Transport par câble : MND installe à Casablanca sa base africaine

La création de MND Africa peut-elle faire du Maroc un point d’appui industriel pour les projets de mobilité du continent ?


Rédigé par le Mardi 6 Octobre 2026

Le groupe industriel français MND, spécialisé notamment dans le transport par câble, a créé une filiale baptisée MND Africa à Casablanca. Annoncée officiellement le 18 septembre et remise en lumière cette semaine à travers les projets africains du groupe, cette implantation vise à soutenir son développement régional. Le choix du Maroc est significatif pour un secteur où téléphériques urbains, équipements touristiques et infrastructures de montagne peuvent répondre à des besoins très différents. Il ne signifie toutefois pas que les projets marocains évoqués sont déjà contractualisés.



​Une filiale africaine à Casablanca

MND a officiellement annoncé le 18 septembre la création de MND Africa, une filiale implantée à Casablanca.

Le groupe français intervient dans plusieurs métiers : mobilité par câble, équipements de montagne, enneigement, sécurité et infrastructures de loisirs. 

Le choix de Casablanca doit permettre à l’entreprise d’appuyer son développement commercial et opérationnel sur le continent.

La création juridique d’une filiale constitue ici un fait établi. Elle doit être distinguée de la conclusion de contrats spécifiques au Maroc.

Pourquoi Casablanca ?

Pour un industriel européen cherchant à se développer en Afrique, le Maroc présente plusieurs avantages : connectivité aérienne, réseaux financiers, proximité avec l’Europe et présence croissante d’entreprises marocaines sur le continent.

Le groupe considère également que le marché marocain peut accueillir plusieurs composantes de sa gamme.

Dans un entretien publié par Le Matin, un responsable de MND explique que le Maroc fait partie des rares marchés où le groupe estime pouvoir développer la totalité de ses métiers. 

Il s’agit toutefois d’une appréciation de l’entreprise et non d’une garantie de marché.

​Le transport par câble au-delà des stations de ski

L’un des enjeux intéressants est l’usage urbain du câble.

Dans certaines villes, téléphériques et télécabines sont utilisés comme solutions de transport collectif lorsque le relief, les cours d’eau ou la densité urbaine rendent les infrastructures classiques plus coûteuses.

Le câble peut présenter l’avantage de limiter l’emprise au sol. En revanche, sa pertinence dépend du volume de voyageurs, de l’intégration avec les autres transports, de l’acceptabilité urbaine et du coût d’exploitation.

Il ne constitue donc pas une solution universelle.

Maroc 2030 : attention aux raccourcis

L’approche de la Coupe du monde 2030 stimule la réflexion sur les infrastructures et les transports au Maroc.

Cela peut créer des opportunités pour des groupes actifs dans les nouvelles formes de mobilité.

Mais aucune entreprise ne doit être présentée comme bénéficiaire d’un projet lié à 2030 tant qu’un marché, un appel d’offres ou un contrat n’est pas documenté.

Plusieurs projets de transport par câble ont été évoqués au Maroc au fil des années, avec des niveaux d’avancement très différents.

​Un signal pour l’écosystème industriel

Au-delà d’éventuels projets marocains, l’installation de MND Africa illustre un autre phénomène : l’utilisation du Maroc comme base régionale pour des activités destinées à l’Afrique.

Pour le Royaume, la valeur ajoutée réelle dépendra cependant du contenu de l’implantation : équipes locales, ingénierie, achats, maintenance, formation ou éventuelle production.

C’est sur ces éléments que l’impact économique devra être mesuré.




Mardi 6 Octobre 2026
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