Une déclaration politique au ton ferme
À l’issue du sommet, l’Élysée a rendu publique la Déclaration de Paris, un texte qui marque un tournant. Les participants y saluent les avancées diplomatiques en cours entre Washington, Kiev, les partenaires européens et d’autres alliés, tout en posant une ligne rouge : la sécurité de l’Ukraine ne peut être négociée à la baisse.
Le message est limpide. La capacité de l’Ukraine à se défendre est considérée comme un pilier central, non seulement pour sa propre souveraineté, mais aussi pour l’équilibre de la sécurité euro-atlantique. Autrement dit, ce qui se joue à Kiev dépasse largement les frontières ukrainiennes.
Des garanties de sécurité activables dès le cessez-le-feu
C’est le cœur de l’engagement parisien. Les membres de la Coalition se disent prêts à mettre en place un système de garanties de sécurité contraignantes, qui entrerait en vigueur dès l’instauration d’un cessez-le-feu crédible. Ces garanties viendraient compléter les accords bilatéraux existants, sans les remplacer.
Concrètement, le dispositif envisagé comprend un mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu, piloté par les États-Unis, avec la contribution opérationnelle des pays de la Coalition. Une commission dédiée serait chargée d’examiner les violations potentielles et d’y répondre rapidement. L’idée est claire : éviter les scénarios de cessez-le-feu gelé ou vidé de sa substance.
Soutien militaire : le long terme assumé
Le sommet de Paris confirme aussi une autre réalité : le soutien militaire à l’Ukraine s’inscrit dans la durée. Les alliés ont réaffirmé leur engagement à fournir des livraisons d’armement, un appui financier, un soutien budgétaire, ainsi qu’un accès élargi à des capacités de défense avancées.
À cela s’ajoute un soutien technique aux infrastructures de défense, jugé essentiel pour permettre à l’armée ukrainienne de maintenir ses capacités sur le terrain. Le message est assumé, sans détour : la dissuasion reste un levier central de la paix.
Vers une force multinationale de réassurance
Autre annonce clé : la création d’une force multinationale destinée à soutenir la reconstitution et la dissuasion des forces ukrainiennes. Cette force interviendrait à la demande de Kiev, une fois les hostilités effectivement stoppées.
Les mesures prévues couvrent les airs, la mer et la terre, avec une logique de réassurance militaire. L’Europe piloterait ce dispositif, avec le soutien de partenaires non européens et la participation des États-Unis. Un signal fort, à l’heure où certains doutaient encore de la capacité des Européens à agir de manière coordonnée.
Ce rendez-vous parisien intervient dans un moment charnière. Les alliés cherchent à éviter les erreurs du passé, où des accords mal sécurisés ont ouvert la voie à de nouvelles escalades. Ici, le mot d’ordre est simple : pas de paix sans garanties crédibles.