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Tilt Spécial : Rabat mise sur la coopération internationale pour accélérer une ville inclusive, innovante et durable

Mme Rahima Ouazzani, maire adjointe de la ville de Rabat, chargée de la coopération internationale et des affaires culturelles sociales et sportives.


Dans une interview exclusive accordée à ODJ Média, Rahima Wazani, élue locale chargée de la coopération internationale, dévoile la feuille de route d’une capitale qui conjugue ouverture au monde, cohésion sociale et accélération des grands projets. Au cœur de sa vision: la coopération internationale comme levier stratégique pour financer, outiller et diffuser les meilleures pratiques en matière de développement urbain, tout en réduisant les disparités territoriales et en renforçant l’attractivité touristique.



Rabat, coproprésidente d’un réseau mondial de métropoles :

Membre influent des réseaux internationaux, Rabat a été récemment élue coprésidente du réseau des «villes fortes» lors d’une rencontre à Toronto. Pour Rahima Wazani, ces plateformes de coopération sont décisives: elles facilitent le transfert de technologies, la formation des cadres et des élus, l’échange de solutions éprouvées et l’accès aux financements pour des projets structurants. «On s’inspire de l’efficacité des autres métropoles et, en retour, on partage nos propres avancées. C’est un échange gagnant-gagnant», souligne-t-elle.

Inclusion urbaine: éviter un Rabat à deux vitesses :
Réhabilitations d’infrastructures, aménagements urbains et services publics (éducation, santé, loisirs) déployés dans tous les arrondissements: la municipalité veut limiter au maximum les disparités socio-spatiales. Si certains secteurs restent prioritaires, notamment l’arrondissement Yacoub El Mansour (quartiers Youssoufia et Douar El Ghoula cités dans l’entretien), des programmes de réhabilitation sont en cours pour corriger les écarts. «L’objectif est clair: une urbanisation équitable au service de la cohésion sociale», insiste Wazani.

Tourisme: valoriser le patrimoine et structurer les parcours :
Rabat dispose d’atouts majeurs — Chellah, Oudayas, Médina, Rue des Consuls — et d’une modernité affirmée. La ville veut transformer ce potentiel en offres touristiques lisibles, via des parcours culturels et sportifs, des espaces de promenade et une programmation mieux structurée. Pour absorber la montée en puissance liée aux grands événements (CAN, Coupe du monde), la capacité hôtelière est renforcée: après Four Seasons, Conrad, Ritz et Marriott, de nouvelles unités comme Hilton sont attendues, tandis qu’une offre milieu de gamme est encouragée pour diversifier l’accueil.

Mobilité: cap sur un RER métropolitain et l’extension du tramway :
Face aux flux pendulaires quotidiens, la municipalité place la mobilité au rang des priorités. Le projet d’un RER régional, en complément du tramway (porté par Rabat Région Mobilité), est activement exploré. La coopération avec des villes expérimentées, notamment en France, vise à mobiliser expertise, technologies, ressources financières et volonté politique. «Le RER changerait l’échelle des déplacements et la fluidité dans toute l’aire métropolitaine», plaide Wazani.

Simplification administrative: accélérer la digitalisation :
Consciente de la lourdeur bureaucratique, l’élue défend une simplification accélérée des procédures et l’innovation dans les systèmes de gestion. La digitalisation des démarches, déjà engagée, doit gagner en ampleur pour répondre aux attentes des usagers, réduire les délais et renforcer la confiance citoyenne.

Rabat 2030: une ville participative, plus innovante et plus résiliente :
À l’horizon 2030, la vision est celle d’une capitale inclusive, durable et innovante, portée par l’engagement de tous: élus, habitants, commerçants, jeunes et société civile. «C’est ensemble que nous pouvons construire une Rabat plus ambitieuse. La participation citoyenne est au cœur de chaque projet», conclut Rahima Wazani.
Samedi 28 Février 2026