En 2025, l’activité de transport aérien marocain a dépassé toutes les prévisions : près de 36,4 millions de voyageurs ont été enregistrés, soit une progression d’environ +11,2% par rapport à 2024, selon les dernières données de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF). C’est un record historique qui dépasse largement les niveaux d’avant‑pandémie.
Cette montée en puissance n’est pas un hasard isolé. Elle s’inscrit dans un contexte d’ouverture accrue, de retour du tourisme international et d’une demande intérieure soutenue pour les déplacements aériens. À titre d’exemple, le trafic international s’est envolé de +10,8% en 2025, avec des hausses notables vers l’Europe (+9,9%), le Moyen et l’Extrême‑Orient (+16,4%), l’Amérique (+24,9%) ou encore l’Afrique (+11,4%).
Sur le front domestique, la mobilité interne s’est elle aussi renforcée significativement, avec une croissance de +13,9% des voyages aériens nationaux. Cela montre que les Marocains, jeunes actifs comme familles, utilisent plus fréquemment l’avion pour se déplacer à l’intérieur du Royaume, soulignant ainsi une amélioration de l’accessibilité et des services régionaux.
Du côté du fret aérien indispensable pour l’économie exportatrice et l’intégration dans les chaînes logistiques mondiales l’augmentation a été plus modérée, mais positive, à +5,3%. Cela traduit une reprise progressive des échanges de marchandises, même si ce segment reste soumis aux caprices de l’économie mondiale.
Ports et croisières : une autre face du dynamisme logistique
Le secteur portuaire marocain ne se contente pas d’être en soutien du transport aérien. Sous la houlette de l’Agence Nationale des Ports (ANP), les activités commerciales ont également progressé : 95,6 millions de tonnes de marchandises ont été manutentionnées à fin novembre 2025, soit une augmentation de +5,7%. Cette progression est portée par les importations (+4,6%), les exportations (+4,6%) et surtout par le cabotage, qui affiche une performance spectaculaire de +45,8%.
Côté passagers maritimes, près de 2,3 millions de voyageurs ont transité par les terminaux portuaires, une hausse de +4,5% qui s’ajoute à un secteur croisière en pleine effervescence : avec 341 481 croisiéristes, l’activité croisière progresse de +51%, signe que la façade atlantique comme la Méditerranée séduisent de plus en plus d’itinéraires mondiaux.
Valeur ajoutée du secteur transport : ralentissement ou stabilisation ?
Malgré ces performances impressionnantes en volume, la contribution économique du transport et de l’entreposage à la croissance nationale a modéré son rythme. La valeur ajoutée de ce secteur a progressé de +3,5% au troisième trimestre 2025, portant l’augmentation moyenne à +3,9% au titre des neuf premiers mois de l’année, contre +7,3% l’année précédente.
Cette décélération relative peut surprendre au regard des chiffres de trafic. Elle reflète cependant des défis structurels : coûts logistiques élevés, concurrence internationale accrue, et une transition vers des modèles plus durables qui pèsent temporairement sur les marges. Néanmoins, elle n’enlève rien à la dynamique générale du secteur, qui reste un pilier de l’économie marocaine.
Enjeux et perspectives
Les chiffres de 2025 confirment plusieurs éléments clés : une reprise du tourisme mondial après les perturbations de ces dernières années, une stratégie d’amélioration des infrastructures notamment sous l’impulsion de plans comme Aéroport 2030 et une attractivité continue du Maroc comme plateforme logistique.
Pour les acteurs économiques, ces données invitent à poursuivre les efforts d’optimisation du transport, à renforcer les liaisons régionales et internationales, et à mieux intégrer les segments aérien et maritime dans une chaîne logistique unifiée. L’enjeu est de taille pour un pays qui veut jouer pleinement son rôle de hub entre l’Afrique, l’Europe et au‑delà.
En fin de compte, 2025 n’est pas seulement une année de chiffres records pour le transport au Maroc elle est la preuve que les infrastructures, le tourisme et la stratégie nationale convergent vers un même objectif : celui d’une économie plus ouverte, compétitive et durable. Pour les Marocains de toutes générations, cette trajectoire porte en elle des promesses d’opportunités, d’emplois et de connexions globales renforcées.