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Stress hydrique : le Maroc accélère sa stratégie de dessalement


Rédigé par le Mercredi 21 Octobre 2026

Face aux tensions persistantes sur ses ressources hydriques, le Maroc accélère le développement du dessalement de l'eau de mer. Le gouvernement ambitionne de mobiliser 1,8 milliard de mètres cubes à l'horizon 2031, tout en renforçant les barrages et les transferts entre bassins. Une stratégie qui doit répondre à la fois aux besoins des ménages, de l'agriculture et de l'économie nationale.



Barrages et transferts pour diversifier les ressources

Stress hydrique : le Maroc accélère sa stratégie de dessalement
Le Maroc veut changer d'échelle dans sa gestion de l'eau. Confronté à la récurrence des sécheresses et à une pression croissante sur ses ressources, le Royaume mise davantage sur le dessalement de l'eau de mer pour sécuriser ses approvisionnements. L'objectif annoncé est ambitieux : atteindre une capacité de mobilisation de 1,8 milliard de mètres cubes d'eau dessalée à l'horizon 2031.

Cette orientation a été présentée lundi 19 octobre devant les deux Chambres du Parlement par la cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, à l'occasion de la présentation du programme gouvernemental. 

Le dessalement consiste à retirer le sel de l'eau de mer afin de la rendre utilisable, notamment pour l'alimentation en eau potable et, dans certains cas, l'irrigation agricole. Longtemps considéré comme une solution coûteuse, ce procédé prend désormais une place stratégique dans les politiques hydriques des pays confrontés au stress hydrique.

Au Maroc, son développement répond à plusieurs impératifs. Les besoins des villes augmentent, certaines régions agricoles restent fortement dépendantes des précipitations et les épisodes de sécheresse fragilisent régulièrement les ressources disponibles dans les barrages.

Mais la stratégie gouvernementale ne repose pas uniquement sur la construction de nouvelles stations. Elle comprend également la multiplication des ouvrages de stockage, notamment dans les zones arides, semi-arides et montagneuses. Les transferts d'eau entre bassins hydrauliques figurent également parmi les solutions envisagées, lorsque les conditions le permettent.

L'objectif est de mieux répartir les ressources disponibles entre les territoires, tout en préservant les équilibres hydriques des régions concernées.Cette approche intégrée est essentielle. Le dessalement peut renforcer l'approvisionnement des zones côtières, mais son acheminement vers les régions intérieures nécessite des infrastructures supplémentaires et des investissements importants.

Un autre défi concerne la consommation énergétique. Transformer l'eau de mer en eau douce mobilise des quantités significatives d'électricité. Le recours aux énergies renouvelables pourrait contribuer à limiter les coûts et l'empreinte environnementale des installations.

La question du prix final reste donc déterminante, particulièrement pour les exploitations agricoles et les ménages les plus modestes. Par ailleurs, les rejets de saumure, une eau fortement concentrée en sel, nécessitent un encadrement environnemental rigoureux afin de limiter leurs effets sur les écosystèmes marins.

La réussite du programme dépendra ainsi des délais de réalisation, des coûts d'exploitation et de la disponibilité effective de l'eau. Pour les Marocains, le véritable enjeu n'est pas seulement de produire davantage d'eau dessalée, mais de garantir un accès durable, équitable et financièrement supportable à cette ressource devenue stratégique.




Mamoune ACHARKI
Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la... En savoir plus sur cet auteur
Mercredi 21 Octobre 2026