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Tunisie : 285 violations des droits humains recensées en un an


Rédigé par le Jeudi 26 Mars 2026

Entre mars 2025 et février 2026, l’ONG Intersection pour les droits et les libertés a recensé 285 cas de violations des droits humains en Tunisie. Le rapport publié par l’association met en lumière un large éventail d’atteintes, allant des restrictions de la liberté d’expression au non-respect du droit à un procès équitable, en passant par des atteintes à l’intégrité physique ou à l’accès aux services essentiels. Ces chiffres illustrent un recul significatif des libertés dans le pays, dix ans après la transition démocratique post-révolution.



Contexte politique et pression sur le débat public

Tunisie : 285 violations des droits humains recensées en un an

Le rapport souligne que ces violations s’inscrivent dans un contexte où le pouvoir tunisien adopte une approche sécuritaire pour gérer les tensions sociales et politiques. Depuis le 25 juillet 2021, le président Kaïs Saïed concentre l’essentiel des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, après avoir invoqué l’article 80 de la Constitution pour justifier des mesures exceptionnelles. Cette centralisation du pouvoir a contribué à renforcer le contrôle sur les militants, opposants et citoyens actifs sur les réseaux sociaux, limitant ainsi le débat public et encourageant une forme d’autocensure.
 

Inégalités régionales et marginalisation
 

Le rapport, intitulé “Sous le poids de la marginalisation”, indique que les violations sont particulièrement concentrées dans le nord-ouest du pays, une région considérée comme vulnérable et marginalisée. Les atteintes touchent notamment le droit du travail, les services de base et l’accès à la justice. L’association note que ces pratiques créent un cercle de marginalisation, accentuant les disparités régionales et sociales dans le pays.
 

Réactions et recommandations de l’ONG
 

Lors d’une conférence de presse à Tunis le 17 mars, Intersection pour les droits et libertés a appelé à réformer le cadre législatif et à renforcer l’indépendance de la justice. L’association dénonce l’usage d’articles du Code pénal et du décret 54 de septembre 2022, qui criminalise la diffusion de “fausses informations”, comme instruments pour dissuader toute critique du pouvoir en place. Elle insiste sur la nécessité de protéger les citoyens et de restaurer les libertés fondamentales pour permettre un véritable débat public.
 

L'évolution des droits et libertés
 

Les prochaines mesures du gouvernement et l’orientation du système judiciaire seront déterminantes pour le respect des droits humains en Tunisie. L’ONG prévient que sans changements concrets, le climat autoritaire pourrait continuer à restreindre l’expression et à fragiliser les régions déjà marginalisées.





Mamadou Bilaly Coulibaly
Journaliste et étudiant malien en stage, passionné par la géopolitique, l'histoire et le sport.... En savoir plus sur cet auteur
Jeudi 26 Mars 2026