Or, l’employabilité n’est pas un concept abstrait. C’est une réalité sociale, économique et humaine.
Au Maroc, une grande partie des jeunes accède au marché du travail par les métiers des services : centres d’appel, marketing digital, support client, production de contenu, gestion administrative.
Ces métiers ont longtemps constitué des tremplins, des espaces d’apprentissage, des premières expériences professionnelles. Aujourd’hui, ces tremplins se fragilisent.
Non pas parce que les jeunes manquent de compétences ou de motivation, mais parce que la nature même des compétences demandées est en train de changer radicalement.
Les tâches qui structuraient ces métiers sont désormais automatisables. Rédiger, répondre, analyser, traduire, organiser : autant d’activités que les systèmes d’intelligence artificielle réalisent de plus en plus efficacement.
Le risque est simple : une génération formée pour des métiers qui disparaissent plus vite qu’ils ne se transforment.
Ces métiers ont longtemps constitué des tremplins, des espaces d’apprentissage, des premières expériences professionnelles. Aujourd’hui, ces tremplins se fragilisent.
Non pas parce que les jeunes manquent de compétences ou de motivation, mais parce que la nature même des compétences demandées est en train de changer radicalement.
Les tâches qui structuraient ces métiers sont désormais automatisables. Rédiger, répondre, analyser, traduire, organiser : autant d’activités que les systèmes d’intelligence artificielle réalisent de plus en plus efficacement.
Le risque est simple : une génération formée pour des métiers qui disparaissent plus vite qu’ils ne se transforment.
Le problème, encore une fois, n’est pas l’intelligence artificielle.
Le problème est notre incapacité à anticiper ses effets sur l’employabilité.
Car comme je l’ai souvent rappelé, l’intelligence artificielle n’est pas une intelligence. Elle est une capacité statistique d’exécution. Elle ne pense pas, elle ne comprend pas, elle ne prend pas de responsabilité.
Mais elle exécute vite, à grande échelle, et à moindre coût.
Dans une logique purement économique, il est donc rationnel pour une entreprise de remplacer certaines tâches humaines par des systèmes automatisés.
Mais dans une logique sociétale, cela pose une question fondamentale : que deviennent ceux dont l’employabilité reposait précisément sur ces tâches ?
C’est ici que se joue l’essentiel.
L’employabilité des jeunes ne peut plus être pensée uniquement en termes de formation ou de diplômes. Elle doit être repensée en termes de positionnement dans la chaîne de valeur.
Être employable aujourd’hui, ce n’est plus savoir exécuter une tâche. C’est savoir concevoir, piloter, interpréter, contextualiser.
Autrement dit, passer d’une logique d’exécution à une logique de maîtrise.
Cela suppose une transformation profonde de notre système éducatif, mais aussi de nos représentations du travail.
Former des jeunes à utiliser des outils d’IA ne suffit pas. Cela peut même, paradoxalement, accélérer leur remplacement s’ils restent positionnés sur des tâches automatisables.
Il faut former des jeunes capables de comprendre les logiques algorithmiques, de questionner les résultats produits par les systèmes, de créer de la valeur là où l’IA ne peut pas aller : dans la relation, la culture, le contexte, le sens.
Car comme je l’ai souvent rappelé, l’intelligence artificielle n’est pas une intelligence. Elle est une capacité statistique d’exécution. Elle ne pense pas, elle ne comprend pas, elle ne prend pas de responsabilité.
Mais elle exécute vite, à grande échelle, et à moindre coût.
Dans une logique purement économique, il est donc rationnel pour une entreprise de remplacer certaines tâches humaines par des systèmes automatisés.
Mais dans une logique sociétale, cela pose une question fondamentale : que deviennent ceux dont l’employabilité reposait précisément sur ces tâches ?
C’est ici que se joue l’essentiel.
L’employabilité des jeunes ne peut plus être pensée uniquement en termes de formation ou de diplômes. Elle doit être repensée en termes de positionnement dans la chaîne de valeur.
Être employable aujourd’hui, ce n’est plus savoir exécuter une tâche. C’est savoir concevoir, piloter, interpréter, contextualiser.
Autrement dit, passer d’une logique d’exécution à une logique de maîtrise.
Cela suppose une transformation profonde de notre système éducatif, mais aussi de nos représentations du travail.
Former des jeunes à utiliser des outils d’IA ne suffit pas. Cela peut même, paradoxalement, accélérer leur remplacement s’ils restent positionnés sur des tâches automatisables.
Il faut former des jeunes capables de comprendre les logiques algorithmiques, de questionner les résultats produits par les systèmes, de créer de la valeur là où l’IA ne peut pas aller : dans la relation, la culture, le contexte, le sens.
Il faut également repenser les métiers des services eux-mêmes.
Un centre d’appel ne peut plus être un simple espace d’exécution. Il doit devenir un lieu d’intelligence relationnelle. Le marketing ne peut plus se limiter à produire du contenu.
Il doit redevenir stratégique. Le freelancing ne peut plus être une simple production à la demande. Il doit s’inscrire dans une logique de spécialisation et de valeur ajoutée.
Enfin, il y a une dimension essentielle que nous ne pouvons pas ignorer : celle de la souveraineté.
Si nous continuons à utiliser des outils conçus ailleurs, sans développer nos propres approches, nos propres modèles, nos propres référentiels, nous resterons dans une position de dépendance.
Et dans cette configuration, l’employabilité de nos jeunes sera toujours fragile, car elle dépendra de décisions prises ailleurs.
Le modèle du Maâlam que je défends apporte ici un éclairage utile. Le Maâlam n’est pas un exécutant. Il est celui qui comprend, qui conçoit, qui transmet et qui assume. À l’ère de l’intelligence artificielle, cette posture devient centrale.
Il doit redevenir stratégique. Le freelancing ne peut plus être une simple production à la demande. Il doit s’inscrire dans une logique de spécialisation et de valeur ajoutée.
Enfin, il y a une dimension essentielle que nous ne pouvons pas ignorer : celle de la souveraineté.
Si nous continuons à utiliser des outils conçus ailleurs, sans développer nos propres approches, nos propres modèles, nos propres référentiels, nous resterons dans une position de dépendance.
Et dans cette configuration, l’employabilité de nos jeunes sera toujours fragile, car elle dépendra de décisions prises ailleurs.
Le modèle du Maâlam que je défends apporte ici un éclairage utile. Le Maâlam n’est pas un exécutant. Il est celui qui comprend, qui conçoit, qui transmet et qui assume. À l’ère de l’intelligence artificielle, cette posture devient centrale.
Wald Maâlam, lui, observe, apprend, corrige et interroge.
Comme hier face au Maâlam, il comprend aujourd’hui que la valeur ne réside pas dans l’outil, mais dans la capacité à penser, à interpréter et à donner du sens.
Nous devons former des “Wald Maâlam numériques”, capables de dialoguer avec les machines sans leur être subordonnés.
L’enjeu est clair.
Si nous ne faisons rien, nous risquons de produire une génération de jeunes formés, connectés, mais structurellement inemployables dans un marché du travail transformé par l’intelligence artificielle.
Si nous agissons, nous pouvons au contraire faire émerger une génération capable de maîtriser ces transformations et d’en tirer parti.
La question n’est donc pas de savoir si l’intelligence artificielle va impacter l’emploi.
Elle le fait déjà.
Nous devons former des “Wald Maâlam numériques”, capables de dialoguer avec les machines sans leur être subordonnés.
L’enjeu est clair.
Si nous ne faisons rien, nous risquons de produire une génération de jeunes formés, connectés, mais structurellement inemployables dans un marché du travail transformé par l’intelligence artificielle.
Si nous agissons, nous pouvons au contraire faire émerger une génération capable de maîtriser ces transformations et d’en tirer parti.
La question n’est donc pas de savoir si l’intelligence artificielle va impacter l’emploi.
Elle le fait déjà.
La vraie question est celle-ci : sommes-nous en train de préparer l’employabilité de nos jeunes… ou d’organiser, sans le dire, leur déclassement ?
Encadré – Cinq décisions urgentes pour préserver l’employabilité des jeunes marocains :
- Premièrement, intégrer l’IA comme discipline de pensée dans les programmes éducatifs, en mettant l’accent sur la logique algorithmique et l’esprit critique.
- Deuxièmement, transformer les métiers des services vers des fonctions à forte valeur relationnelle, culturelle et stratégique.
- Troisièmement, soutenir les écosystèmes locaux d’innovation pour produire des solutions adaptées au contexte marocain.
- Quatrièmement, déployer des dispositifs de requalification rapide pour les jeunes exposés à l’automatisation.
- Cinquièmement, construire une souveraineté numérique et algorithmique pour sécuriser durablement l’employabilité.
Par Dr Az-Eddine Bennani.
- Premièrement, intégrer l’IA comme discipline de pensée dans les programmes éducatifs, en mettant l’accent sur la logique algorithmique et l’esprit critique.
- Deuxièmement, transformer les métiers des services vers des fonctions à forte valeur relationnelle, culturelle et stratégique.
- Troisièmement, soutenir les écosystèmes locaux d’innovation pour produire des solutions adaptées au contexte marocain.
- Quatrièmement, déployer des dispositifs de requalification rapide pour les jeunes exposés à l’automatisation.
- Cinquièmement, construire une souveraineté numérique et algorithmique pour sécuriser durablement l’employabilité.
Par Dr Az-Eddine Bennani.
