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Santé, éducation, emploi : Les trois priorités urgentes des jeunes marocains


Rédigé par La rédaction le Lundi 16 Février 2026



Santé, éducation, emploi : Les trois priorités urgentes des jeunes marocains
En 2025, les jeunes marocains âgés de 15 à 30 ans représentent une part significative de la population du pays, mais ils se heurtent à une réalité bien loin de leurs aspirations. Une enquête menée par L'Economiste en collaboration avec le cabinet Sunergia révèle que cette génération porte des attentes profondes et souvent frustrées en matière de santé, d'éducation et d'emploi. Avec un taux de chômage des jeunes atteignant 37,2 %, les jeunes marocains se trouvent dans une situation d'incertitude face à un marché du travail saturé, une offre éducative inégale et un système de santé en crise.

L’enquête montre que 69 % des jeunes considèrent la réforme du secteur de la santé comme urgente, suivie de l’éducation (52 %) et de l’emploi (43 %). Ces trois domaines sont perçus comme des leviers essentiels pour leur insertion dans la société et leur bien-être futur. Cependant, les réformes nécessaires semblent se heurter à des obstacles structurels persistants, exacerbés par des inégalités socio-économiques et géographiques.

1. La santé : une réforme nécessaire pour l’égalité des chances

Le secteur de la santé figure en tête des priorités pour les jeunes marocains. L’enquête révèle que 69 % des jeunes jugent crucial de réformer en urgence un système de santé marqué par de profondes inégalités. Si les grandes villes comme Casablanca et Rabat disposent de meilleures infrastructures sanitaires, les zones rurales, elles, sont largement laissées pour compte. Le manque de médecins, de spécialistes et d’hôpitaux de proximité pénalise durement les jeunes des régions périphériques.

La fracture territoriale en matière de santé est donc une des causes principales de frustration. Les jeunes urbains ont un accès relativement facile aux soins, mais ils se heurtent également à une surcharge des hôpitaux publics et à des soins de qualité inégale. De leur côté, les jeunes des zones rurales doivent souvent parcourir des kilomètres pour atteindre un établissement de santé et subir des délais d'attente interminables. Les jeunes marocains exigent des mesures concrètes pour garantir un accès équitable aux soins, notamment par le renforcement du système de santé publique et l’amélioration des infrastructures sanitaires dans les régions défavorisées.

Le secteur privé, bien qu’offrant une meilleure qualité de soins, demeure trop coûteux pour la majorité des jeunes. Cette inégalité d’accès fait naître un sentiment d’injustice et d’abandon, ce qui rend la réforme de la santé indispensable pour favoriser l’inclusion et la cohésion sociale.

2. L’éducation : une question d’égalité des chances

L'éducation constitue le second grand chantier pour les jeunes marocains. L'enquête révèle que 52 % des jeunes jugent indispensable de réformer le système éducatif. Pour beaucoup, l’éducation est un levier incontournable pour accéder à un avenir meilleur. Cependant, la réalité montre un écart considérable entre l’enseignement public et privé. Si le secteur privé se développe rapidement et offre des conditions de scolarité nettement meilleures, l’éducation publique, elle, souffre de nombreux maux : classes surchargées, manque de matériel pédagogique, et faiblesse de la formation des enseignants.

Les jeunes de l’enseignement public, souvent issus de milieux modestes, se heurtent à des obstacles pour accéder à une éducation de qualité, ce qui les place dans une situation de désavantage par rapport à ceux du privé. Cette fracture éducative alimente le sentiment d’injustice parmi les jeunes, qui estiment que l’égalité des chances est loin d’être atteinte. D’ailleurs, de nombreux jeunes soulignent que l’éducation, dans son état actuel, ne les prépare pas à faire face aux exigences du marché du travail.

Pour remédier à cette situation, les jeunes demandent des réformes structurelles dans le système éducatif, avec des investissements dans les infrastructures scolaires, une meilleure formation des enseignants, ainsi qu’une réduction de la surcharge des classes. Il est également impératif d’adopter des méthodes pédagogiques modernes et d'intégrer davantage d'outils numériques pour préparer les jeunes aux défis du futur.

3. L’emploi : un marché du travail saturé et en manque de perspectives

L’emploi est la troisième priorité des jeunes marocains, avec 43 % des jeunes jugeant essentiel de réformer le marché du travail. Le chômage des jeunes, particulièrement élevé chez les 15-24 ans, constitue un défi majeur pour le pays. Le taux de chômage de cette tranche d’âge est de 37,2 % en 2025, et la situation est encore plus complexe dans les régions rurales, où les opportunités d’emploi sont rares.

Les jeunes diplômés, bien qu’ils soient formés dans des établissements de plus en plus diversifiés, se retrouvent souvent sans emploi, ou contraints de travailler dans des secteurs précaires tels que les centres d’appel, la restauration rapide ou la sécurité privée. L’absence de stabilité et de protection sociale dans ces secteurs crée un environnement de travail insatisfaisant et source de démotivation pour de nombreux jeunes.

En outre, le décalage entre la formation reçue dans les établissements d’enseignement supérieur et les exigences du marché du travail aggrave cette situation. L’absence d’expériences professionnelles et le manque d’adaptation des formations aux besoins du marché sont des obstacles majeurs à l’insertion des jeunes dans des emplois durables et bien rémunérés.

4. Vers une approche globale : réformes interconnectées pour un avenir commun

Les réformes dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’emploi ne peuvent être abordées de manière isolée. Les jeunes marocains exigent des solutions globales et interconnectées qui répondent à leurs attentes et leur permettent de se projeter positivement dans l’avenir. L'amélioration du système de santé, la réforme de l'éducation et la modernisation du marché du travail doivent aller de pair pour garantir un avenir plus juste et équitable pour cette génération.

Les passerelles visibles entre l’éducation et l’emploi, l'amélioration de l’accès aux soins pour tous, et la création de conditions de travail stables et dignes pour les jeunes sont des mesures essentielles pour assurer la réussite de ces réformes.

Une jeunesse en quête d’opportunités

Les jeunes marocains sont conscients des défis auxquels ils sont confrontés, mais ils restent déterminés à changer les choses. Si le Maroc veut libérer le potentiel de cette génération, il doit investir massivement dans des réformes structurelles, qui abordent de manière simultanée les secteurs clés de la santé, de l’éducation et de l’emploi. Ces réformes doivent être inclusives, équitables et adaptées aux réalités du terrain, pour que chaque jeune marocain ait la possibilité de s’épanouir et de participer activement à la transformation du pays.




Lundi 16 Février 2026