Par Abdelghani El Arrasse
Le Maroc se trouve aujourd’hui à un moment charnière de son développement économique. L’effort d’investissement public engagé ces dernières années est d’une ampleur exceptionnelle. Les grands projets structurants se multiplient, les infrastructures stratégiques se modernisent et l’État joue pleinement son rôle moteur dans la dynamique de croissance.
Les performances macroéconomiques récentes traduisent cette évolution. Les recettes fiscales ont atteint près de 24,6 % du PIB en 2025, reflet des réformes engagées et d’une meilleure mobilisation des ressources. Le déficit budgétaire a été réduit à environ 3,5 % du PIB, consolidant la crédibilité financière du Royaume.
Dans sa dernière mission au titre de l’Article IV 2026, le Fonds monétaire international (FMI) a salué ces avancées tout en soulignant un point fondamental : l’investissement élevé ne produira pleinement ses effets que s’il s’accompagne d’un renforcement décisif du capital humain, notamment dans l’éducation , la santé et la protection sociale , et d’une gestion prudente des risques budgétaires.
Ce message doit être entendu comme une orientation stratégique.
L’investissement matériel crée la base. Mais le capital humain crée la puissance durable.
Aujourd’hui, le Maroc dispose d’une fenêtre d’opportunité rare pour transformer son élan budgétaire en transformation sociale profonde. Cela suppose de franchir un cap clair et assumé.
Je propose cinq orientations chiffrées pour structurer ce tournant stratégique :
1- Sanctuariser au moins 6 % du PIB pour l’éducation d’ici 2028, avec un objectif prioritaire d’amélioration de la qualité pédagogique, de réduction du décrochage scolaire et de renforcement de la formation technique et professionnelle adaptée aux besoins sectoriels.
2- Porter progressivement l’effort national en santé vers 4 % du PIB, en priorisant la gouvernance hospitalière, la digitalisation du système de santé et la réduction des disparités territoriales dans l’accès aux soins.
3- Affecter au minimum 30 % des surperformances fiscales annuelles à un fonds de stabilisation et d’investissement social, afin de sécuriser les réformes structurelles et absorber les chocs économiques futurs sans fragiliser les équilibres budgétaires.
4- Instaurer une règle d’évaluation systématique de l’impact social pour 100 % des grands projets publics dépassant un milliard de dirhams, avec des indicateurs mesurables d’emploi qualifié, d’inclusion territoriale et de transfert de compétences.
5- Réduire progressivement le déficit budgétaire vers un objectif de 3 % du PIB à moyen terme, afin de consolider la soutenabilité de la dette et préserver la souveraineté financière du pays.
Ces propositions ne constituent pas une rupture budgétaire, mais une réorientation stratégique. Elles s’inscrivent dans la dynamique actuelle de consolidation et renforcent la crédibilité du Maroc sur les marchés internationaux tout en répondant aux attentes sociales internes.
La discipline budgétaire et la justice sociale ne sont pas antagonistes. Elles sont complémentaires. Un pays qui sécurise ses équilibres peut investir durablement dans son capital humain. Un pays qui investit dans son capital humain consolide sa compétitivité et sa stabilité.
Le Maroc est face à un choix décisif : continuer à accumuler des infrastructures ou transformer cet investissement en véritable levier de mobilité sociale et de prospérité partagée.
Le véritable tournant stratégique n’est pas quantitatif. Il est qualitatif.
Faire du capital humain la première priorité nationale pour la décennie à venir n’est pas un slogan. C’est une exigence économique, une nécessité sociale et un impératif patriotique.
Le moment est historique. Les moyens existent. La vision est claire.
Il faut désormais assumer le choix stratégique qui fera de l’investissement public un moteur de gains sociaux durables.
Rédigé par Abdelghani El Arrasse
Membre de l’Alliance des Économistes Istiqlaliens
Les performances macroéconomiques récentes traduisent cette évolution. Les recettes fiscales ont atteint près de 24,6 % du PIB en 2025, reflet des réformes engagées et d’une meilleure mobilisation des ressources. Le déficit budgétaire a été réduit à environ 3,5 % du PIB, consolidant la crédibilité financière du Royaume.
Dans sa dernière mission au titre de l’Article IV 2026, le Fonds monétaire international (FMI) a salué ces avancées tout en soulignant un point fondamental : l’investissement élevé ne produira pleinement ses effets que s’il s’accompagne d’un renforcement décisif du capital humain, notamment dans l’éducation , la santé et la protection sociale , et d’une gestion prudente des risques budgétaires.
Ce message doit être entendu comme une orientation stratégique.
L’investissement matériel crée la base. Mais le capital humain crée la puissance durable.
Aujourd’hui, le Maroc dispose d’une fenêtre d’opportunité rare pour transformer son élan budgétaire en transformation sociale profonde. Cela suppose de franchir un cap clair et assumé.
Je propose cinq orientations chiffrées pour structurer ce tournant stratégique :
1- Sanctuariser au moins 6 % du PIB pour l’éducation d’ici 2028, avec un objectif prioritaire d’amélioration de la qualité pédagogique, de réduction du décrochage scolaire et de renforcement de la formation technique et professionnelle adaptée aux besoins sectoriels.
2- Porter progressivement l’effort national en santé vers 4 % du PIB, en priorisant la gouvernance hospitalière, la digitalisation du système de santé et la réduction des disparités territoriales dans l’accès aux soins.
3- Affecter au minimum 30 % des surperformances fiscales annuelles à un fonds de stabilisation et d’investissement social, afin de sécuriser les réformes structurelles et absorber les chocs économiques futurs sans fragiliser les équilibres budgétaires.
4- Instaurer une règle d’évaluation systématique de l’impact social pour 100 % des grands projets publics dépassant un milliard de dirhams, avec des indicateurs mesurables d’emploi qualifié, d’inclusion territoriale et de transfert de compétences.
5- Réduire progressivement le déficit budgétaire vers un objectif de 3 % du PIB à moyen terme, afin de consolider la soutenabilité de la dette et préserver la souveraineté financière du pays.
Ces propositions ne constituent pas une rupture budgétaire, mais une réorientation stratégique. Elles s’inscrivent dans la dynamique actuelle de consolidation et renforcent la crédibilité du Maroc sur les marchés internationaux tout en répondant aux attentes sociales internes.
La discipline budgétaire et la justice sociale ne sont pas antagonistes. Elles sont complémentaires. Un pays qui sécurise ses équilibres peut investir durablement dans son capital humain. Un pays qui investit dans son capital humain consolide sa compétitivité et sa stabilité.
Le Maroc est face à un choix décisif : continuer à accumuler des infrastructures ou transformer cet investissement en véritable levier de mobilité sociale et de prospérité partagée.
Le véritable tournant stratégique n’est pas quantitatif. Il est qualitatif.
Faire du capital humain la première priorité nationale pour la décennie à venir n’est pas un slogan. C’est une exigence économique, une nécessité sociale et un impératif patriotique.
Le moment est historique. Les moyens existent. La vision est claire.
Il faut désormais assumer le choix stratégique qui fera de l’investissement public un moteur de gains sociaux durables.
Rédigé par Abdelghani El Arrasse
Membre de l’Alliance des Économistes Istiqlaliens