Il existe des endroits où une campagne électorale peut entrer.
Et d’autres où elle doit s’arrêter à la porte.
La mosquée appartient clairement à la deuxième catégorie.
Une enquête judiciaire a été ouverte à Marrakech afin de déterminer les circonstances dans lesquelles trois personnes auraient utilisé le haut-parleur d’une mosquée située dans une commune de la province de Chichaoua pour inviter des habitants à participer à un rassemblement partisan.
Le parquet près le tribunal de première instance de Marrakech a ordonné les investigations.
À partir de là, la première obligation journalistique est simple : une enquête n’est pas une condamnation.
Les faits précis, les personnes éventuellement impliquées et leurs responsabilités doivent encore être établis.
L’affaire est née dans un contexte de confrontation politique, après des accusations formulées publiquement par un responsable du PAM contre des adversaires politiques à propos d’un rassemblement auquel aurait participé le chef du gouvernement Aziz Akhannouch.
Ces accusations ne doivent donc pas être transformées par la presse en conclusions judiciaires.
Mais l’existence même de l’enquête ouvre une question beaucoup plus intéressante.
Et d’autres où elle doit s’arrêter à la porte.
La mosquée appartient clairement à la deuxième catégorie.
Une enquête judiciaire a été ouverte à Marrakech afin de déterminer les circonstances dans lesquelles trois personnes auraient utilisé le haut-parleur d’une mosquée située dans une commune de la province de Chichaoua pour inviter des habitants à participer à un rassemblement partisan.
Le parquet près le tribunal de première instance de Marrakech a ordonné les investigations.
À partir de là, la première obligation journalistique est simple : une enquête n’est pas une condamnation.
Les faits précis, les personnes éventuellement impliquées et leurs responsabilités doivent encore être établis.
L’affaire est née dans un contexte de confrontation politique, après des accusations formulées publiquement par un responsable du PAM contre des adversaires politiques à propos d’un rassemblement auquel aurait participé le chef du gouvernement Aziz Akhannouch.
Ces accusations ne doivent donc pas être transformées par la presse en conclusions judiciaires.
Mais l’existence même de l’enquête ouvre une question beaucoup plus intéressante.
La loi a tracé une ligne rouge très claire
Le cadre électoral marocain interdit la campagne dans les lieux de culte.
Cette interdiction concerne également les établissements d’enseignement et de formation professionnelle ainsi que les administrations publiques.
La logique est évidente : certains espaces doivent rester communs à tous les citoyens, quelles que soient leurs préférences politiques.
La mosquée n’est pas une salle de meeting.
Elle ne peut devenir ni permanence électorale, ni tribune partisane, ni outil de mobilisation d’un candidat contre un autre.
La campagne officielle pour les législatives du 23 septembre est par ailleurs soumise cette année à un dispositif renforcé visant à protéger l’intégrité du scrutin et l’égalité entre candidats.
Cette interdiction concerne également les établissements d’enseignement et de formation professionnelle ainsi que les administrations publiques.
La logique est évidente : certains espaces doivent rester communs à tous les citoyens, quelles que soient leurs préférences politiques.
La mosquée n’est pas une salle de meeting.
Elle ne peut devenir ni permanence électorale, ni tribune partisane, ni outil de mobilisation d’un candidat contre un autre.
La campagne officielle pour les législatives du 23 septembre est par ailleurs soumise cette année à un dispositif renforcé visant à protéger l’intégrité du scrutin et l’égalité entre candidats.
Le haut-parleur change-t-il quelque chose ?
C’est justement l’un des points intéressants de cette affaire.
Une campagne électorale dans un lieu de culte ne signifie pas nécessairement qu’un candidat monte physiquement dans la mosquée pour prononcer un discours.
L’utilisation présumée de son système de sonorisation pose la question de l’usage des moyens attachés au lieu lui-même.
L’enquête devra donc établir ce qui s’est réellement passé.
- Qui a utilisé le haut-parleur ?
- Avec quelle autorisation ?
- Quel message a exactement été diffusé ?
- S’agissait-il effectivement d’un appel à participer à une manifestation partisane ?
- Et existe-t-il un lien établi avec une organisation ou un candidat ?
Tant que ces réponses n’existent pas, la prudence n’est pas une précaution cosmétique.
Elle fait partie du travail journalistique.
Une campagne électorale dans un lieu de culte ne signifie pas nécessairement qu’un candidat monte physiquement dans la mosquée pour prononcer un discours.
L’utilisation présumée de son système de sonorisation pose la question de l’usage des moyens attachés au lieu lui-même.
L’enquête devra donc établir ce qui s’est réellement passé.
- Qui a utilisé le haut-parleur ?
- Avec quelle autorisation ?
- Quel message a exactement été diffusé ?
- S’agissait-il effectivement d’un appel à participer à une manifestation partisane ?
- Et existe-t-il un lien établi avec une organisation ou un candidat ?
Tant que ces réponses n’existent pas, la prudence n’est pas une précaution cosmétique.
Elle fait partie du travail journalistique.
Une campagne se juge aussi à la manière dont ses incidents sont traités
Toutes les élections produisent des accusations.
Utilisation de moyens publics, achat présumé de voix, affichage irrégulier, pressions, propagande numérique, dépassement des dépenses : plus la compétition est serrée, plus les partis surveillent leurs adversaires.
L’intégrité électorale ne signifie donc pas l’absence de signalements.
Elle dépend aussi de la capacité des institutions à les examiner rapidement et équitablement.
C’est probablement sous cet angle que l’affaire de Chichaoua mérite d’être suivie.
Non pas comme un scandale déjà jugé, mais comme un test du système de contrôle de la campagne.
Un signalement est formulé.
La justice ouvre une enquête.
Les faits doivent maintenant être établis.
Utilisation de moyens publics, achat présumé de voix, affichage irrégulier, pressions, propagande numérique, dépassement des dépenses : plus la compétition est serrée, plus les partis surveillent leurs adversaires.
L’intégrité électorale ne signifie donc pas l’absence de signalements.
Elle dépend aussi de la capacité des institutions à les examiner rapidement et équitablement.
C’est probablement sous cet angle que l’affaire de Chichaoua mérite d’être suivie.
Non pas comme un scandale déjà jugé, mais comme un test du système de contrôle de la campagne.
Un signalement est formulé.
La justice ouvre une enquête.
Les faits doivent maintenant être établis.
Le religieux doit rester hors de l’isoloir
La neutralité des mosquées possède au Maroc une importance qui dépasse le seul droit électoral.
Dans un pays où la religion occupe une place centrale dans la société et où le champ religieux est institutionnellement organisé, laisser entrer la compétition partisane dans les lieux de culte créerait un précédent dangereux.
Un candidat pourrait être tenté de profiter de l’autorité symbolique d’un espace religieux.
Son adversaire chercherait ensuite à faire de même.
Et la mosquée finirait par devenir un prolongement de la campagne.
C’est précisément ce que la séparation entre espace cultuel et compétition électorale cherche à éviter.
Dans un pays où la religion occupe une place centrale dans la société et où le champ religieux est institutionnellement organisé, laisser entrer la compétition partisane dans les lieux de culte créerait un précédent dangereux.
Un candidat pourrait être tenté de profiter de l’autorité symbolique d’un espace religieux.
Son adversaire chercherait ensuite à faire de même.
Et la mosquée finirait par devenir un prolongement de la campagne.
C’est précisément ce que la séparation entre espace cultuel et compétition électorale cherche à éviter.
Une règle doit valoir pour tout le monde
Le véritable enjeu ne consiste donc pas à savoir quel parti sera politiquement embarrassé par l’affaire.
Il consiste à vérifier que la même règle est appliquée à tous.
Majorité comme opposition.
Grand parti comme petite formation.
Candidat connu comme candidat local.
C’est à cette condition que la « police électorale » au sens large des administrations, autorités judiciaires, instances de contrôle et observateurs devient crédible.
L’enquête de Chichaoua dira ce qui s’est réellement passé.
D’ici là, il faut résister à deux tentations symétriques : banaliser l’affaire parce qu’elle serait électoralement gênante, ou condamner des personnes avant que l’enquête ait parlé.
La mosquée doit rester en dehors de la campagne.
Et la justice, elle, doit pouvoir y regarder lorsqu’une ligne rouge est soupçonnée d’avoir été franchie.
Il consiste à vérifier que la même règle est appliquée à tous.
Majorité comme opposition.
Grand parti comme petite formation.
Candidat connu comme candidat local.
C’est à cette condition que la « police électorale » au sens large des administrations, autorités judiciaires, instances de contrôle et observateurs devient crédible.
L’enquête de Chichaoua dira ce qui s’est réellement passé.
D’ici là, il faut résister à deux tentations symétriques : banaliser l’affaire parce qu’elle serait électoralement gênante, ou condamner des personnes avant que l’enquête ait parlé.
La mosquée doit rester en dehors de la campagne.
Et la justice, elle, doit pouvoir y regarder lorsqu’une ligne rouge est soupçonnée d’avoir été franchie.


