Par Mohammed Yassir Mouline
Dans cette joyeuse foire aux interprétations, le rapport de Guterres a surtout rappelé une règle élémentaire… à New York, il faut lire les textes jusqu’au bout avant de sonner les trompettes de victoire ou les cloches du désastre… Car l’essentiel est ailleurs… Le rapport du Secrétaire général et les éléments attribués à son Envoyé personnel doivent être replacés dans le cadre désormais fixé par la résolution 2797 du Conseil de sécurité… Celle-ci a placé la proposition marocaine d’autonomie au cœur du processus de négociation… C’est cette nouvelle architecture diplomatique qu’il faut regarder, plutôt que de transformer chaque phrase d’un rapport en jugement dernier…
Et c’est précisément ici que certains commentateurs semblent avoir perdu leur boussole… Ils ont découvert le mot « référendum » comme s’il venait de tomber du ciel onusien. Or, surprise… il figure depuis 2007 dans l’initiative marocaine d’autonomie… Même chose pour le Conseil de transition… Le Maroc n’a pas attendu que certains découvrent ces formulations dans un document onusien pour les mettre sur la table… Le paragraphe 27 de l’initiative marocaine prévoit ainsi que le statut d’autonomie soit soumis aux populations concernées dans le cadre d’une consultation démocratique, conformément à la légalité internationale et au principe d’autodétermination… Le paragraphe 32 prévoit, lui, un Conseil de transition chargé notamment d’accompagner le retour des populations des camps, le désarmement, la démobilisation, la réinsertion des éléments armés et la mise en œuvre du statut d’autonomie…
Autrement dit, le référendum n’est pas nécessairement le référendum que certains veulent ressusciter comme un vieux disque rayé… Dans la proposition marocaine, il intervient dans le processus de validation démocratique d’un statut d’autonomie... Quant au Conseil de transition, il appartient lui aussi à cette architecture… Voilà pourquoi la lecture politique du rapport exige davantage que quelques surlignages fébriles… Même la formulation attribuée à l’Envoyé personnel de Guterres « évoquant les normes internationales, les garanties internationales et une consultation significative du peuple sahraoui conformément au principe d’autodétermination » ne suffit pas, à elle seule, à transformer le rapport en désaveu de l’initiative marocaine… La proposition de 2007 contient précisément des mécanismes de consultation et de validation démocratique… Ainsi le rapport de Guterres révèle que les parties ont effectivement commencé à mettre en œuvre la résolution 2797…
Mais attention au piège… un rapport du Secrétaire général n’est pas une résolution du Conseil de sécurité… Il peut alimenter les discussions, susciter des lectures contradictoires, offrir du carburant aux communiqués triomphants et provoquer quelques nuits blanches dans les chancelleries... Il ne constitue pas, à lui seul, la décision finale… C’est là que la satire devient presque trop facile… certains lisent déjà le rapport comme s’il s’agissait du verdict, alors que le véritable théâtre diplomatique n’a pas encore baissé son rideau… À New York, le papier compte… Mais la plume compte aussi… Et surtout, compte la capacité à faire inscrire dans le texte final une réalité diplomatique plutôt qu’une fiction politique…
Le Maroc aurait donc tort de laisser d’autres écrire seuls le scénario… Une résolution se négocie, une formulation se défend, un équilibre se construit… Les amis du Maroc ne sont pas là pour applaudir depuis les coulisses… ils comptent dans l’équation diplomatique lorsqu’ils choisissent de soutenir une position et de la défendre au moment décisif… La vraie question n’est donc pas de savoir qui a gagné la bataille d’un paragraphe du rapport Guterres… La vraie question est de savoir quelle réalité pèsera dans le texte final du Conseil de sécurité… Et là, contrairement aux commentateurs qui distribuent déjà les médailles depuis leurs fauteuils, le Maroc connaît la règle… en diplomatie, ce n’est pas celui qui crie le plus fort qui écrit le dernier mot… C’est celui qui sait tenir la plume, construire les alliances et transformer une réalité nationale en réalité diplomatique… Le rapport de Guterres n’est donc ni le drapeau blanc de l’un, ni le drapeau de victoire de l’autre… C’est une étape…
Le dernier mot appartiendra au Conseil de sécurité… Mais, dans cette bataille de formulations où chaque virgule peut peser lourd, il faudra regarder très attentivement qui tient la plume… et qui, autour de la table, tient le Maroc… Dans la diplomatie onusienne, le rapport fait du bruit, mais c’est le texte final qui fait foi… Wa Assalamou Alaikoum wa Rahmatou Allah.
Dans cette joyeuse foire aux interprétations, le rapport de Guterres a surtout rappelé une règle élémentaire… à New York, il faut lire les textes jusqu’au bout avant de sonner les trompettes de victoire ou les cloches du désastre… Car l’essentiel est ailleurs… Le rapport du Secrétaire général et les éléments attribués à son Envoyé personnel doivent être replacés dans le cadre désormais fixé par la résolution 2797 du Conseil de sécurité… Celle-ci a placé la proposition marocaine d’autonomie au cœur du processus de négociation… C’est cette nouvelle architecture diplomatique qu’il faut regarder, plutôt que de transformer chaque phrase d’un rapport en jugement dernier…
Et c’est précisément ici que certains commentateurs semblent avoir perdu leur boussole… Ils ont découvert le mot « référendum » comme s’il venait de tomber du ciel onusien. Or, surprise… il figure depuis 2007 dans l’initiative marocaine d’autonomie… Même chose pour le Conseil de transition… Le Maroc n’a pas attendu que certains découvrent ces formulations dans un document onusien pour les mettre sur la table… Le paragraphe 27 de l’initiative marocaine prévoit ainsi que le statut d’autonomie soit soumis aux populations concernées dans le cadre d’une consultation démocratique, conformément à la légalité internationale et au principe d’autodétermination… Le paragraphe 32 prévoit, lui, un Conseil de transition chargé notamment d’accompagner le retour des populations des camps, le désarmement, la démobilisation, la réinsertion des éléments armés et la mise en œuvre du statut d’autonomie…
Autrement dit, le référendum n’est pas nécessairement le référendum que certains veulent ressusciter comme un vieux disque rayé… Dans la proposition marocaine, il intervient dans le processus de validation démocratique d’un statut d’autonomie... Quant au Conseil de transition, il appartient lui aussi à cette architecture… Voilà pourquoi la lecture politique du rapport exige davantage que quelques surlignages fébriles… Même la formulation attribuée à l’Envoyé personnel de Guterres « évoquant les normes internationales, les garanties internationales et une consultation significative du peuple sahraoui conformément au principe d’autodétermination » ne suffit pas, à elle seule, à transformer le rapport en désaveu de l’initiative marocaine… La proposition de 2007 contient précisément des mécanismes de consultation et de validation démocratique… Ainsi le rapport de Guterres révèle que les parties ont effectivement commencé à mettre en œuvre la résolution 2797…
Mais attention au piège… un rapport du Secrétaire général n’est pas une résolution du Conseil de sécurité… Il peut alimenter les discussions, susciter des lectures contradictoires, offrir du carburant aux communiqués triomphants et provoquer quelques nuits blanches dans les chancelleries... Il ne constitue pas, à lui seul, la décision finale… C’est là que la satire devient presque trop facile… certains lisent déjà le rapport comme s’il s’agissait du verdict, alors que le véritable théâtre diplomatique n’a pas encore baissé son rideau… À New York, le papier compte… Mais la plume compte aussi… Et surtout, compte la capacité à faire inscrire dans le texte final une réalité diplomatique plutôt qu’une fiction politique…
Le Maroc aurait donc tort de laisser d’autres écrire seuls le scénario… Une résolution se négocie, une formulation se défend, un équilibre se construit… Les amis du Maroc ne sont pas là pour applaudir depuis les coulisses… ils comptent dans l’équation diplomatique lorsqu’ils choisissent de soutenir une position et de la défendre au moment décisif… La vraie question n’est donc pas de savoir qui a gagné la bataille d’un paragraphe du rapport Guterres… La vraie question est de savoir quelle réalité pèsera dans le texte final du Conseil de sécurité… Et là, contrairement aux commentateurs qui distribuent déjà les médailles depuis leurs fauteuils, le Maroc connaît la règle… en diplomatie, ce n’est pas celui qui crie le plus fort qui écrit le dernier mot… C’est celui qui sait tenir la plume, construire les alliances et transformer une réalité nationale en réalité diplomatique… Le rapport de Guterres n’est donc ni le drapeau blanc de l’un, ni le drapeau de victoire de l’autre… C’est une étape…
Le dernier mot appartiendra au Conseil de sécurité… Mais, dans cette bataille de formulations où chaque virgule peut peser lourd, il faudra regarder très attentivement qui tient la plume… et qui, autour de la table, tient le Maroc… Dans la diplomatie onusienne, le rapport fait du bruit, mais c’est le texte final qui fait foi… Wa Assalamou Alaikoum wa Rahmatou Allah.