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VTC au Maroc: vers une régulation sous l’arbitrage de l’Intérieur, sur fond de tensions croissantes


Rédigé par le Jeudi 29 Janvier 2026

Le développement accéléré du transport de personnes via applications mobiles au Maroc continue de s’opérer dans une zone grise juridique, nourrissant tensions, heurts et incertitudes sur le terrain. Face à l’ampleur du phénomène et aux difficultés de contrôle, les acteurs du secteur convergent désormais vers une option jugée incontournable: une régulation formelle placée sous l’égide du ministère de l’Intérieur, annoncée comme imminente.



Une initiative syndicale pour encadrer l’activité

VTC au Maroc: vers une régulation sous l’arbitrage de l’Intérieur, sur fond de tensions croissantes
Dans ce contexte, la Confédération démocratique du transport (CDT) a pris l’initiative de faire reconnaître l’exercice du transport via applications, à condition de le soumettre à une autorisation octroyée à des chauffeurs affiliés à ses structures. Objectif affiché: transformer une activité largement perçue comme non autorisée en un dispositif organisé, traçable et contrôlable par les pouvoirs publics.

Selon des éléments rapportés par Al Ahdath Al Maghribia, le syndicat a déposé en début de semaine des demandes d’autorisation auprès du ministère de l’Intérieur et des autorités locales concernées. La démarche repose sur des dossiers individuels, soumis chauffeur par chauffeur, destinés à offrir une photographie précise de l’activité. Ces dossiers compilent des données professionnelles détaillées: années d’expérience, volume de courses, évaluations clients, plages horaires de travail, ainsi que les plateformes utilisées. Pour la CDT, il s’agit d’alimenter la décision publique par des éléments concrets, afin d’éviter une réponse strictement répressive ou improvisée.

L’Intérieur prépare une réforme globale et participative
En parallèle, le ministère de l’Intérieur confirme un traitement du dossier à un niveau structurel. Le ministre Abdelouafi Laftit a indiqué que son département travaille à une réforme législative et réglementaire d’ensemble pour encadrer le transport via applications, avec une ligne directrice: concilier modernisation des services et respect du cadre juridique.

L’approche se veut participative et interministérielle, avec pour ambition de clarifier les règles régissant l’intermédiation numérique entre chauffeurs et usagers. L’enjeu: instaurer un équilibre entre les opérateurs historiques (taxis) et les nouveaux acteurs, tout en garantissant la sécurité, la qualité de service et la loyauté de la concurrence.

Cette accélération intervient dans un contexte de crispation. L’absence de règles communes et la perception d’une concurrence déloyale attisent les frictions entre chauffeurs de taxis et conducteurs opérant via applications. Les autorités, confrontées à une activité déjà ancrée dans les usages quotidiens, peinent à en maîtriser les contours. Dans l’attente d’un dispositif définitif, le ministère de l’Intérieur affirme accompagner les professionnels au moyen de décisions préfectorales encadrant les conditions d’exercice, afin d’assurer la conformité aux textes en vigueur et la protection des droits des usagers comme des travailleurs.

Les syndicats défendent une position faite de fermeté et d’ouverture: mettre fin au transport non autorisé et renforcer les contrôles, tout en assumant une adhésion au virage numérique. Leur revendication centrale demeure l’intégration des applications dans un cadre légal clair, équitable et opérationnel. Seule une régulation aboutie, estiment-ils, permettra de stabiliser le secteur, d’apaiser les tensions et de répondre aux attentes d’un public de plus en plus attaché à des services modernes, fiables et accessibles.




Mohamed Ait Bellahcen
Un ingénieur passionné par la technique, mordu de mécanique et avide d'une liberté que seuls l'auto... En savoir plus sur cet auteur
Jeudi 29 Janvier 2026