La fin d’une ère militaire américaine en Syrie
Selon les éléments disponibles, le calendrier du retrait est désormais clairement engagé. L’évacuation complète des bases américaines devrait être finalisée sous vingt à trente jours, mettant fin à plus d’une décennie de présence militaire directe sur le sol syrien.
Un désengagement progressif déjà entamé
Le mouvement a débuté lundi avec le retrait de soldats d’une base majeure du nord-est syrien, une région longtemps sous contrôle des forces kurdes alliées de Washington. Cette opération s’inscrit dans une dynamique enclenchée depuis plusieurs semaines.
Au cours des deux dernières semaines, les forces américaines se sont déjà retirées de deux bases clés, l’une située à al-Tanf, dans le sud-est du pays, et l’autre à al-Chaddadi, dans le nord-est. Ces sites jouaient un rôle central dans la coordination militaire et logistique de la coalition antijihadiste.
Un contexte politique et sécuritaire en mutation
Ce retrait intervient dans un contexte de recomposition du contrôle territorial. Le pouvoir central syrien, soutenu par ses alliés et bénéficiant d’un environnement régional en évolution, étend progressivement son autorité sur le nord et le nord-est, des zones longtemps administrées par les forces kurdes.
La présence américaine en Syrie remontait à 2014, lorsque Washington avait installé plusieurs bases dans des territoires échappant alors au contrôle de Damas. L’objectif principal était de coordonner la lutte contre l’organisation État islamique, officiellement vaincue militairement en 2019, même si des cellules résiduelles subsistent.
Fin d’un cycle militaire américain en Syrie ?
Avec ce retrait annoncé, les États-Unis tournent une page stratégique majeure. La coalition antijihadiste, dirigée par Washington, voit son rôle évoluer, tandis que les équilibres locaux se redessinent entre forces syriennes, acteurs kurdes et puissances régionales.
À court terme, plusieurs questions demeurent ouvertes : le devenir des forces kurdes, la gestion sécuritaire des zones évacuées et la capacité du pouvoir central à stabiliser durablement ces territoires. Le retrait américain pourrait également influencer les calculs des autres acteurs militaires présents en Syrie. Les prochaines semaines seront donc déterminantes. Elles permettront de mesurer si ce retrait marque la fin durable de la présence militaire américaine en Syrie ou simplement une nouvelle phase d’adaptation stratégique.