la perspective de voir disparaître la lettre ‘R’ de MINURSO qui, depuis 1991, constituait le cheval de bataille et le point nodal de la diplomatie d’Alger.
Mais voilà que disparaissait le rendez-vous diplomatique récurrent et cadre permanent de discussion internationale autour du Sahara.
Pendant trente-cinq ans, l’internationalisation du dossier a constitué un terrain diplomatique majeur pour l’Algérie. La reconduction annuelle de la MINURSO offrait une occasion régulière de remettre le conflit au centre des débats, de mobiliser les diplomaties et de maintenir une pression internationale.
Le Maroc, de son côté, considère désormais que ce mécanisme a atteint ses limites et qu’il ne peut éternellement servir de salle d’attente à un processus politique sans issue. Il venait ainsi de se débarrasser d’un nid d’agents et de manipulateurs à l’impartialité douteuse, probablement au service de l’Algérie.
Cela est parfaitement documenté.
Il y a tout de même quelque chose d’assez particulier dans la posture algérienne en cette occasion.
Un pays qui n’est pas membre permanent du Conseil de sécurité, qui n’est pas le détenteur de la plume sur ce dossier et qui ne dispose d’aucun droit de veto se permet de sermonner les onze États ayant soutenu le projet américain, puis de reprocher leur position aux pays qui se sont abstenus.
L’Algérie était invitée à participer aux travaux, à sa demande, mais elle ne disposait évidemment pas du droit de vote.
On pourrait lui rappeler une règle élémentaire de la diplomatie internationale : participer à une réunion ne signifie pas en diriger les conclusions. Et encore moins distribuer des certificats de bonne conduite aux membres du Conseil.
Mais le plus intéressant est ailleurs.
La Russie a certes opposé son veto au texte américain, mais elle n’a pas réussi à faire adopter son propre projet et elle savait que cela allait arriver. Elle n’a pas voté contre le Maroc.
C’est juste une posture pour signifier aux USA qu’elle n’acceptait pas que les américains prennent pour eux seul la paternité du règlement du conflit.
Le résultat est donc loin de constituer la victoire diplomatique totale que certains voulaient vendre à l’opinion algérienne. Alger a obtenu le veto qu’elle souhaitait voir opposer au projet américain, mais elle n’a pas obtenu le maintien de la MINURSO, l’instrument d’internationalisation dont elle savait faire bon usage.
Une victoire tactique sur un texte, suivie d’un échec sur l’objectif institutionnel recherché : voilà qui mérite quelques explications aux contribuables algériens.
Car pendant que les commentaires algériens s’enfoncent dans les attaques personnelles, Maître Nasser Bourita apparaît sur 2M. Pas d’invectives. Pas de grands effets de manche. Pas de procès en sorcellerie. Une explication méthodique des conséquences de la nouvelle situation et des perspectives diplomatiques marocaines. Une leçon à l’adresse des diplomates, des commentateurs et experts de pacotille qui se succèdent sur les plateaux algériens.
Le ministre rappelle notamment que le Maroc ne souhaite plus revenir à un processus qui reproduirait indéfiniment les mêmes blocages. Il expose quatre paramètres : l’initiative marocaine d’autonomie comme base des négociations, l’autonomie sous souveraineté marocaine comme finalité, la participation des quatre parties concernées et un cadre de discussion clairement défini.
Il évoque également la possibilité d’autres cadres diplomatiques, notamment une évolution du traitement du dossier au sein de la Quatrième Commission de l’Assemblée générale des Nations unies.
Mais le plus intéressant est ailleurs.
La Russie a certes opposé son veto au texte américain, mais elle n’a pas réussi à faire adopter son propre projet et elle savait que cela allait arriver. Elle n’a pas voté contre le Maroc.
C’est juste une posture pour signifier aux USA qu’elle n’acceptait pas que les américains prennent pour eux seul la paternité du règlement du conflit.
Le résultat est donc loin de constituer la victoire diplomatique totale que certains voulaient vendre à l’opinion algérienne. Alger a obtenu le veto qu’elle souhaitait voir opposer au projet américain, mais elle n’a pas obtenu le maintien de la MINURSO, l’instrument d’internationalisation dont elle savait faire bon usage.
Une victoire tactique sur un texte, suivie d’un échec sur l’objectif institutionnel recherché : voilà qui mérite quelques explications aux contribuables algériens.
Car pendant que les commentaires algériens s’enfoncent dans les attaques personnelles, Maître Nasser Bourita apparaît sur 2M. Pas d’invectives. Pas de grands effets de manche. Pas de procès en sorcellerie. Une explication méthodique des conséquences de la nouvelle situation et des perspectives diplomatiques marocaines. Une leçon à l’adresse des diplomates, des commentateurs et experts de pacotille qui se succèdent sur les plateaux algériens.
Le ministre rappelle notamment que le Maroc ne souhaite plus revenir à un processus qui reproduirait indéfiniment les mêmes blocages. Il expose quatre paramètres : l’initiative marocaine d’autonomie comme base des négociations, l’autonomie sous souveraineté marocaine comme finalité, la participation des quatre parties concernées et un cadre de discussion clairement défini.
Il évoque également la possibilité d’autres cadres diplomatiques, notamment une évolution du traitement du dossier au sein de la Quatrième Commission de l’Assemblée générale des Nations unies.
Voilà une différence de méthode qui mérite d’être relevée.
L’un expose une stratégie et ses conditions. L’autre semble chercher un responsable à accuser.
Et il y a une autre phrase qui mérite d’être rappelée. Ahmed Attaf n’avait-il pas prédit que l’objectif stratégique du Maroc était de se débarrasser de la MINURSO. Eh bien, le mandat n’a pas été reconduit.
Ce qui ne signifie pas que toutes les conséquences de cette évolution sont acquises, mais le mécanisme que le Maroc contestait depuis longtemps a effectivement cessé de fonctionner. La suite reste à construire.
Et c’est précisément là que commence la véritable bataille diplomatique. Le Maroc, ayant toujours eu une longueur d’avance, y est prêt.
Autre épisode qui a suscité des commentaires, celui du passage de Sergueï Lavrov à Casablanca, à l’aller comme au retour de son déplacement aux États-Unis. L’avion du ministre russe a effectivement fait escale au Maroc. Les données de suivi aérien, rapportées par la presse marocaine, confirment les deux passages.
N’est-ce pas une gifle symbolique pour Alger, qui considère la Russie comme l’un de ses principaux partenaires stratégiques et qui avait précisément souhaité et célébré le veto russe ?
Il s’agissait d’escales techniques, liées notamment aux contraintes de l’itinéraire aérien russe. On ne peut donc pas en déduire un choix politique de Lavrov contre Alger. Mais le symbole politique demeure intéressant. Le Maroc conserve des relations opérationnelles avec Moscou, y compris au moment où la Russie adopte, en apparence, une position contraire aux intérêts diplomatiques marocains au Conseil de sécurité.
C’est aussi cela, la diplomatie ; savoir maintenir des relations avec des partenaires qui ne votent pas toujours comme vous, et surtout ne pas confondre un désaccord diplomatique avec une rupture stratégique.
Alors qu’Alger, impulsive et sans réfléchir, s’attaque aux États-Unis et aux dix autres membres du Conseil de sécurité ayant voté le projet américain, sans oublier les trois abstentions, Rabat conserve une relation tout à fait amicale avec la Russie, qui y a opposé un veto. Quelle leçon !
Il reste une question que les dirigeants algériens devraient peut-être se poser, car c’est là le grand paradoxe algérien : les cinquante ans d’investissement, c’est pour quel résultat ?
Depuis cinquante ans, le dossier du Sahara Marocain occupe une place considérable dans la politique étrangère algérienne. Des ressources financières, diplomatiques, médiatiques et politiques considérables y ont été consacrées. Le président Tebboune a lui-même expliqué que l’Algérie ne pouvait abandonner cette question après les investissements colossaux consentis.
Mais jusqu’à quand ?
Quelle est la limite que s’est fixée Alger, s’il y en a une ?
Combien de temps encore les populations des camps de Tindouf devront-elles vivre dans une situation d’attente, sans véritable perspective politique et sans horizon économique normal ?
Combien de générations auront grandi avec la promesse d’un lendemain qui ne viendra jamais ?
Et que deviendront les dirigeants-marionnettes du Polisario lorsque leur fonction de pion ne pourra plus s’appuyer sur le maintien indéfini du conflit ?
Et il y a une autre phrase qui mérite d’être rappelée. Ahmed Attaf n’avait-il pas prédit que l’objectif stratégique du Maroc était de se débarrasser de la MINURSO. Eh bien, le mandat n’a pas été reconduit.
Ce qui ne signifie pas que toutes les conséquences de cette évolution sont acquises, mais le mécanisme que le Maroc contestait depuis longtemps a effectivement cessé de fonctionner. La suite reste à construire.
Et c’est précisément là que commence la véritable bataille diplomatique. Le Maroc, ayant toujours eu une longueur d’avance, y est prêt.
Autre épisode qui a suscité des commentaires, celui du passage de Sergueï Lavrov à Casablanca, à l’aller comme au retour de son déplacement aux États-Unis. L’avion du ministre russe a effectivement fait escale au Maroc. Les données de suivi aérien, rapportées par la presse marocaine, confirment les deux passages.
N’est-ce pas une gifle symbolique pour Alger, qui considère la Russie comme l’un de ses principaux partenaires stratégiques et qui avait précisément souhaité et célébré le veto russe ?
Il s’agissait d’escales techniques, liées notamment aux contraintes de l’itinéraire aérien russe. On ne peut donc pas en déduire un choix politique de Lavrov contre Alger. Mais le symbole politique demeure intéressant. Le Maroc conserve des relations opérationnelles avec Moscou, y compris au moment où la Russie adopte, en apparence, une position contraire aux intérêts diplomatiques marocains au Conseil de sécurité.
C’est aussi cela, la diplomatie ; savoir maintenir des relations avec des partenaires qui ne votent pas toujours comme vous, et surtout ne pas confondre un désaccord diplomatique avec une rupture stratégique.
Alors qu’Alger, impulsive et sans réfléchir, s’attaque aux États-Unis et aux dix autres membres du Conseil de sécurité ayant voté le projet américain, sans oublier les trois abstentions, Rabat conserve une relation tout à fait amicale avec la Russie, qui y a opposé un veto. Quelle leçon !
Il reste une question que les dirigeants algériens devraient peut-être se poser, car c’est là le grand paradoxe algérien : les cinquante ans d’investissement, c’est pour quel résultat ?
Depuis cinquante ans, le dossier du Sahara Marocain occupe une place considérable dans la politique étrangère algérienne. Des ressources financières, diplomatiques, médiatiques et politiques considérables y ont été consacrées. Le président Tebboune a lui-même expliqué que l’Algérie ne pouvait abandonner cette question après les investissements colossaux consentis.
Mais jusqu’à quand ?
Quelle est la limite que s’est fixée Alger, s’il y en a une ?
Combien de temps encore les populations des camps de Tindouf devront-elles vivre dans une situation d’attente, sans véritable perspective politique et sans horizon économique normal ?
Combien de générations auront grandi avec la promesse d’un lendemain qui ne viendra jamais ?
Et que deviendront les dirigeants-marionnettes du Polisario lorsque leur fonction de pion ne pourra plus s’appuyer sur le maintien indéfini du conflit ?
L’ancien chef de la MINURSO, Julian Harston, vient précisément de prendre publiquement position.
Dans un texte publié sur LinkedIn, il qualifie la mission d’anachronique, accuse directement l’Algérie d’avoir fait obstacle aux solutions et dénonce les conditions de vie des populations des camps de Tindouf.
Ce n’est pas un communiqué marocain. C’est la prise de position d’un ancien responsable onusien qui a exercé ses fonctions sur le terrain. Naturellement, son appréciation reste celle d’un ancien responsable et ne constitue pas une position officielle des Nations unies.
Mais elle mérite d’être entendue, et elle l’est déjà.
Elle pose une question fondamentale ; celle de savoir quel moment les intérêts des populations deviennent-ils plus importants que la pérennité d’une organisation politique et de ses dirigeants ?
L’argent consacré à entretenir cette confrontation aurait pu contribuer à améliorer considérablement les conditions de vie de millions d’Algériens et à développer largement les régions du Sud algérien.
Il aurait également pu financer des projets de coopération et d’intégration régionale dont toute l’Afrique du Nord aurait bénéficié.
Au lieu de cela, le conflit a absorbé une énergie politique et des ressources considérables, pendant que le Maghreb demeurait l’une des régions les moins intégrées économiquement au monde.
Ce n’est pas un communiqué marocain. C’est la prise de position d’un ancien responsable onusien qui a exercé ses fonctions sur le terrain. Naturellement, son appréciation reste celle d’un ancien responsable et ne constitue pas une position officielle des Nations unies.
Mais elle mérite d’être entendue, et elle l’est déjà.
Elle pose une question fondamentale ; celle de savoir quel moment les intérêts des populations deviennent-ils plus importants que la pérennité d’une organisation politique et de ses dirigeants ?
L’argent consacré à entretenir cette confrontation aurait pu contribuer à améliorer considérablement les conditions de vie de millions d’Algériens et à développer largement les régions du Sud algérien.
Il aurait également pu financer des projets de coopération et d’intégration régionale dont toute l’Afrique du Nord aurait bénéficié.
Au lieu de cela, le conflit a absorbé une énergie politique et des ressources considérables, pendant que le Maghreb demeurait l’une des régions les moins intégrées économiquement au monde.
Alors, Alger, quelle est la prochaine étape ?
Continuer à publier des communiqués contre le Parlement marocain ?
Déclarer André Azoulay, Marocain juif et fier de l’être, responsable de toutes les décisions prises à Rabat ?
Organiser de nouvelles conférences de presse pour expliquer que quatorze pays du Conseil de sécurité se trompent et qu’Alger détient seule la vérité ?
Continuer à accuser de tous vos maux le Makhzen, les Émirats, Israël et, bien sûr, la France ?
Continuer à faire croire au pauvre peuple, sous votre autorité, que tout le monde vous envie parce que vous êtes les meilleurs du monde en tout ?
Quelle piètre stratégie de communication. Ce n’est pas la politique de sortie de crise qu’Alger doit rechercher pour enfin sortir du bourbier.
Le véritable défi qui se présente aujourd’hui est celui de l’après-MINURSO.
Il concerne le devenir des populations sans perspectives, séquestrés dans les camps de Tindouf, l’avenir des séparatistes dont la très grande majorité n’est pas originaire du Sahara Marocain, la place de l’Algérie dans d’éventuelles négociations si le Maroc voulait l’associer et les garanties nécessaires pour préserver le cessez-le-feu et éviter toute escalade.
Le Maroc entend désormais discuter de la suite sur la base de nouvelles règles. Alger devrait peut-être méditer cette situation avant de lancer une nouvelle salve d’insultes.
Car, en diplomatie, il arrive un moment où les communiqués ne suffisent plus, où les propos lus par des speakers et speakerines, le regard grave, le ton menaçant font plus rire qu’autre chose. Il faut des propositions, des compromis et surtout une vision de l’avenir. Il faut de la politique.
Le Maroc parle de l’après-conflit. Alger semble encore occupée à expliquer pourquoi le conflit doit continuer. Pendant que les uns cherchent les clés de la prochaine étape, les autres cherchent encore qui a orchestré la réunion du Parlement marocain.
André Azoulay, peut-être ?
À ce rythme, demain, ils finiront par lui attribuer la responsabilité du veto russe lui-même !
Ridicule grotesque. Comique burlesque.
Décidément, quand la géopolitique devient compliquée, le complotisme reste toujours la solution de facilité et si le Polisario n’a pas été cité ici c’est qu’il n’est plus qu’un détail de l’histoire passée.
Par Aziz Daouda.
Déclarer André Azoulay, Marocain juif et fier de l’être, responsable de toutes les décisions prises à Rabat ?
Organiser de nouvelles conférences de presse pour expliquer que quatorze pays du Conseil de sécurité se trompent et qu’Alger détient seule la vérité ?
Continuer à accuser de tous vos maux le Makhzen, les Émirats, Israël et, bien sûr, la France ?
Continuer à faire croire au pauvre peuple, sous votre autorité, que tout le monde vous envie parce que vous êtes les meilleurs du monde en tout ?
Quelle piètre stratégie de communication. Ce n’est pas la politique de sortie de crise qu’Alger doit rechercher pour enfin sortir du bourbier.
Le véritable défi qui se présente aujourd’hui est celui de l’après-MINURSO.
Il concerne le devenir des populations sans perspectives, séquestrés dans les camps de Tindouf, l’avenir des séparatistes dont la très grande majorité n’est pas originaire du Sahara Marocain, la place de l’Algérie dans d’éventuelles négociations si le Maroc voulait l’associer et les garanties nécessaires pour préserver le cessez-le-feu et éviter toute escalade.
Le Maroc entend désormais discuter de la suite sur la base de nouvelles règles. Alger devrait peut-être méditer cette situation avant de lancer une nouvelle salve d’insultes.
Car, en diplomatie, il arrive un moment où les communiqués ne suffisent plus, où les propos lus par des speakers et speakerines, le regard grave, le ton menaçant font plus rire qu’autre chose. Il faut des propositions, des compromis et surtout une vision de l’avenir. Il faut de la politique.
Le Maroc parle de l’après-conflit. Alger semble encore occupée à expliquer pourquoi le conflit doit continuer. Pendant que les uns cherchent les clés de la prochaine étape, les autres cherchent encore qui a orchestré la réunion du Parlement marocain.
André Azoulay, peut-être ?
À ce rythme, demain, ils finiront par lui attribuer la responsabilité du veto russe lui-même !
Ridicule grotesque. Comique burlesque.
Décidément, quand la géopolitique devient compliquée, le complotisme reste toujours la solution de facilité et si le Polisario n’a pas été cité ici c’est qu’il n’est plus qu’un détail de l’histoire passée.
Par Aziz Daouda.