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​« Inflation, pétrole et technologie : les marchés internationaux à l’heure des arbitrages »


Rédigé par AFI le Samedi 17 Octobre 2026



​« Inflation, pétrole et technologie : les marchés internationaux à l’heure des arbitrages »
Focus de la semaine : l’inflation
Cette semaine, les publications de septembre rappellent que la bataille contre l’inflation n’est pas terminée, même si les situations diffèrent nettement selon les économies.

En Inde, l’inflation annuelle atteint 5,54%, contre 4,83% en août et un consensus de 5,40%. L’accélération provient principalement de l’alimentation, dont les prix augmentent de 7,74%. Cette surprise renforce la perspective de nouvelles hausses de taux, après le resserrement déjà décidé par la banque centrale.

En Chine, l’inflation reste faible : 0,9% sur un an, après 0,8%, contre 1,0% attendu. Mais cette modération masque une pression croissante en amont : les prix à la production bondissent de 5%, contre 3,8% précédemment et 4,5% anticipés, notamment sous l’effet de l’énergie et des métaux.

Aux États-Unis, l’inflation annuelle ressort à 3,7%, après 3,4%, contre 3,6% attendu. Hors alimentation et énergie, elle atteint 2,6%, contre 2,4% précédemment et 2,5% anticipés. Les pressions dépassent donc les seuls carburants, compliquant les décisions de la Fed.

Enfin, en Allemagne, les prix de gros accélèrent à 8,7% sur un an, après 6,8%, et progressent de 1,9% sur un mois contre 0,7% anticipés. L’énergie et les métaux alimentent cette hausse, signalant des risques persistants de transmission aux prix finaux.
 

 
 
Pourquoi suivre l’inflation et les indicateurs économiques qui l’accompagnent ? Parce qu’ils permettent de mieux anticiper les décisions des banques centrales et les mouvements des marchés obligataires. L’inflation sous-jacente, les salaires, l’emploi, la consommation ou les prix à la production aident à distinguer une hausse temporaire des prix d’une pression plus durable. C’est cette persistance, confrontée aux perspectives de croissance, qui influence les choix de politique monétaire.

Mais les investisseurs n’attendent pas nécessairement la prochaine réunion pour réagir. Les rendements obligataires intègrent déjà une trajectoire anticipée des taux directeurs. Une inflation supérieure au consensus peut donc entraîner une remontée des rendements, si elle conduit le marché à prévoir davantage de hausses de taux ou un maintien prolongé à des niveaux élevés. À l’inverse, une désinflation plus rapide peut favoriser leur détente. L’important n’est donc pas seulement le chiffre publié, mais aussi son écart par rapport aux attentes et ce qu’il change pour les prochains mois.

Attention toutefois : cette relation n’est pas mécanique. Les taux longs dépendent également des perspectives de croissance, des besoins de financement des États, de la liquidité et des primes de risque. Suivre ces indicateurs permet ainsi d’éclairer les arbitrages entre actions et obligations, sans prétendre prédire chaque mouvement de marché.
 
L’Essentiel du calendrier économique international du 12 au 16 octobre 2026
Aux Assemblées de Bangkok, le FMI prévoit une croissance mondiale de 3,1% en 2026, contre 3,0% anticipés en juillet, puis 3,4% en 2027. Il recommande de reconstituer les marges budgétaires et de cibler les aides aux ménages vulnérables. Les discussions sur la dette et l’énergie restent déterminantes : une prolongation du conflit au Moyen-Orient ou des perturbations d’Ormuz fragiliserait ces perspectives.
 
Chine

Les exportations bondissent de 36,3% en glissement annuel en septembre, contre 25,5% attendus, et les importations de 31%, contre 24,5%. L’excédent commercial dépasse ainsi les prévisions à 133,53 milliards de dollars.
 
Japon
Les commandes de machines augmentent de 18,6% en glissement annuel en août, dépassant les 15,7% attendus. Cette accélération constitue un signal favorable aux perspectives d’investissement des entreprises.
 
Corée du Sud
Le chômage recule à 2,6% en septembre, après 2,7%.
 
Inde
Le déficit commercial se creuse à 30,21 milliards de dollars en septembre, après 26,86 milliards. Cette dégradation accroît le besoin de financement extérieur.
 
Europe continentale
La production industrielle de la zone euro baisse de 0,5% sur un mois en août, contre une stabilité attendue. La balance commerciale devient déficitaire de 16,1 milliards d’euros, soulignant la fragilité extérieure.


 
Royaume-Uni
Le PIB progresse de 0,1% mensuellement en août, contre -0,1% attendu. La production manufacturière augmente de 1,2%, déjouant également les prévisions de recul.
 
États-Unis
Les ventes au détail progressent de 0,8% sur un mois en septembre, contre 0,3% attendu. Toutefois, leur composante « Control Group », qui exclut les secteurs les plus volatils, nuance la vigueur de la consommation.
 
Canada
Les mises en chantier atteignent 248 000 unités en septembre, contre 242 000 en août après révision, et dépassent le consensus de 232 500.
 
Brésil
Les ventes au détail augmentent de 0,1% mensuellement en août, sous les 0,7% attendus. La confiance des entreprises remonte néanmoins à 46,2 en octobre.


 
Principaux indices mondiaux, pétrole et or le 16 octobre 2026 à 16h30
La semaine a été dominée par une rotation sectorielle : les investisseurs ont réduit leur exposition à la technologie, particulièrement en Asie, au profit de segments plus défensifs. Les interrogations sur le financement de l’intelligence artificielle et la concurrence dans les semi-conducteurs ont pesé sur les actions, tandis que les tensions énergétiques ont soutenu le pétrole.
 
MSCI World

Le MSCI World recule de 0,75% sur la semaine. Les inquiétudes entourant l’endettement de CoreWeave ont ravivé les interrogations sur la soutenabilité des investissements dans l’IA. La hausse européenne n’a pas compensé la correction technologique américaine et japonaise. Le mouvement traduit davantage une remise en question des valorisations et du financement qu’un désengagement uniforme des actions.
 
MSCI Emerging Markets

Le MSCI Emerging Markets perd 5,23%. Les marchés asiatiques exposés aux semi-conducteurs ont particulièrement souffert des craintes de concurrence chinoise et du retournement des positions liées à l’IA. La proposition de MSCI de retirer à l’Indonésie son statut de marché émergent a ajouté un risque de sorties de capitaux, renforçant la nervosité régionale.
 
Chine
Le CSI 300 baisse de 3,40%, le Shanghai Composite de 2,56% et le ChiNext de 8,90%. La correction disproportionnée de ce dernier illustre la vulnérabilité des valeurs de croissance. Les préoccupations concernant les valorisations technologiques, les restrictions commerciales et les perspectives bénéficiaires ont entretenu les ventes, malgré les avancées industrielles chinoises dans les mémoires électroniques.
 
Japon
Le Nikkei 225 abandonne 5,37%, malgré son rebond vendredi. Les valeurs technologiques ont subi la contagion du mouvement mondial de défiance envers l’IA. Les progrès annoncés par ChangXin Memory Technologies ont également accentué les inquiétudes concurrentielles dans les semi-conducteurs. Le rebond de fin de semaine n’efface donc pas une correction marquée des positions accumulées auparavant.
 
Europe continentale
Le STOXX Europe 600 gagne 2,09%. Les publications d’entreprises ont soutenu la confiance, notamment grâce aux commandes d’Aixtron et au relèvement des objectifs de marge de Nordex. La santé et l’agroalimentaire ont également bénéficié des arbitrages sectoriels. Le reflux des rendements obligataires en fin de période a apporté un soutien supplémentaire aux valorisations.
 
Royaume-Uni
Le FTSE 100 progresse de 3,13%, surperformant les autres grands indices suivis. Sa moindre dépendance aux valeurs technologiques s’inscrit favorablement dans la rotation observée. La recherche de secteurs défensifs a notamment profité à certaines valeurs de consommation et de défense, même si les banques et les mines ont connu une séance plus difficile vendredi.
 
États-Unis
Le S&P 500 recule de 1,40% et le Nasdaq 100 de 4,56%, tandis que le Dow Jones gagne 1%. Cette divergence souligne les arbitrages hors technologie. Les difficultés de CoreWeave et la pression sur les fabricants de puces ont concentré les ventes ; la meilleure résistance de la santé et d’autres secteurs a soutenu le Dow.
 
Brent et Or
Le Brent augmente de 3,61%, soutenu par les attaques autour d’Ormuz et la forte diminution des stocks américains. Les discussions sur un assouplissement des sanctions visant certains pétroliers n’ont pas dissipé le risque d’approvisionnement. L’or cède 0,68% : son rebond tardif, favorisé par la recherche de sécurité et le recul du dollar, ne compense pas les pertes précédentes.
 
Calendrier économique africain du 12 au 16 octobre 2026
La semaine du 12 au 16 octobre souligne une contraction minière sud-africaine, un ralentissement kényan et des évolutions divergentes des prix.
 
Afrique du Sud
Le FMI prévoit une croissance sud-africaine de 1% en 2026, contre 1,1% anticipé en juillet, puis 1,3% en 2027 : une reprise modeste, freinée par les tensions énergétiques.
La production minière recule de 12,7% en glissement annuel en août, après -7%, signalant une dégradation. La production aurifère baisse de 5,7% sur un an, après -7,3%.
 
Égypte
En marge des Assemblées du FMI, les perspectives égyptiennes ont été révisées à la hausse : le Fonds prévoit désormais une croissance de 4,7% pour l’exercice 2026/2027, contre 4,4% anticipé en juillet.
 
Nigéria
Le FMI relève sa prévision de croissance du Nigéria à 4,2% pour 2026, contre 4,1% en juillet, et maintient celle de 2027 à 4,3%, anticipant une accélération.
L’inflation annuelle ralentit à 14,63% en septembre, après 15,39%. Toutefois, l’inflation alimentaire atteint 19,59%, contre 19,57%, nuançant cette détente pour les ménages.
 
Maroc
Le FMI prévoit une croissance de 4,5% au Maroc en 2026 et de 4,2% en 2027, contre respectivement 4,6% et 4,5% dans ses projections d’avril. Malgré cette révision à la baisse, l’activité resterait soutenue. Le déficit courant atteindrait toutefois 4,9% du PIB en 2026, avant de revenir à 4,1% en 2027, soulignant la nécessité de surveiller les équilibres extérieurs.
 
Kenya
Le FMI prévoit une croissance du PIB réel kényan de 4,5% en 2026, puis 4,7% en 2027 : projections inchangées, traduisant une accélération modérée dans un environnement international incertain.
La croissance du PIB s’établit à 5,1% en glissement annuel au deuxième trimestre, après 5,3%. L’activité demeure dynamique, malgré ce ralentissement.
 
Côte d’Ivoire
Le FMI prévoit une croissance du PIB réel ivoirien de 6,0% en 2026, puis de 6,1% en 2027, après 6,5% en 2025. La Côte d’Ivoire a mis l’accent sur la diversification de ses financements et la mobilisation de ressources pour son Plan national de développement. Les autorités préparent notamment des émissions obligataires sur le marché chinois, dites «panda bonds».
 
Autres pays africains
L’inflation annuelle ralentit au Sénégal à 1%, au Botswana à 7,8% et en Éthiopie à 14,9%, mais accélère au Cap-Vert à 2,7%. L’Ouganda relève son taux directeur à 12%. En Angola, les réserves diminuent à 15,2 milliards de dollars et M3 progresse de 12,7% sur un an.
 
MSCI Frontier et principaux indices africains le 16 octobre 2026 à 16h30
 
Les marchés africains ont évolué en ordre dispersé : Johannesburg rebondit, tandis que l’Égypte, le Nigéria, Nairobi et la BRVM reculent.
 
MSCI Frontier Markets
Le MSCI Frontier Markets cède 0,26%, résistant mieux que les émergents (-5,23%). Cette divergence souligne l’absence de transmission uniforme de la correction technologique mondiale.
 
FTSE JSE All Africa 40
Le FTSE JSE All Africa 40 gagne 0,39%. Sa progression, inférieure à celle du Top 40 sud-africain, souligne la dispersion entre les grandes capitalisations suivies. Les cotations disponibles montrent notamment des évolutions contrastées entre ressources, distribution et technologie.

Afrique du Sud
Le South Africa Top 40 progresse de 2,45%. Les achats ont concerné plusieurs segments : les données de séance du 15 octobre montrent une hausse des banques, des assureurs, de la distribution et des producteurs de métaux précieux. Ces mouvements étayent l’existence d’un rebond diversifié, plutôt que d’une progression exclusivement liée aux matières premières.
 
Égypte
L’EGX 30 recule de 1,86%, malgré son rebond quotidien de 1,52%. La correction contraste avec l’intérêt pour les nouvelles introductions : la tranche privée de MNT-Halan a été sursouscrite 11,2 fois. Le maintien du statut de marché émergent secondaire par FTSE Russell constitue également un soutien structurel, mais ces annonces n’ont pas empêché la baisse hebdomadaire.
 
Nigéria
Le NSE 30 perd 0,41%, tout en conservant une hausse annuelle de 60,44%. Les analystes de CSL Stockbrokers identifiaient des prises de bénéfices après septembre et des repositionnements avant les résultats trimestriels. Leur commentaire concernait cependant la semaine précédente : il éclaire le contexte, sans démontrer la cause exacte du nouveau repli.
 
Kenya
Le NSE20 baisse de 1,54%. La pression vendeuse étrangère est documentée : selon NCBA Research, les ventes nettes étrangères atteignaient 506 millions de shillings jeudi, principalement sur KCB, Safaricom et Equity, pesant sur le marché.
 
BRVM
Le Composite recule de 2,61%. Les télécommunications ont notamment pesé : les données hebdomadaires signalent des baisses de Sonatel et d’Orange Côte d’Ivoire. Les services collectifs et certaines valeurs de consommation ont également corrigé, illustrant une pression vendeuse étendue.
 
Implications pour le marché marocain
La correction technologique mondiale ne se transmet pas mécaniquement à Casablanca, mais elle rappelle l’importance de la visibilité des bénéfices et de la discipline de valorisation. La nouvelle hausse du Brent (+3,61%) accentue le risque de renchérissement des coûts pour les entreprises énergivores et le transport, avec un effet sur les marges dépendant de leur capacité à répercuter ces charges. À l’inverse de la semaine précédente, le léger recul de l’or (-0,68%) n’apporte pas de soutien supplémentaire aux valeurs minières exposées au métal, sans remettre en cause leurs perspectives sur la seule base d’une variation hebdomadaire.

À Casablanca, le rebond du MASI (+1,20%) reste à confirmer : la baisse des échanges et la poursuite de la hausse des rendements obligataires invitent à distinguer reprise des cours et retour durable de la confiance.

Des taux plus élevés peuvent renforcer l’attrait relatif des obligations et peser sur les valorisations des actions, sans provoquer un arbitrage automatique. L’attention devrait donc porter sur la solidité des flux de trésorerie, le niveau d’endettement et la capacité des entreprises à préserver leurs marges, tandis que les opérations annoncées dans les infrastructures et la construction offrent des éléments de visibilité propres à certains émetteurs.

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