Les chiffres publiés par l’Office des changes confirment une tendance désormais bien installée. En 2025, les transferts de fonds des Marocains résidant à l’étranger (MRE) ont atteint plus de 122 milliards de dirhams, contre 118,9 milliards un an plus tôt. La progression est de 2,6 % en glissement annuel. Une hausse modérée, certes, mais significative dans un contexte international encore marqué par l’inflation, le ralentissement économique en Europe et des tensions géopolitiques persistantes.
Les transferts MRE, un pilier discret mais décisif
Ces flux financiers jouent un rôle que les statistiques peinent parfois à traduire pleinement. Ils soutiennent la consommation des ménages, contribuent à l’investissement immobilier et participent à la stabilité des réserves en devises. Dans de nombreuses familles marocaines, ces transferts constituent un filet de sécurité, parfois la condition même de projets éducatifs ou entrepreneuriaux. Leur régularité, malgré les cycles économiques, en fait l’un des piliers les plus fiables de l’économie nationale.
Une balance des services en nette amélioration
Au-delà des transferts MRE, l’année 2025 se distingue par la forte progression de l’excédent de la balance des services, qui s’établit à 159,66 milliards de dirhams, en hausse de 14,2 %. Cette performance résulte d’une augmentation simultanée des exportations de services, en hausse de 11,9 % à 315,03 milliards de dirhams, et des importations, qui progressent de 9,7 % à 155,37 milliards. L’écart reste favorable au Maroc, confirmant le rôle stratégique des services dans la correction partielle des déséquilibres extérieurs.
Le tourisme, moteur central de la dynamique
La balance Voyages illustre le mieux cette dynamique. Son solde positif dépasse 105,12 milliards de dirhams, en hausse de 23,5 %. Les recettes touristiques atteignent plus de 138,1 milliards de dirhams, soit une progression de 20,6 %, tandis que les dépenses liées aux voyages augmentent de 12,3 % à 32,98 milliards. Le différentiel reste largement en faveur du Royaume, porté par la reprise soutenue des arrivées touristiques et par le positionnement du Maroc comme destination stable et attractive.