Tech et industrie : le Maroc monte dans le classement africain


Rédigé par le Lundi 17 Aout 2026

Le Maroc se classe deuxième en Afrique dans un classement consacré à la capacité des pays à transformer le capital humain en innovation et en production concrète. Le Royaume arrive derrière l’Afrique du Sud et devant l’Égypte. Ce résultat confirme une progression, mais rappelle aussi l’urgence de mieux relier école, recherche, industrie et emploi.



Industrie et recherche en moteur

Le Maroc s’impose comme l’un des pays africains les mieux placés pour transformer les compétences de sa population en innovation concrète. Selon le classement de la plateforme The African Exponent, le Royaume occupe la deuxième place en Afrique parmi les pays capables de valoriser leur capital humain. L’Afrique du Sud arrive première, tandis que l’Égypte complète le podium.

Le classement s’appuie sur plusieurs indicateurs liés notamment à l’innovation, à la production scientifique, au design industriel, aux brevets, à la fabrication de haute technologie et aux publications scientifiques. Le Maroc est présenté comme une puissance régionale en Afrique du Nord dans l’innovation industrielle et technologique. Cette reconnaissance arrive dans un contexte où le pays mise fortement sur l’automobile, l’aéronautique, les énergies renouvelables, le numérique et l’offshoring.

Cette progression n’est pas tombée du ciel. Depuis plusieurs années, le Maroc développe des écosystèmes industriels autour de Tanger, Kénitra, Casablanca, Nouaceur ou Rabat. L’industrie automobile marocaine est devenue l’un des moteurs des exportations du Royaume. L’aéronautique, malgré sa taille plus limitée, représente également un secteur à forte valeur ajoutée. Ces filières exigent des techniciens, des ingénieurs, des opérateurs qualifiés et une capacité à intégrer rapidement les nouvelles technologies.

Mais le classement doit être lu avec prudence. Être bien positionné en Afrique ne signifie pas que tous les défis sont réglés. Le Maroc doit encore améliorer la qualité de son enseignement public, réduire les inégalités territoriales, renforcer la recherche appliquée, faciliter le financement des start-up et mieux protéger les talents contre le découragement ou l’exil. Le vrai test n’est pas seulement de former des jeunes brillants, mais de leur offrir des opportunités réelles dans leur pays.

Pour une jeunesse marocaine connectée, cette nouvelle peut être encourageante. Elle montre que le Royaume n’est pas condamné à consommer la technologie produite ailleurs. Il peut en fabriquer, l’adapter et l’exporter. Mais cela suppose un changement de culture : valoriser la science, les langues, la programmation, les métiers techniques, la recherche et l’entrepreneuriat.

Ainsi, le capital humain marocain existe, mais il ne suffit pas de le célébrer dans les classements. Le Maroc gagnera vraiment la bataille de l’innovation le jour où un jeune de Fès, Oujda, Laâyoune ou Béni Mellal pourra transformer une idée en entreprise sans devoir partir pour réussir.




Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la… En savoir plus sur cet auteur
Lundi 17 Aout 2026
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