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Un traitement anti-âge à base de peau humaine suscite l’intérêt et la controverse


Un soin esthétique développé en Corée du Sud utilise des tissus cutanés issus de donneurs décédés pour améliorer la qualité de la peau, malgré l’absence d’autorisation de la FDA.



Un traitement anti-âge à base de peau humaine suscite l’intérêt et la controverse
Alors que certaines techniques esthétiques repoussent toujours plus loin les limites de la médecine anti-âge, un nouveau traitement développé en Corée du Sud attire l’attention. Baptisé Elravie Re2O, ce soin utilise des tissus cutanés humains prélevés sur des donneurs décédés afin d’aider la peau à retrouver densité, élasticité et apparence plus jeune.

Le traitement, dont le nom évoque l’idée d’un « retour à la vingtaine », n’a pas encore reçu l’approbation de la Food and Drug Administration américaine. Malgré cela, certaines cliniques aux États-Unis, notamment à New York, auraient déjà commencé à le proposer de manière limitée. La société à l’origine du produit espère obtenir une autorisation officielle et le commercialiser sur le marché américain d’ici 2027.

Le procédé repose sur l’utilisation d’échantillons de peau provenant de donneurs décédés aux États-Unis, après obtention des autorisations nécessaires. Ces tissus sont ensuite envoyés dans des laboratoires spécialisés où toutes les cellules humaines ainsi que le matériel génétique sont retirés.

Il ne reste alors que la matrice extracellulaire, une structure naturelle riche en collagène, élastine, acide hyaluronique et glycoprotéines adhésives. Cette matrice agit comme une sorte d’échafaudage biologique, permettant aux cellules cutanées du patient de s’y fixer, de se développer et de participer à la reconstruction des tissus.

Selon les spécialistes, l’élimination des cellules permet de réduire les risques de rejet immunitaire ou de réactions allergiques, tout en préservant les composants essentiels à la régénération de la peau.

Contrairement aux injections esthétiques classiques, qui visent souvent à apporter du volume ou une hydratation temporaire, "Elravie Re2O" ambitionne de renforcer la structure même de la peau. Le médecin britannique et expert en esthétique **Ben Taylor Davies** a expliqué au journal "Metro" que ce traitement cherche davantage à reconstruire le soutien naturel du derme qu’à simplement combler les rides.

Sur le plan médical, le produit est décrit comme une "matrice dermique humaine traitée", une appellation plus précise que les formulations sensationnalistes évoquant du collagène issu de cadavres. Le produit final contient un réseau préservé de collagène humain, d’élastine, d’acide hyaluronique et de protéines favorisant l’adhésion et la croissance des cellules cutanées.

En Corée du Sud, le traitement est déjà utilisé dans certaines cliniques dermatologiques depuis la fin de l’année 2024. Le docteur Kim Han-sim, dermatologue à Séoul, affirme que l’absence de cellules dans les tissus réduit fortement les risques de rejet par le système immunitaire et d’effets allergiques.

Certaines patientes rapportent par ailleurs une procédure relativement simple. L’une d’elles a indiqué avoir appliqué une crème anesthésiante avant les injections et n’avoir ressenti qu’une douleur très légère, estimée à un niveau de un sur dix.

Les premiers retours suggèrent que ce soin pourrait contribuer à améliorer la densité et l’élasticité de la peau, réduire l’apparence des rides et ridules, renforcer l’hydratation cutanée et diminuer la visibilité des pores. Le résultat recherché est une peau plus lisse, plus ferme et plus homogène.

Toutefois, l’utilisation de tissus humains donnés soulève aussi des interrogations. Même si les risques sont considérés comme faibles lorsque les protocoles de sélection des donneurs et de fabrication sont strictement respectés, ils ne sont pas inexistants. Des réactions immunitaires, une contamination ou une infection restent théoriquement possibles.

Entre promesse de régénération cutanée et prudence réglementaire, "Elravie Re2O" illustre l’évolution rapide du marché de l’esthétique anti-âge. Son avenir dépendra désormais de sa validation scientifique, de son encadrement médical et de l’approbation des autorités sanitaires, notamment aux États-Unis.

Mercredi 29 Juillet 2026



Rédigé par le Mercredi 29 Juillet 2026