Il y a parfois un moment où une crise change de nature sans changer de lieu. À Ceuta, ce moment est peut-être arrivé.
Fin juillet, l’image était celle d’une frontière submergée : plus de 72.000 personnes avaient franchi la frontière depuis le Maroc lors d’un mouvement sans précédent, avant que la majorité ne quitte ensuite l’enclave. Vendredi 18 septembre, le décor était différent : policiers, militaires, campements de fortune et migrants marchant des plages vers le port.
LA FRONTIÈRE N’EST PLUS LE SEUL PROBLÈME
Les autorités espagnoles ont lancé vendredi matin une opération destinée à vider notamment les plages du Trampolín et de Benítez.
Le transfert a connu des moments de tension et de bousculade. Reuters rapporte que la police antiémeute a fait usage de balles en caoutchouc tirées en l'air et de matraques avant que la situation ne se calme.
Environ 1.700 places ont été aménagées sous des tentes dans la zone portuaire. Mais ce chiffre raconte surtout ce que l'opération ne résout pas.
L'Espagne estime qu'environ 10.000 migrants restent encore à Ceuta, tandis que des ONG signalent que plusieurs milliers de personnes demeurent sans hébergement adapté.
1.700 PLACES FACE À UNE CRISE DE PLUSIEURS MILLIERS DE PERSONNES
Le problème devient donc mathématique.
Héberger. Identifier. Distinguer majeurs et mineurs. Traiter les demandes d'asile. Organiser éventuellement des transferts. Examiner les situations individuelles. Et assurer simultanément l'ordre public dans un territoire de seulement 18,5 km².
Autrement dit, Ceuta est en train de passer d'une crise de flux à une crise de stock.
Le premier problème consistait à gérer l'arrivée massive de personnes en quelques heures.
Le second pourrait durer des semaines ou des mois.
RABAT ET MADRID FACE AU TEMPS LONG
C'est aussi ce qui change politiquement le dossier.
Plus la situation dure, plus elle devient susceptible d'alimenter le débat politique espagnol sur l'immigration, la gestion de la frontière et les relations avec le Maroc. Il faut néanmoins éviter les raccourcis : les scènes observées vendredi ne permettent pas, à elles seules, d'attribuer les responsabilités politiques de la crise.
Elles montrent en revanche quelque chose de beaucoup plus concret : le franchissement de la frontière n'était que le premier chapitre. L'Espagne doit maintenant gérer les conséquences humaines, administratives et logistiques de ce qui s'est produit fin juillet.
Et c'est peut-être là que commence la partie la plus difficile.
Une frontière peut être franchie en quelques minutes.
Une crise migratoire installée, elle, ne se referme pas aussi rapidement.
LA FRONTIÈRE N’EST PLUS LE SEUL PROBLÈME
Les autorités espagnoles ont lancé vendredi matin une opération destinée à vider notamment les plages du Trampolín et de Benítez.
Le transfert a connu des moments de tension et de bousculade. Reuters rapporte que la police antiémeute a fait usage de balles en caoutchouc tirées en l'air et de matraques avant que la situation ne se calme.
Environ 1.700 places ont été aménagées sous des tentes dans la zone portuaire. Mais ce chiffre raconte surtout ce que l'opération ne résout pas.
L'Espagne estime qu'environ 10.000 migrants restent encore à Ceuta, tandis que des ONG signalent que plusieurs milliers de personnes demeurent sans hébergement adapté.
1.700 PLACES FACE À UNE CRISE DE PLUSIEURS MILLIERS DE PERSONNES
Le problème devient donc mathématique.
Héberger. Identifier. Distinguer majeurs et mineurs. Traiter les demandes d'asile. Organiser éventuellement des transferts. Examiner les situations individuelles. Et assurer simultanément l'ordre public dans un territoire de seulement 18,5 km².
Autrement dit, Ceuta est en train de passer d'une crise de flux à une crise de stock.
Le premier problème consistait à gérer l'arrivée massive de personnes en quelques heures.
Le second pourrait durer des semaines ou des mois.
RABAT ET MADRID FACE AU TEMPS LONG
C'est aussi ce qui change politiquement le dossier.
Plus la situation dure, plus elle devient susceptible d'alimenter le débat politique espagnol sur l'immigration, la gestion de la frontière et les relations avec le Maroc. Il faut néanmoins éviter les raccourcis : les scènes observées vendredi ne permettent pas, à elles seules, d'attribuer les responsabilités politiques de la crise.
Elles montrent en revanche quelque chose de beaucoup plus concret : le franchissement de la frontière n'était que le premier chapitre. L'Espagne doit maintenant gérer les conséquences humaines, administratives et logistiques de ce qui s'est produit fin juillet.
Et c'est peut-être là que commence la partie la plus difficile.
Une frontière peut être franchie en quelques minutes.
Une crise migratoire installée, elle, ne se referme pas aussi rapidement.