Un marché colossal enfin connecté
À eux deux, l’UE et l’Inde représentent près d’un quart de la population mondiale et environ 20 % du PIB global. L’accord prévoit la suppression progressive de plus de 90 % des droits de douane entre les deux blocs. Concrètement, il facilitera les échanges dans des secteurs clés comme l’industrie, l’aéronautique et surtout l’automobile.
Un point très attendu concerne les véhicules européens. Certaines taxes indiennes, qui dépassaient jusqu’ici 100 %, doivent progressivement tomber à 10 % pour des volumes définis. Un soulagement pour plusieurs constructeurs, notamment en Allemagne, qui voient dans l’Inde un marché stratégique à long terme.
Ce que l’Inde y gagne
New Delhi n’est pas en reste. L’accord ouvre davantage le marché européen aux exportations indiennes de textile et de produits pharmaceutiques, deux piliers de son économie. En revanche, l’agriculture, secteur ultrasensible des deux côtés, reste largement protégée. Un compromis assumé pour éviter les blocages politiques internes.
Un signal politique autant qu’économique
Au-delà des chiffres, cet accord est aussi un message clair. Européens et Indiens cherchent à diversifier leurs partenariats commerciaux dans un monde marqué par les guerres tarifaires et les incertitudes. L’objectif est affiché : réduire la dépendance à la Chine et sécuriser des chaînes d’approvisionnement jugées trop vulnérables.
La signature marque la fin des négociations, mais pas du processus. Le texte doit encore être ratifié par les instances européennes et indiennes. Une étape cruciale, mais l’essentiel est là : après deux décennies d’attente, Bruxelles et New Delhi ont enfin trouvé un terrain d’entente. Un accord qui pourrait redessiner durablement les équilibres du commerce mondial.