Le 29 septembre, le Roi Mohammed VI a nommé Fatima Ezzahra El Mansouri cheffe du gouvernement et l’a chargée de former le nouvel Exécutif, conformément à l’article 47 de la Constitution. C’est la première fois qu’une femme accède à cette fonction au Maroc. Cette nomination intervient après l’arrivée en tête du PAM aux élections législatives du 23 septembre.
Avocate de formation, ancienne députée, maire de Marrakech, ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville et coordinatrice de la direction collégiale du PAM, Fatima Ezzahra El Mansouri arrive à la tête du gouvernement avec une expérience politique et institutionnelle déjà importante.
Dans « 7ème Sens », Aïcha Zaïmi Sakhri analyse ce moment avec son regard de féministe et d’observatrice de longue date de la société marocaine. Journaliste depuis une trentaine d’années, elle a notamment dirigé Femmes du Maroc et Illi et accompagné, à travers les médias et son engagement, plusieurs combats pour les droits des femmes. Elle rappelle également avoir milité pour l’adoption du Code de la famille de 2004.
Pour elle, voir une femme accéder aujourd’hui à la tête du gouvernement possède nécessairement une portée symbolique considérable. Une jeune Marocaine peut désormais grandir avec l’idée que la direction du gouvernement n’est plus, même symboliquement, un horizon réservé aux hommes. Un plafond de verre vient d’être brisé.
Mais le débat refuse justement de s’arrêter à cette image. Une femme cheffe du gouvernement ne signifie pas automatiquement un gouvernement féministe et ne garantit pas mécaniquement des avancées en matière d’égalité. Fatima Ezzahra El Mansouri devra être évaluée sur son programme, ses décisions, ses arbitrages et les résultats de son gouvernement, comme tout responsable politique exerçant cette fonction.
La Moudawana pourrait ainsi constituer l’un des grands tests sociétaux de la nouvelle étape. Mariage des mineures, violences faites aux femmes, vulnérabilité économique, égalité au sein de la famille : derrière les controverses juridiques et idéologiques se trouvent des situations qui touchent directement la vie quotidienne de nombreuses Marocaines.
Pour Aïcha Zaïmi Sakhri, l’enjeu sera donc de mesurer la capacité du prochain gouvernement à transformer les attentes en textes, puis les textes en changements réellement perceptibles dans la société.
Le débat élargit également la réflexion au Code pénal et aux libertés individuelles. Ces dossiers restent politiquement et socialement sensibles, et les différentes forces représentées au Parlement n’y défendent pas nécessairement les mêmes orientations. Leur traitement dépendra donc des choix du futur gouvernement, de la composition de sa majorité et des compromis qui pourront être construits au Parlement.
Autre enjeu soulevé dans « 7ème Sens » : le sexisme auquel restent confrontées les femmes exerçant des responsabilités publiques. Leur apparence, leur vie personnelle ou leur féminité prennent encore parfois une place que l’on retrouve beaucoup moins lorsqu’il s’agit de responsables masculins.
Normaliser le pouvoir féminin signifie aussi sortir de ce double standard. La nouvelle cheffe du gouvernement devra d’abord être interrogée sur ses politiques publiques, son budget, ses réformes, sa majorité et ses résultats. Ni davantage, ni moins qu’un homme occupant la même fonction.
Reste alors une question essentielle : cette nomination au sommet peut-elle faciliter l’accès d’autres femmes aux responsabilités ?
Les partis politiques ont ici une responsabilité majeure : investir davantage de candidates, leur permettre de concourir dans des circonscriptions réellement compétitives, ouvrir leurs instances dirigeantes et constituer des viviers de femmes capables d’exercer le pouvoir sans que leur présence soit encore considérée comme exceptionnelle.
Aïcha Zaïmi Sakhri défend dans ce contexte une société civile à la fois engagée et vigilante : accompagner les avancées lorsqu’elles existent, mais continuer à interpeller les institutions lorsque les attentes ne se traduisent pas en actes.
La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri restera une date dans l’histoire politique marocaine. Mais l’Histoire ne s’arrête pas à une nomination. Elle commence peut-être précisément le lendemain.
C’est tout l’enjeu de ce nouveau numéro de « 7ème Sens » : après avoir brisé le plafond de verre, comment transformer le symbole en politiques publiques et en avancées concrètes ?
Avocate de formation, ancienne députée, maire de Marrakech, ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville et coordinatrice de la direction collégiale du PAM, Fatima Ezzahra El Mansouri arrive à la tête du gouvernement avec une expérience politique et institutionnelle déjà importante.
Dans « 7ème Sens », Aïcha Zaïmi Sakhri analyse ce moment avec son regard de féministe et d’observatrice de longue date de la société marocaine. Journaliste depuis une trentaine d’années, elle a notamment dirigé Femmes du Maroc et Illi et accompagné, à travers les médias et son engagement, plusieurs combats pour les droits des femmes. Elle rappelle également avoir milité pour l’adoption du Code de la famille de 2004.
Pour elle, voir une femme accéder aujourd’hui à la tête du gouvernement possède nécessairement une portée symbolique considérable. Une jeune Marocaine peut désormais grandir avec l’idée que la direction du gouvernement n’est plus, même symboliquement, un horizon réservé aux hommes. Un plafond de verre vient d’être brisé.
Mais le débat refuse justement de s’arrêter à cette image. Une femme cheffe du gouvernement ne signifie pas automatiquement un gouvernement féministe et ne garantit pas mécaniquement des avancées en matière d’égalité. Fatima Ezzahra El Mansouri devra être évaluée sur son programme, ses décisions, ses arbitrages et les résultats de son gouvernement, comme tout responsable politique exerçant cette fonction.
La Moudawana pourrait ainsi constituer l’un des grands tests sociétaux de la nouvelle étape. Mariage des mineures, violences faites aux femmes, vulnérabilité économique, égalité au sein de la famille : derrière les controverses juridiques et idéologiques se trouvent des situations qui touchent directement la vie quotidienne de nombreuses Marocaines.
Pour Aïcha Zaïmi Sakhri, l’enjeu sera donc de mesurer la capacité du prochain gouvernement à transformer les attentes en textes, puis les textes en changements réellement perceptibles dans la société.
Le débat élargit également la réflexion au Code pénal et aux libertés individuelles. Ces dossiers restent politiquement et socialement sensibles, et les différentes forces représentées au Parlement n’y défendent pas nécessairement les mêmes orientations. Leur traitement dépendra donc des choix du futur gouvernement, de la composition de sa majorité et des compromis qui pourront être construits au Parlement.
Autre enjeu soulevé dans « 7ème Sens » : le sexisme auquel restent confrontées les femmes exerçant des responsabilités publiques. Leur apparence, leur vie personnelle ou leur féminité prennent encore parfois une place que l’on retrouve beaucoup moins lorsqu’il s’agit de responsables masculins.
Normaliser le pouvoir féminin signifie aussi sortir de ce double standard. La nouvelle cheffe du gouvernement devra d’abord être interrogée sur ses politiques publiques, son budget, ses réformes, sa majorité et ses résultats. Ni davantage, ni moins qu’un homme occupant la même fonction.
Reste alors une question essentielle : cette nomination au sommet peut-elle faciliter l’accès d’autres femmes aux responsabilités ?
Les partis politiques ont ici une responsabilité majeure : investir davantage de candidates, leur permettre de concourir dans des circonscriptions réellement compétitives, ouvrir leurs instances dirigeantes et constituer des viviers de femmes capables d’exercer le pouvoir sans que leur présence soit encore considérée comme exceptionnelle.
Aïcha Zaïmi Sakhri défend dans ce contexte une société civile à la fois engagée et vigilante : accompagner les avancées lorsqu’elles existent, mais continuer à interpeller les institutions lorsque les attentes ne se traduisent pas en actes.
La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri restera une date dans l’histoire politique marocaine. Mais l’Histoire ne s’arrête pas à une nomination. Elle commence peut-être précisément le lendemain.
C’est tout l’enjeu de ce nouveau numéro de « 7ème Sens » : après avoir brisé le plafond de verre, comment transformer le symbole en politiques publiques et en avancées concrètes ?