Le chiffre est spectaculaire : 1,7 million d’emplois supplémentaires et de meilleure qualité d’ici 2035.
C’est l’une des projections fortes du rapport de la Banque mondiale sur la croissance et l’emploi au Maroc. Sur le papier, l’objectif donne de l’air. Dans la réalité, il oblige à une question simple : s’agit-il d’un scénario crédible ou d’une promesse technocratique de plus ?
La réponse dépend d’un mot : cohérence.
Le rapport ne dit pas que ces emplois tomberont mécaniquement du ciel. Il affirme qu’ils pourraient être créés si le Maroc combine plusieurs réformes : marchés plus concurrentiels, entreprises plus dynamiques, investissement public mieux ciblé, participation accrue des femmes et des jeunes, meilleure formation, accès au financement, réduction des délais de paiement, modernisation du marché du travail.
Autrement dit, il ne suffit pas de décréter l’emploi. Il faut aligner tout le système économique.
C’est précisément là que le Maroc est attendu. Le pays a souvent lancé de grands programmes, parfois ambitieux, parfois bien conçus, mais trop fragmentés. Une stratégie pour l’investissement ici, une réforme de la formation là, un dispositif pour les jeunes ailleurs, un programme pour les PME à côté. Chaque pièce peut être utile. Mais si elles ne s’emboîtent pas, l’effet reste limité.
Créer 1,7 million d’emplois exige donc une rupture de méthode. Il faut évaluer chaque politique publique à l’aune de sa capacité réelle à créer des emplois formels, productifs et durables. Pas seulement des postes temporaires. Pas seulement des auto-emplois de survie. Pas seulement des chiffres administratifs. Des emplois qui paient, protègent et permettent de progresser.
Le premier levier est l’entreprise. Sans PME capables de grandir, il n’y aura pas de miracle. Les petites entreprises doivent accéder au crédit, être payées à temps, bénéficier de règles simples et affronter une concurrence loyale. Une économie dominée par des micro-structures fragiles et des grands acteurs installés ne peut pas absorber toute une génération.
Le deuxième levier est la productivité. Le Maroc doit produire plus de valeur par travailleur. Cela passe par la technologie, la formation, l’organisation, l’innovation, mais aussi par une meilleure allocation des ressources. Si les entreprises les plus productives restent bloquées tandis que les moins efficaces prospèrent grâce à leur position, les salaires resteront faibles et l’emploi peu attractif.
Le troisième levier est l’inclusion. Les femmes et les jeunes ne doivent plus être traités comme des catégories sociales à accompagner, mais comme des forces économiques centrales. Crèches, transport sûr, horaires flexibles, orientation, formation courte, apprentissage, programmes ciblés pour les NEET : ce sont des politiques d’emploi, pas des accessoires sociaux.
Le quatrième levier est l’État. Il doit rester stratège, mais devenir plus exigeant sur l’impact. Chaque grand investissement doit répondre à une question : quels emplois directs, indirects, locaux et durables va-t-il générer ? Sans cette discipline, le pays risque de confondre dépense et développement.
La projection de 1,7 million d’emplois n’est donc ni une illusion, ni une garantie. C’est un test. Elle dit ce qui est possible si les réformes avancent ensemble. Elle dit aussi ce qui sera perdu si chacun continue à travailler en silo.
Le Maroc n’a plus seulement besoin de croissance. Il a besoin d’une croissance qui embauche. C’est la seule manière de réconcilier les chiffres macroéconomiques avec le vécu des ménages.
Car au fond, 2035 n’est pas si loin. Et le pays sera jugé sur une question très concrète : les Marocains auront-ils seulement entendu parler de la croissance, ou auront-ils enfin vu venir les emplois ?
La réponse dépend d’un mot : cohérence.
Le rapport ne dit pas que ces emplois tomberont mécaniquement du ciel. Il affirme qu’ils pourraient être créés si le Maroc combine plusieurs réformes : marchés plus concurrentiels, entreprises plus dynamiques, investissement public mieux ciblé, participation accrue des femmes et des jeunes, meilleure formation, accès au financement, réduction des délais de paiement, modernisation du marché du travail.
Autrement dit, il ne suffit pas de décréter l’emploi. Il faut aligner tout le système économique.
C’est précisément là que le Maroc est attendu. Le pays a souvent lancé de grands programmes, parfois ambitieux, parfois bien conçus, mais trop fragmentés. Une stratégie pour l’investissement ici, une réforme de la formation là, un dispositif pour les jeunes ailleurs, un programme pour les PME à côté. Chaque pièce peut être utile. Mais si elles ne s’emboîtent pas, l’effet reste limité.
Créer 1,7 million d’emplois exige donc une rupture de méthode. Il faut évaluer chaque politique publique à l’aune de sa capacité réelle à créer des emplois formels, productifs et durables. Pas seulement des postes temporaires. Pas seulement des auto-emplois de survie. Pas seulement des chiffres administratifs. Des emplois qui paient, protègent et permettent de progresser.
Le premier levier est l’entreprise. Sans PME capables de grandir, il n’y aura pas de miracle. Les petites entreprises doivent accéder au crédit, être payées à temps, bénéficier de règles simples et affronter une concurrence loyale. Une économie dominée par des micro-structures fragiles et des grands acteurs installés ne peut pas absorber toute une génération.
Le deuxième levier est la productivité. Le Maroc doit produire plus de valeur par travailleur. Cela passe par la technologie, la formation, l’organisation, l’innovation, mais aussi par une meilleure allocation des ressources. Si les entreprises les plus productives restent bloquées tandis que les moins efficaces prospèrent grâce à leur position, les salaires resteront faibles et l’emploi peu attractif.
Le troisième levier est l’inclusion. Les femmes et les jeunes ne doivent plus être traités comme des catégories sociales à accompagner, mais comme des forces économiques centrales. Crèches, transport sûr, horaires flexibles, orientation, formation courte, apprentissage, programmes ciblés pour les NEET : ce sont des politiques d’emploi, pas des accessoires sociaux.
Le quatrième levier est l’État. Il doit rester stratège, mais devenir plus exigeant sur l’impact. Chaque grand investissement doit répondre à une question : quels emplois directs, indirects, locaux et durables va-t-il générer ? Sans cette discipline, le pays risque de confondre dépense et développement.
La projection de 1,7 million d’emplois n’est donc ni une illusion, ni une garantie. C’est un test. Elle dit ce qui est possible si les réformes avancent ensemble. Elle dit aussi ce qui sera perdu si chacun continue à travailler en silo.
Le Maroc n’a plus seulement besoin de croissance. Il a besoin d’une croissance qui embauche. C’est la seule manière de réconcilier les chiffres macroéconomiques avec le vécu des ménages.
Car au fond, 2035 n’est pas si loin. Et le pays sera jugé sur une question très concrète : les Marocains auront-ils seulement entendu parler de la croissance, ou auront-ils enfin vu venir les emplois ?