Sahara, pour un « Schengen maghrébin »


La solution à la question saharienne est maghrébine entre Rabat, Alger, Tunis et Nouakchott. Offrir le rêve maghrébin à notre jeunesse.

Par Taoufiq Boudchiche, économiste et diplomate.



Quand l’Ambassadeur Omar Hilale, s’adressait à son homologue algérien, lors du Conseil de Sécurité, en usant du terme de Cher frère, il y avait dans son ton et son intention une réelle sincérité.

Cette courtoise expression avait une résonance particulière dans cette enceinte de haut niveau diplomatique et géopolitique. Se débarrasser du legs colonial est une entreprise au long cours dans le temps.

La question saharienne est revenue au devant de la scène comme si l’arbitre ne pouvait que remettre le ballon au centre du terrain.

Une situation où chacune des deux parties principales le Maroc et l’Algérie ne sont finalement que dans une sorte de match nul 50 années après.

Une situation qui vient surtout rappeler aux Etats et peuples du Maghreb que la solution à leurs problèmes internes est entre leurs mains. En sortant le dossier, des méandres complexes des nations unies, une opportunité historique est offerte à nouveau un demi-siècle après.

Celle de reconstruire le Maghreb sur de nouvelles bases avec des perspectives innovantes que permet le recul historique.

Le monde a changé et nous avec.

Nous sommes à l’ère de l’IA, des nouvelles dépendances technologiques, climatiques, éthiques, sociales… et des rivalités géopolitiques qui nous dépassent États compris.

Les peuples et surtout la jeunesse ne supportent plus la mauvaise gouvernance, l’injustice, la prédation des services publics et des richesses par des minorités aux desseins occultes, … il y a des attentes fortes pour de nouveaux projets de société mobilisateurs.

Allons nous nous suffire en termes de réponses à des championnats de football aussi passionnants soient-ils ?

Les peuples du Maghreb ont un rêve inassouvi qui est celui d’un Maghreb uni. Un rêve qui en l’occurrence représente une solution idoine à la question saharienne.

En outre, il projetterait notre jeunesse dans la construction d’un espace maghrébin qui possède tous les atouts pour une reconstruction politique, sociale et culturelle, face aux défis évoqués plus haut.

Par exemple, l’instauration d’un «Schengen maghrébin » effacerait les problématiques frontalières.

Il permettrait la libre circulation des personnes et des marchandises, encouragerait la croissance économique d’au moins 2 à 3 % de PIB supplémentaires et permettrait la création d’emplois pour nos jeunes leur évitant d’aller se noyer en Méditerranée, …

Les peuples du Maghreb sont à l’étroit dans les frontières actuelles.

Le Maghreb est la solution. Il inciterait à des innovations politiques pour consolider des régionalisations avancées, stimuler la coopération décentralisée et la rencontre entre les populations civiles.

L’Europe et les Amériques se ferment et le mépris envers notre sous développement incluant notre identité culturelle et autres zestes coloniaux, tout en exploitant les richesses de nos sous sols et de nos talents, nous révoltent.

Qu’attendons nous pour un réveil lucide, raisonnable et intelligent ?

Le Maghreb est un espace territorial dont les ressources ouvertes sur la Méditerranée et l’Atlantique sont considérables qui autorisent une autosuffisance alimentaire, énergétique et financière.

Il suffit de savoir s’en servir et de se débarrasser de l’aliénation politique et culturelle qui nous emprisonne dans des schémas politiques, sociaux et culturels qui méritent d’être repensés et rénovés sans cesse.


Lundi 2 Novembre 2026

La Rédaction
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