Une mobilisation relancée après plusieurs années d’arrêt
Mercredi dernier, l’Observatoire pour la protection de l’environnement et des monuments historiques de Tanger, en collaboration avec la Direction régionale de la Culture, a lancé une nouvelle dynamique pour réactiver ce projet stratégique. Une réunion de travail a rassemblé plusieurs institutions, notamment des représentants des secteurs de la culture, du tourisme et de l’Agence des eaux et forêts, afin de poser les bases d’une candidature plus structurée.
L’objectif est désormais de bâtir un dossier conforme aux exigences strictes de l’UNESCO. Une session de formation spécialisée, organisée en coordination avec l’organisation internationale, doit permettre aux équipes locales de renforcer leurs compétences techniques dans la préparation du dossier. Parallèlement, un inventaire détaillé des sites patrimoniaux devant bénéficier d’une protection juridique est en cours, accompagné de futures missions de terrain.
Un patrimoine historique et culturel majeur
Tanger dispose d’un patrimoine particulièrement riche pour défendre sa candidature. Située à la jonction entre l’Afrique et l’Europe, entre l’Atlantique et la Méditerranée, la ville est historiquement un carrefour de civilisations.
Sa médina historique, sa Kasbah dominant le détroit de Gibraltar, les traces de son passé de Zone internationale ou encore ses sites naturels emblématiques comme les Grottes d’Hercule constituent autant d’éléments susceptibles de démontrer sa valeur patrimoniale. Pour les promoteurs du projet, ces atouts doivent permettre de répondre au critère central exigé par l’UNESCO : prouver que la ville possède une valeur universelle exceptionnelle, justifiant une protection et une reconnaissance à l’échelle mondiale.
L’effet Coupe du monde 2030
La relance du dossier intervient dans un contexte particulier. L’organisation de la Coupe du monde de football 2030, dont le Maroc sera l’un des pays hôtes, constitue un accélérateur pour ce projet. Obtenir le label UNESCO avant cet événement offrirait à Tanger une visibilité internationale renforcée, tout en favorisant le développement d’un tourisme culturel durable. Au-delà de l’image, cette reconnaissance permettrait également de renforcer les mécanismes de protection du patrimoine face aux pressions urbaines.
Un processus long et exigeant
L’inscription au patrimoine mondial reste toutefois un processus complexe. La première étape consiste à figurer sur la liste indicative nationale, préalable à toute candidature officielle. Vient ensuite la constitution du dossier scientifique et juridique, actuellement en cours. Des experts internationaux seront ensuite chargés d’évaluer la ville et l’état de conservation de ses sites. La décision finale reviendra au Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, qui se prononce lors de ses sessions annuelles. Pour Tanger, le défi est désormais clair : transformer ce patrimoine exceptionnel en dossier irréprochable capable de convaincre la communauté internationale.