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Transactions immobilières : l’attestation fiscale désormais dématérialisée


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mardi 14 Avril 2026

La procédure d’obtention de l’attestation fiscale immobilière évolue vers un modèle digitalisé, encadré par une nouvelle circulaire conjointe. Ce basculement vise à réduire les délais de traitement, fluidifier les échanges entre administrations et renforcer la fiabilité des transactions.



Transactions immobilières : l’attestation fiscale désormais dématérialisée

La circulaire introduit un circuit largement dématérialisé pour délivrer ce document clé, exigé avant toute cession. En ligne de mire : un délai maximal de 48 heures pour obtenir le quitus fiscal, contre plusieurs semaines auparavant dans certains cas. Une rupture nette, confirmée par plusieurs sources concordantes .
 

Le principe, lui, ne change pas. Conformément à l’article 95 du Code de recouvrement des créances publiques, notaires et adouls doivent vérifier que toutes les taxes liées au bien notamment la taxe d’habitation et celle des services communaux sont bien réglées avant de finaliser la transaction. Une obligation qui engage directement leur responsabilité.
 

Ce qui évolue, en revanche, c’est le parcours. Désormais, tout démarre sur la plateforme SIMPL de la Direction générale des impôts. Si le contribuable est en règle, la fiche de renseignements fiscaux est délivrée instantanément. En cas d’arriérés, une régularisation est possible en ligne, et le délai de traitement plafonné à 48 heures ne commence qu’après paiement effectif .
 

Une fois cette étape franchie, le relais est pris par les professionnels. Le notaire, via Tawtik+, ou l’adoul à travers le portail de la Trésorerie générale du Royaume, soumet la demande d’attestation. Le système se charge ensuite de la transmettre automatiquement aux différents intervenants : percepteur de la TGR, services fiscaux communaux et percepteurs locaux.
 

Chacun dispose d’un délai strict de 48 heures pour répondre. Si aucune dette n’est constatée, l’attestation est délivrée en ligne dans ce même laps de temps. Dans le cas contraire, les montants dus sont signalés pour régularisation avant toute signature. Simple sur le papier, mais surtout beaucoup plus lisible dans la pratique.
 

L’une des évolutions notables concerne l’intégration des communes dans ce circuit numérique. Les percepteurs communaux deviennent des acteurs à part entière du processus, au même titre que l’administration fiscale et la Trésorerie. Une coordination renforcée, qui traduit une volonté d’harmonisation des procédures à l’échelle territoriale.
 

Tout n’est pas encore parfaitement fluide. Les terrains non bâtis restent soumis à une procédure physique, ce qui maintient une zone de friction, notamment pour les promoteurs. De même, certaines communes moins équipées pourraient ralentir la cadence. Mais l’orientation est claire : accélérer la transformation digitale du secteur.
 

Au-delà de la technique, c’est une question de confiance. L’attestation fiscale garantit qu’un bien est en règle, protégeant à la fois l’acheteur et le vendeur. En la rendant plus accessible et plus rapide, l’administration réduit les incertitudes et limite les mauvaises surprises de dernière minute.
 

Cette réforme ne fait pas les gros titres, pourtant elle change concrètement la vie des acteurs de l’immobilier. Moins de paperasse, plus de visibilité, des délais maîtrisés. Dans un marché où chaque jour compte, ce virage numérique pourrait bien redéfinir, en silence, les règles du jeu.





Mardi 14 Avril 2026