Les chiffres ont parfois cette capacité à résumer une tendance en un instant. À fin février 2026, les recettes voyages se sont établies à 21,4 milliards de dirhams, en hausse de 22,2% par rapport à la même période un an plus tôt. Une progression significative, relevée par l’Office des changes dans son dernier bulletin mensuel des échanges extérieurs. Elle confirme, sans détour, la bonne tenue du tourisme, devenu au fil des années l’un des piliers les plus visibles de l’économie nationale.
Dans les faits, cette croissance ne relève pas du hasard. Elle s’appuie sur une reprise soutenue des arrivées, mais aussi sur une meilleure valorisation de l’offre touristique. Sur le terrain, certains professionnels évoquent un début d’année “plus dynamique que prévu”, porté notamment par une demande étrangère qui reste solide malgré les incertitudes internationales. Ce regain d’activité se traduit directement dans les entrées en devises, un point stratégique dans l’équilibre des comptes extérieurs.
Autre élément notable : les dépenses voyages ont, elles, légèrement reculé de 1%, pour s’établir à 5,11 MMDH. Une évolution modeste, mais qui vient renforcer l’excédent du secteur. Le solde de la balance voyages atteint ainsi 16,27 MMDH, en progression de 31,9%. Ce niveau, rarement atteint sur une période aussi courte, illustre la capacité du tourisme à générer des ressources nettes importantes pour le pays.
En parallèle, les transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE) poursuivent leur progression. Ils s’élèvent à 18,54 MMDH, en hausse de 4,2%. Moins spectaculaire que celle des recettes touristiques, cette évolution reste néanmoins essentielle. Ces flux constituent un soutien discret mais constant à l’économie, notamment pour de nombreux ménages qui en dépendent directement.
Le tableau est toutefois plus nuancé du côté des investissements. Le flux net des investissements directs étrangers (IDE) a reculé de 30,8%, pour atteindre 4,5 MMDH. Un repli qui peut interroger, même s’il s’inscrit dans un contexte international marqué par une certaine prudence des investisseurs. À l’inverse, les investissements directs marocains à l’étranger (IDME) affichent une nette progression de 69,8%, à environ 1,5 MMDH, traduisant une volonté croissante des entreprises nationales de se positionner hors des frontières.
Ces indicateurs dessinent une économie en mouvement, portée par ses fondamentaux mais confrontée à des ajustements. Le tourisme s’impose, une fois de plus, comme un levier central de création de valeur et d’entrée de devises. Reste à consolider cette dynamique, dans un environnement où chaque point de croissance se construit avec vigilance.
Entre performance touristique, rôle stabilisateur des MRE et signaux contrastés sur l’investissement, l’économie avance sans excès d’euphorie, mais avec des bases qui continuent, progressivement, de se renforcer.