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Sahara marocain : le temps de l’attente a assez duré




Par Adnane Benchakroun

Sahara marocain : le temps de l’attente a assez duré
Je vois dans le tournant diplomatique actuel une exigence de clarté : sortir d’un statu quo devenu stérile, consolider l’autonomie sous souveraineté marocaine et replacer les populations de Tindouf au cœur des responsabilités internationales.

Il arrive un moment où la patience cesse de servir la recherche d’une solution et finit par entretenir le problème.

Sur le Sahara marocain, nous avons largement dépassé ce seuil. Plus de cinquante ans de conflit artificiellement prolongé, trente-cinq ans d’un dispositif construit autour d’un référendum impossible à organiser : combien de générations faudrait-il encore condamner à l’attente pour admettre qu’un cadre a épuisé sa raison d’être ?

Pour ma part, je considère que le Maroc a raison de prendre pleinement acte du tournant qui vient de se produire au Conseil de sécurité. Le soutien de onze membres au projet américain porte une signification politique majeure. Le veto russe en a empêché l’adoption ; il n’efface ni cette majorité ni la direction qu’elle indique : celle d’une solution fondée sur l’autonomie des provinces du Sud sous souveraineté marocaine.

Un blocage institutionnel ne saurait annuler une dynamique diplomatique.

La position exprimée dans communiquè du Palais Royal recueille mon adhésion entière. Elle marque une rupture nécessaire avec une longue habitude internationale : gérer le différend, renouveler les dispositifs et reporter, d’année en année, le moment de sa résolution. Le Maroc affirme désormais qu’il faut tirer les conséquences des événements et transformer profondément les paramètres qui ont entretenu cette immobilité.

Une mission ne peut devenir sa propre finalité

La MINURSO avait été créée autour d’une perspective référendaire dont l’impossibilité s’est imposée au fil des décennies. Dans ces conditions, sa présence ne pouvait indéfiniment tenir lieu de projet politique.

J’adhère à la conséquence tirée de la non-reconduction de son mandat : la cessation effective de sa présence dans nos provinces du Sud, à travers ses personnels, ses véhicules, ses équipements et ses symboles. Une mission internationale doit répondre à une finalité réalisable. Elle ne peut se perpétuer uniquement parce que son renouvellement est devenu une routine diplomatique.

Cette rupture doit ouvrir une nouvelle séquence. La clôture d’un processus enlisé offre au Maroc l’occasion d’amplifier la dynamique conduite par le Souverain, d’élargir les soutiens et de donner davantage de force au projet d’autonomie.

Notre pays dispose d’un acquis essentiel : une proposition sérieuse, réaliste et fondée sur le compromis.

L’autonomie sous souveraineté marocaine permet d’organiser une solution politique tout en garantissant l’unité nationale. Le soutien international dont bénéficie cette orientation, auprès d’environ deux tiers des États membres des Nations unies, notamment de membres permanents du Conseil de sécurité et de puissances influentes, lui donne une profondeur qu’aucune manœuvre de procédure ne peut faire disparaître.

À mes yeux, le vote des onze membres confirme cette confiance. Il conforte également la place centrale de la résolution 2797, que je tiens pour la référence fondamentale et le cadre juridique devant désormais guider le traitement du dossier.

L’unité nationale appelle une mobilisation concrète

Une conviction aussi forte exige davantage que des déclarations de satisfaction. Elle engage une responsabilité collective.

Je me reconnais pleinement dans la mobilisation derrière Sa Majesté le Roi pour défendre notre intégrité territoriale dans toutes les enceintes et par tous les moyens politiques et diplomatiques. Cette mobilisation concerne les partis, les élus, les organisations nationales, les acteurs économiques, les médias et l’ensemble des forces vives.

Chacun, dans son domaine, doit contribuer à consolider la solution politique, à expliquer le projet d’autonomie et à défendre les intérêts supérieurs du Royaume. La sécurité nationale, l’intégrité du territoire et la tranquillité de nos concitoyens appellent une vigilance constante.

L’unité nationale prend tout son sens lorsqu’elle devient une capacité d’action.

À Tindouf, rendre enfin aux personnes leur liberté de choix

Il faut également nommer la responsabilité de l’Algérie dans l’obstruction à une issue politique. Son attachement à une logique d’hostilité et à une construction idéologique dépassée continue de faire obstacle à ce que devraient commander la proximité géographique et le destin commun : la coopération, le développement et la stabilité régionale.

Mais derrière ce différend, il y a des êtres humains dont les droits ne peuvent rester suspendus aux calculs politiques.

Je considère indispensable de permettre au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés de procéder au recensement des populations des camps de Tindouf. Il faut connaître leurs effectifs réels, identifier les personnes effectivement originaires du Sahara et établir précisément leurs conditions de vie. La communauté internationale doit pouvoir disposer de l’ensemble des faits.

Ces populations doivent surtout retrouver la liberté de circuler et de choisir : demeurer sur place ou rejoindre la mère patrie, s’intégrer à la société marocaine et y exercer pleinement leurs droits politiques, économiques et sociaux.

C’est aussi à cette liberté concrète que se mesure la crédibilité d’une solution.

Ma conviction est simple : le Maroc a suffisamment démontré sa patience, sa constance et sa volonté de compromis. Le moment est venu de convertir cette constance en aboutissement politique. Aucun peuple ne devrait être condamné à attendre indéfiniment que les défenseurs du statu quo consentent enfin à regarder l’avenir.


Samedi 31 Octobre 2026