Un salon qui dit beaucoup sur le Maroc d’aujourd’hui
Choisir Casablanca pour un tel événement n’est pas un hasard. Cette ville, déjà moteur économique du Royaume, devient de plus en plus le point de convergence des investissements industriels internationaux. À mes yeux, c’est un signal fort lancé au monde : le Maroc n’est plus une étape périphérique, mais un acteur central de la révolution industrielle en Afrique.
La présence de multinationales comme SAP, ENGIE, Sumitomo Corporation ou Zoho Corporation, exposant pour la première fois dans une manifestation manufacturière au Maroc, prouve que les grandes décisions d’investissement ne se prennent plus sans tenir compte du marché marocain et africain.
Mais au-delà des grands noms, ce salon met également en lumière un écosystème plus large. Des entreprises comme Schneider Electric, Teledyne, Vivo Energy ou OCP Circular Technologies participent activement aux échanges et montrent l’intégration progressive du Royaume dans les chaînes de valeur mondiales.
Quand les startups prennent leur place sur la scène industrielle
Ce qui distingue aussi WAM Morocco de nombreux salons traditionnels, c’est son espace dédié à l’innovation des jeunes pousses. Avec le soutien d’Invest India, le pavillon international de startups offre une vitrine rare aux entrepreneurs pour capter l’attention d’investisseurs, de partenaires industriels et de décideurs.
Parmi les moments forts figure le Supernova Challenge, une compétition qui a attiré plus de 40 startups autour de thèmes cruciaux : robotique, automatisation industrielle, logistique intelligente, matériaux durables ou encore plateformes IoT. Un prix de 10 000 USD est offert aux projets les plus prometteurs, une somme modeste peut-être, mais symbolique dans l’écosystème africain en pleine structuration.
Ces jeunes entreprises, souvent issues de contextes très différents, racontent une même histoire : celle d’un continent en quête de solutions propriétaires, capables de répondre aux défis uniques du marché africain. Au passage, elles rappellent que l’innovation ne se nourrit pas seulement des gros capitaux, mais aussi de la créativité locale et de la capacité à connecter des idées audacieuses à des besoins réels.
Le Maroc comme hub continental… avec défis
WAM Morocco s’inscrit dans une stratégie plus large du Royaume : devenir hub industriel reliant l’Afrique à l’Europe et au Moyen-Orient, en misant sur l’industrie 4.0, la durabilité et l’attractivité internationale. Ce salon, associé à GITEX Africa, s’appuie sur une vision partagée entre autorités publiques, fédérations industrielles et acteurs privés pour accélérer la transformation économique.
Pourtant, cette dynamique ne doit pas masquer les défis qui subsistent. La question du transfert effectif de technologies, de la montée en compétences locales et de l’adaptation des formations aux besoins réels du secteur demeure cruciale. Les ambitions sont grandes ; leur réalisation nécessitera un effort coordonné entre gouvernement, entreprises et institutions éducatives.
À Casablanca, WAM Morocco n’est pas seulement un salon : c’est l’expression d’une aspiration collective. Celle d’un Maroc qui souhaite non seulement attirer les technologies du futur, mais aussi fabriquer ce futur ici même, en Afrique. Le défi est à la hauteur des espoirs. Mais à voir l’effervescence qui règne dans les halls de la Foire internationale, on sent que le Royaume n’est plus seulement observateur : il prend sa place dans la course mondiale vers l’industrie intelligente et la mobilité durable. Pour les acteurs économiques marocains de 24 à 54 ans, ce moment historique est une invitation à s’engager, à innover et à rêver plus grand encore.