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Sahara marocain : la fin des illusions, l’heure des solutions


Par Said Temsamani.

Il est des moments où l’histoire cesse d’hésiter. La récente évolution du discours du Front Polisario, admettant que l’indépendance ne constitue plus l’unique horizon, n’est pas un simple ajustement rhétorique.

Elle consacre, en creux, la fin d’un cycle d’illusions et l’émergence d’une vérité politique désormais difficile à contourner : le règlement du différend autour du Sahara passe par une solution réaliste, et cette solution porte un nom — l’autonomie sous souveraineté marocaine.



Pendant trop longtemps, le débat a été enfermé dans une opposition stérile entre maximalisme idéologique et immobilisme diplomatique.

L’option référendaire, érigée en dogme, s’est heurtée à ses propres contradictions : impraticable sur le plan technique, inopérante sur le plan politique, et de plus en plus déconnectée des dynamiques régionales.

Le temps a fini par révéler ce que le réel imposait déjà : aucune solution durable ne peut émerger en dehors d’un compromis structuré.
 
C’est précisément dans cet espace que s’inscrit l’initiative marocaine d’autonomie. Loin des caricatures, elle propose un équilibre subtil entre souveraineté nationale et gestion démocratique locale, entre unité de l’État et reconnaissance des spécificités territoriales.

En cela, elle répond aux standards contemporains de résolution des conflits, fondés sur le pragmatisme, la stabilité et l’intégration.

Ce qui relevait hier d’une proposition parmi d’autres s’est progressivement imposé comme le socle des discussions internationales.

Le soutien croissant de puissances influentes, conjugué à une relecture des paramètres onusiens, a contribué à installer l’autonomie comme l’option la plus crédible.

Ce déplacement du centre de gravité diplomatique n’est pas le fruit du hasard : il est le résultat d’une stratégie cohérente, patiemment construite par le Maroc, alliant constance politique, crédibilité institutionnelle et projection internationale.
                           
Face à cette réalité, le Polisario semble aujourd’hui contraint de revoir ses fondamentaux. L’abandon du caractère exclusif de l’indépendance traduit moins une ouverture volontaire qu’une adaptation imposée par l’évolution du rapport de force.

Il marque surtout la reconnaissance implicite d’un fait majeur : la communauté internationale ne cherche plus à arbitrer entre des options abstraites, mais à accompagner une solution concrète et applicable.
 
Cela ne signifie pas que toutes les résistances ont disparu. Les discours de défiance persistent, et les postures héritées continuent d’alimenter une certaine ambiguïté. Mais le mouvement est enclenché. Et il est irréversible.
 
Dans ce contexte, la responsabilité collective est claire : transformer cette inflexion en véritable dynamique de règlement.

Cela suppose de dépasser les logiques de blocage, d’assumer le réalisme comme principe d’action, et de reconnaître que la stabilité régionale constitue un impératif stratégique partagé.
 
Le Maroc, en proposant une autonomie crédible, a ouvert une voie. Il appartient désormais aux autres parties de s’y inscrire avec lucidité et sens des responsabilités.
 
Car au fond, la question n’est plus de savoir si une solution est possible. Elle est de déterminer qui est prêt à la saisir.

Par Said Temsamani.


Mardi 14 Avril 2026