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Tanger : Maxime Gralet fait dialoguer céramique, danse et musique autour de 30 jarres


Rédigé par le Mardi 20 Octobre 2026

Après une première présentation à la Tour Catherine dans le cadre du Festival « Être Ici », l’artiste français Maxime Gralet installe ses trente jarres en terre cuite dans le bassin de l’ancien Consulat de France à Tanger. Née d’une résidence artistique de trois mois et demi entre Tanger, Marrakech et Safi, cette création pluridisciplinaire mêle artisanat marocain, vidéo, musique et danse autour d’une réflexion sur l’amour, le partage et la transmission.



Trente jarres, trois villes et une rencontre avec l’artisanat marocain

Tanger : Maxime Gralet fait dialoguer céramique, danse et musique autour de 30 jarres
C’est dans le cadre verdoyant du bassin de l’ancien Consulat de France à Tanger que les trente jarres en terre cuite de Maxime Gralet trouvent un nouvel espace d'exposition. Une installation qui retrace un parcours artistique mené pendant trois mois et demi à travers trois villes marocaines : Tanger, Marrakech et Safi.

Artiste installé dans le sud de la France, Maxime Gralet explore plusieurs disciplines, entre arts plastiques, chorégraphie et composition musicale. Durant sa résidence au Maroc, il a collaboré avec des artisans locaux, notamment sur la Colline des potiers de Safi et dans les Ateliers de Tameslohte. Certaines jarres ont ainsi été réalisées par les artisans marocains, tandis que d’autres ont été façonnées par l’artiste lui-même.

Coproduit par l’Institut français de Tanger et la Galerie Delacroix, le projet dépasse la simple exposition de pièces en céramique. Il s’inspire d’une réflexion du philosophe Spinoza, pour qui l’amour est une joie accompagnée de l’idée d’une cause extérieure à soi.

À travers la jarre, Maxime Gralet développe une métaphore du rapport entre le plein et le vide. Un récipient vide symbolise la disponibilité à recevoir, tandis qu’un récipient plein évoque la capacité à donner. Deux états complémentaires qui traduisent, selon l’artiste, une circulation permanente entre les êtres.

Une installation vivante qui se transforme au fil des lieux

L’exposition ne se limite pas aux trente jarres disposées dans l’espace. Elle intègre également trois écrans diffusant des films et des séquences de vidéo-danse réalisés au Maroc. Les images dévoilent des paysages, des ateliers artisanaux, des architectures et des vestiges industriels rencontrés au cours de la résidence.

La dimension sonore occupe également une place importante, avec des compositions musicales signées Maxime Gralet. Selon les présentations, des danseurs et des musiciens peuvent intervenir au milieu des jarres, transformant l’installation en une expérience artistique où les corps, les sons et les objets interagissent.

Le projet avait été dévoilé une première fois le 13 septembre, à la Tour Catherine, lors de l’ouverture de la sixième édition du Festival « Être Ici ». Selon les organisateurs, cette première présentation a attiré plus d’un millier de visiteurs.

Son installation dans le bassin de l’ancien Consulat de France lui donne aujourd’hui une nouvelle dimension. Le changement de décor, entre architecture et végétation, modifie la manière dont le public découvre et parcourt les œuvres. Les photographies réalisées pendant la résidence feront par ailleurs l’objet d’une exposition distincte.

Cette capacité à investir des lieux inhabituels caractérise le parcours de Maxime Gralet. L’artiste a déjà présenté ses créations dans d’anciennes stations thermales, des friches, des caves désaffectées et des jardins de châteaux, avec la volonté de rendre l’art accessible au-delà des espaces d’exposition traditionnels.

Présent régulièrement au Maroc depuis trois ans, il défend une conception de la création fondée sur la rencontre et le dialogue entre les cultures. Une démarche qu’il résume par cette conviction : « La culture est une arme de paix. »

À Tanger, ses trente jarres deviennent ainsi bien plus que des objets en terre cuite : elles racontent une expérience collective, nourrie par les savoir-faire artisanaux marocains et par la rencontre de plusieurs formes d’expression artistique.




Mardi 20 Octobre 2026