Une situation militaire qui se dégrade rapidement
Le Kremlin a exprimé son inquiétude face à l’évolution de la situation. Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a souligné la nécessité pour le Mali de retrouver une trajectoire pacifique et stable, alors que Moscou soutient la junte au pouvoir à travers des forces paramilitaires déployées sur place.
Sur le terrain, la situation reste confuse et tendue. Depuis plusieurs jours, des attaques coordonnées ont été menées par des combattants du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaida, en alliance avec le Front de libération de l’Azawad (FLA).
Kidal passe sous contrôle rebelle
L’un des développements majeurs concerne la ville de Kidal, désormais contrôlée par les rebelles touaregs et leurs alliés djihadistes. Les paramilitaires russes de l’Africa Corps, qui appuient la junte malienne, ont quitté la ville à la suite d’un accord avec les groupes armés.
Ce retrait marque un revers important pour les autorités de transition, déjà confrontées à une multiplication des fronts de combat dans le nord du pays.
Pertes et retraits dans plusieurs régions
Selon des sources russes, les forces de l’Africa Corps ont subi des pertes lors d’attaques dans plusieurs zones du pays. Des affrontements ont également été signalés autour de Gao et dans des localités proches de Bamako.
Dans le nord, l’armée malienne a abandonné certaines positions, notamment à Labbezanga, près de la frontière nigérienne, avant de se replier vers Ansongo, selon des sources locales.
Le Ministre de la Défense malien, Sadio Camara, figure clé de la junte, a par ailleurs été tué à Kati, un événement qui accentue les incertitudes politiques et militaires.
Moscou reste prudent sur l’évolution du conflit
Interrogé sur la situation, le Kremlin n’a pas confirmé la capacité de ses forces à reprendre le contrôle du terrain. Le ministère russe de la Défense évoque une situation « difficile », tout en affirmant que les groupes armés se réorganisent.
Moscou a également évité de commenter le sort du chef de la junte, Assimi Goïta, dont la situation reste incertaine dans un contexte de forte instabilité institutionnelle.
Une crise aux implications régionales
La dégradation de la situation au Mali intervient dans un contexte de forte pression sécuritaire au Sahel, où les groupes armés multiplient les offensives et exploitent les fragilités politiques.
Alors que les combats se poursuivent, l’évolution de la situation reste incertaine, avec des équilibres militaires en recomposition et une stabilité encore loin d’être rétablie.