L'ODJ Média

Tanger accueille les Assises de l’AUSIM sur l’intelligence artificielle et la souveraineté numérique

Comment les entreprises marocaines peuvent-elles passer de l’expérimentation de l’IA à des usages maîtrisés et créateurs de valeur ?


Rédigé par le Jeudi 8 Octobre 2026

Tanger accueille, du 7 au 9 octobre 2026, la huitième édition des Assises de l’Association des utilisateurs des systèmes d’information au Maroc (AUSIM). Placée sous le signe de l’innovation, de l’intelligence artificielle et de la souveraineté numérique, cette rencontre réunit des responsables informatiques, dirigeants et experts technologiques. Au moment où les entreprises accélèrent leurs investissements numériques, les discussions posent une question de fond : comment tirer parti des capacités de l’IA tout en maîtrisant les données, les coûts, la sécurité et les compétences nécessaires à son déploiement ?



​Trois journées consacrées aux transformations numériques

Tanger accueille les Assises de l’AUSIM sur l’intelligence artificielle et la souveraineté numérique
La huitième édition des Assises de l’AUSIM se tient à Tanger du 7 au 9 octobre 2026.

Le programme officiel présente l’événement comme un rendez-vous de décideurs des systèmes d’information, autour des enjeux d’intelligence artificielle, d’innovation et de souveraineté.

L’événement réunit des profils issus du conseil, de la banque, des télécommunications, des services numériques et de la cybersécurité.

Parmi les intervenants annoncés figurent des représentants d’Orange Maroc, de CIH Bank et de Dataprotect, ainsi que la ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni.

​L’intelligence artificielle au-delà des démonstrations

Pour les entreprises marocaines, la diffusion de l’intelligence artificielle représente autant une question d’organisation qu’un enjeu technologique.

Les outils d’IA générative peuvent contribuer à la recherche documentaire, au traitement de demandes clients, à l’assistance aux équipes ou à certaines tâches de production.

D’autres systèmes, fondés sur l’apprentissage automatique et l’analyse de données, sont susceptibles d’être utilisés dans la maintenance industrielle, la gestion logistique ou la détection d’anomalies.

Ces possibilités restent toutefois conditionnées à la qualité des données disponibles et à la capacité des organisations à adapter leurs procédures.

Un projet d’IA ne peut pas être évalué uniquement à partir d’une démonstration réussie.

Il faut notamment déterminer les coûts d’intégration, la fiabilité des résultats, les risques d’erreur, la supervision humaine et les gains réellement observés.

Cette distinction entre expérimentation et déploiement opérationnel est essentielle.

Une entreprise peut disposer d’un prototype prometteur sans avoir encore validé sa robustesse à grande échelle.

​Que signifie réellement la souveraineté numérique ?

Le concept de souveraineté numérique occupe une place importante dans les débats contemporains sur la transformation technologique.

Il renvoie notamment à la capacité d’une organisation ou d’un État à maîtriser ses données, ses systèmes critiques, ses infrastructures et ses dépendances technologiques.

Cette maîtrise ne signifie pas nécessairement que toutes les solutions doivent être développées localement.

Elle suppose plutôt de comprendre les conditions d’hébergement, les règles d’accès aux informations, les engagements contractuels et les possibilités de changer de fournisseur.

Pour une entreprise marocaine, plusieurs questions deviennent déterminantes.

Où les données sont-elles stockées ? Qui peut y accéder ? Les informations confidentielles sont-elles utilisées pour entraîner des modèles ? Quelles garanties existent en matière de continuité de service ?

La cybersécurité est indissociable de ces interrogations.

Une architecture numérique performante mais insuffisamment sécurisée peut créer des vulnérabilités opérationnelles et juridiques.

​PME et formation : éviter une transformation à deux vitesses

L’adoption de l’intelligence artificielle peut également accentuer les écarts entre entreprises.

Les grands groupes disposent généralement de moyens financiers et techniques plus importants pour lancer des expérimentations, recruter des spécialistes et moderniser leurs infrastructures.

Les petites et moyennes entreprises doivent souvent arbitrer entre plusieurs investissements prioritaires.

Pour elles, l’enjeu est de sélectionner des applications adaptées à des besoins précis, plutôt que de multiplier les outils sans stratégie.

La formation devient alors un facteur décisif

Il ne s’agit pas uniquement de former des ingénieurs spécialisés. Les responsables métiers, équipes commerciales, juristes, gestionnaires et collaborateurs administratifs doivent aussi comprendre les capacités et les limites des systèmes utilisés.

La question de la mesure des résultats mérite la même attention : temps réellement économisé, qualité du service, réduction des erreurs et coûts récurrents.

Ces indicateurs doivent être évalués avant de généraliser les solutions.





Jeudi 8 Octobre 2026