Kyiv de nouveau sous les frappes
La guerre en Ukraine continue de s’enfoncer dans une logique dangereuse : celle des frappes, des représailles et de l’escalade progressive. Dans la nuit du 4 au 5 août 2026, des frappes russes ont touché Kyiv et sa région, faisant au moins 17 morts et 44 blessés, selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Les images de pompiers intervenant sur un entrepôt touché rappellent une évidence que les discours stratégiques finissent souvent par masquer : ce sont les civils qui paient le prix le plus lourd.
Mais cette séquence ne peut pas être lue isolément. Les deux camps ont augmenté ces dernières semaines leurs attaques à longue portée. La Russie aurait plus que doublé son usage de missiles en juillet, tandis que des attaques ont également frappé le territoire russe. Mardi, au moins cinq personnes ont été tuées et dix autres blessées dans la région de Moscou. La guerre ne se limite donc plus au front classique. Elle s’étend, s’épaissit, se banalise dans la profondeur des territoires.
Il faut le dire clairement : rien ne justifie la mort de civils, qu’ils soient ukrainiens, russes ou d'ailleurs. Mais l’analyse impose de regarder le conflit dans sa dynamique réelle. Depuis des mois, chaque camp affirme répondre aux attaques de l’autre, chaque frappe est présentée comme une riposte, chaque riposte prépare la suivante. L’Ukraine, soutenue massivement par les États-Unis et l’Europe, cherche à porter la guerre plus loin dans l’espace russe pour affaiblir Moscou et montrer que le coût du conflit n’est pas supporté uniquement par Kyiv. La Russie, de son côté, présente ses frappes comme une réponse militaire à une guerre devenue plus large, où l’Occident fournit armes, renseignement, financement et profondeur stratégique à l’armée ukrainienne.
Ce point est souvent minimisé dans les lectures occidentales du conflit. Pour Moscou, la guerre n’est plus seulement une confrontation avec l’Ukraine, mais une confrontation indirecte avec l’OTAN. On peut contester cette lecture, mais on ne peut pas l’ignorer si l’on veut comprendre pourquoi le Kremlin poursuit une stratégie d’usure, malgré les sanctions, les pertes et l’isolement diplomatique partiel. La Russie parie sur le temps long, sur la fatigue occidentale, sur les divisions politiques en Europe et sur l’idée que le rapport de force finira par imposer une négociation plus favorable à ses intérêts.
Le problème, c’est que cette logique enferme tout le monde. L’Ukraine refuse de céder des territoires occupés. La Russie refuse de revenir à la situation d’avant-guerre sans garanties sécuritaires. L’Europe continue d’armer Kyiv tout en redoutant une extension du conflit. Les États-Unis oscillent entre soutien militaire, calcul électoral et volonté de ne pas s’engager directement. Résultat : la diplomatie existe dans les communiqués, mais la guerre décide encore sur le terrain.
Vu du Maroc, cette guerre n’est pas lointaine. Elle a déjà touché les prix de l’énergie, les céréales, les engrais, les chaînes logistiques et l’équilibre diplomatique mondial. Rabat, comme beaucoup de pays du Sud global, a intérêt à une désescalade réaliste plutôt qu’à une guerre prolongée transformée en test de prestige entre grandes puissances. Le Maroc sait ce que signifie dépendre des marchés mondiaux quand une crise militaire en Europe fait grimper les coûts pour les ménages, les agriculteurs et les entreprises.
La tragédie de Moscou et de Kyiv rappelle l’urgence de protéger les civils. Mais elle rappelle aussi que l’indignation, seule, ne fait pas une stratégie. Tant que les grandes puissances parleront de paix tout en préparant la prochaine salve, l’Ukraine restera un champ de bataille, la Russie restera dans une logique de siège, et le reste du monde continuera de payer une facture qu’il n’a pas choisie. Pour un pays comme le Maroc, l’enjeu est clair : défendre le droit international, oui, mais aussi plaider pour une sortie politique qui mette fin à une guerre devenue dangereusement mondiale dans ses conséquences.
Mais cette séquence ne peut pas être lue isolément. Les deux camps ont augmenté ces dernières semaines leurs attaques à longue portée. La Russie aurait plus que doublé son usage de missiles en juillet, tandis que des attaques ont également frappé le territoire russe. Mardi, au moins cinq personnes ont été tuées et dix autres blessées dans la région de Moscou. La guerre ne se limite donc plus au front classique. Elle s’étend, s’épaissit, se banalise dans la profondeur des territoires.
Il faut le dire clairement : rien ne justifie la mort de civils, qu’ils soient ukrainiens, russes ou d'ailleurs. Mais l’analyse impose de regarder le conflit dans sa dynamique réelle. Depuis des mois, chaque camp affirme répondre aux attaques de l’autre, chaque frappe est présentée comme une riposte, chaque riposte prépare la suivante. L’Ukraine, soutenue massivement par les États-Unis et l’Europe, cherche à porter la guerre plus loin dans l’espace russe pour affaiblir Moscou et montrer que le coût du conflit n’est pas supporté uniquement par Kyiv. La Russie, de son côté, présente ses frappes comme une réponse militaire à une guerre devenue plus large, où l’Occident fournit armes, renseignement, financement et profondeur stratégique à l’armée ukrainienne.
Ce point est souvent minimisé dans les lectures occidentales du conflit. Pour Moscou, la guerre n’est plus seulement une confrontation avec l’Ukraine, mais une confrontation indirecte avec l’OTAN. On peut contester cette lecture, mais on ne peut pas l’ignorer si l’on veut comprendre pourquoi le Kremlin poursuit une stratégie d’usure, malgré les sanctions, les pertes et l’isolement diplomatique partiel. La Russie parie sur le temps long, sur la fatigue occidentale, sur les divisions politiques en Europe et sur l’idée que le rapport de force finira par imposer une négociation plus favorable à ses intérêts.
Le problème, c’est que cette logique enferme tout le monde. L’Ukraine refuse de céder des territoires occupés. La Russie refuse de revenir à la situation d’avant-guerre sans garanties sécuritaires. L’Europe continue d’armer Kyiv tout en redoutant une extension du conflit. Les États-Unis oscillent entre soutien militaire, calcul électoral et volonté de ne pas s’engager directement. Résultat : la diplomatie existe dans les communiqués, mais la guerre décide encore sur le terrain.
Vu du Maroc, cette guerre n’est pas lointaine. Elle a déjà touché les prix de l’énergie, les céréales, les engrais, les chaînes logistiques et l’équilibre diplomatique mondial. Rabat, comme beaucoup de pays du Sud global, a intérêt à une désescalade réaliste plutôt qu’à une guerre prolongée transformée en test de prestige entre grandes puissances. Le Maroc sait ce que signifie dépendre des marchés mondiaux quand une crise militaire en Europe fait grimper les coûts pour les ménages, les agriculteurs et les entreprises.
La tragédie de Moscou et de Kyiv rappelle l’urgence de protéger les civils. Mais elle rappelle aussi que l’indignation, seule, ne fait pas une stratégie. Tant que les grandes puissances parleront de paix tout en préparant la prochaine salve, l’Ukraine restera un champ de bataille, la Russie restera dans une logique de siège, et le reste du monde continuera de payer une facture qu’il n’a pas choisie. Pour un pays comme le Maroc, l’enjeu est clair : défendre le droit international, oui, mais aussi plaider pour une sortie politique qui mette fin à une guerre devenue dangereusement mondiale dans ses conséquences.



