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Transition énergétique : le Maroc sous l’évaluation de l’AIE


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Lundi 6 Avril 2026

Alors que le Royaume s’apprête à franchir un nouveau tournant dans sa politique énergétique, une évaluation stratégique menée par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) est en cours de préparation pour 2026. Entre bilan des acquis, défis de sécurité énergétique et impératifs de décarbonation, Rabat tente de concilier vision de long terme et réactivité face à un environnement international volatile.



Transition énergétique : le Maroc sous l’évaluation de l’AIE

Le Maroc va bientôt être sous les projecteurs des analystes internationaux. L’AIE prépare en effet une troisième revue complète de la politique énergétique du Royaume, un exercice qui n’a lieu qu’en moyenne tous les cinq à six ans et qui sert autant d’audit que de feuille de route prospective. Cette analyse doit passer au crible, entre autres, la sécurité énergétique, la durabilité environnementale, le rôle du pays dans les dynamiques globales des marchés énergétiques et les implications économiques de ces choix. L’enjeu n’est pas anodin : dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques, la forte dépendance du Maroc aux importations de combustibles fossiles reste une vulnérabilité persistante.
 

Ce diagnostic stratégique s’inscrit dans un partenariat renforcé avec l’AIE, réaffirmé lors de la COP29 fin 2024. Cette coopération englobe désormais un large éventail de thématiques techniques, allant de la régulation des marchés de l’électricité et du gaz à l’intégration accrue des énergies renouvelables et de l’hydrogène vert, en passant par la gestion des marchés carbone. Une mission d’experts de l’AIE a déjà posé les bases de ce travail à Rabat en février 2025, avec la participation de Masen, de l’ANRE et d’organisations partenaires comme l’Agence française de développement ou l’Union européenne.
 

Sur le terrain, le Maroc affiche des progrès tangibles. Au terme de l’année 2025, la capacité installée d’énergies renouvelables a plus que doublé par rapport à il y a dix ans, reflétant la montée en puissance du solaire et de l’éolien dans le mix électrique national. L’objectif – inscrit dans les Hautes Orientations Royales – est de porter cette part à près de 52 % à l’horizon 2030, un cap ambitieux qui mêle impératifs climatiques et compétitivité économique.
 

Parallèlement, les autorités multiplient les initiatives pour améliorer l’utilisation de l’énergie. La première Journée de l’efficacité énergétique a ainsi mis en lumière une approche territoriale inédite, avec des plans régionaux visant à économiser jusqu’à 20 % d’énergie par zones, tout en réduisant significativement les émissions de carbone.
 

Pour Rabat, cette double évaluation n’est pas un simple audit technique. Elle arrive à un moment où le Maroc doit non seulement consolider ses acquis déjà reconnus sur la scène internationale mais aussi se préparer à des chocs exogènes potentiels, qu’ils soient géopolitiques ou climatiques. C’est un moment de vérité pour une politique énergétique qui se veut à la fois stratégique, durable et créatrice d’opportunités socio‑économiques pour les générations futures.





Lundi 6 Avril 2026