Le marché des objets connectés de santé entre dans une nouvelle phase. Avec le Whoop 5.0, et surtout sa déclinaison la plus avancée Whoop MG, la marque américaine ne se contente plus de suivre le sommeil, la récupération ou l’effort : elle tente de s’installer sur le terrain plus sensible de la surveillance physiologique continue. L’ambition est claire : réunir la discrétion analytique d’une Oura Ring et certaines fonctions médicalisées popularisées par l’Apple Watch.
Dans les faits, Whoop pousse plus loin sa logique historique. Le bracelet reste pensé comme un tracker porté en permanence, centré sur les données de sommeil, de charge physique, de stress et de récupération, mais il y ajoute désormais un discours de “longévité” avec Healthspan, censé mesurer le rythme de vieillissement physiologique. Le fabricant met aussi en avant une autonomie pouvant aller jusqu’à 14 jours, un argument non négligeable face aux montres connectées plus gourmandes en énergie.
La vraie rupture, toutefois, concerne la santé cardiovasculaire. Whoop affirme proposer un ECG “medical-grade”, mais cette fonction n’est pas disponible sur tout l’écosystème : elle est réservée au Whoop MG, et son accès dépend aussi des autorisations réglementaires selon les pays. Autrement dit, parler du “Whoop 5.0” comme d’un bracelet ECG universel serait aller un peu vite.
Même prudence sur la tension artérielle. Whoop propose bien des “Blood Pressure Insights”, avec lecture quotidienne depuis le poignet après une calibration initiale à l’aide d’un brassard classique. Mais la marque précise elle-même qu’il s’agit d’une fonction de bien-être et non d’un dispositif médical homologué pour remplacer une prise de tension conventionnelle. C’est un point important, surtout dans un marché où les frontières entre prévention, coaching santé et médecine grand public deviennent de plus en plus floues.
Le pari de Whoop est donc audacieux. Là où Oura séduit par sa sobriété et Apple par la polyvalence de sa montre, Whoop tente d’imposer une troisième voie : celle d’un bracelet sans écran, plus discret, mais de plus en plus ambitieux sur le terrain médical. Reste une question, essentielle : le public veut-il vraiment un coach de performance… ou déjà un quasi-compagnon clinique au poignet ?