Par le Dr Hassan AFILAL Pédiatre réanimateur Président de l’Association nationale des cliniques privées
Dr Hassan AFILAL
L’article du Dr Anwar Cherkaoui appelle une réponse dans le même esprit d’intérêt pour la santé de nos concitoyens. Nous partageons l’importance qu’il accorde à la dignité du malade et à la confiance. Nous pensons toutefois que le problème a été posé sous un angle qui ne rend pas suffisamment justice à la réalité des cliniques privées. En donnant à la facture une place aussi centrale, le débat risque de laisser dans l’ombre ce qui constitue leur première raison d’être : les soins apportés chaque jour aux patients.
La confiance n’est pas seulement un objectif à atteindre. Elle existe déjà dans le choix de familles qui confient leur santé, et parfois la vie d’un proche, à nos équipes. Elle se manifeste lorsqu’un patient revient, recommande un médecin ou souhaite être hospitalisé dans un établissement où il se sent en sécurité. Cette confiance vécue mérite d’être entendue autant que les inquiétudes suscitées par le coût des soins.
Les cliniques privées accueillent 90 % des patients assurés. À nos yeux, ce recours traduit notamment la recherche de compétences, de disponibilité et de sécurité. Pour de nombreuses familles, s’y rendre est devenu un réflexe de protection face à la maladie.
Ce sentiment repose sur des réalités concrètes : des médecins expérimentés, des infirmiers attentifs, des équipes qui surveillent, interviennent et accompagnent. Derrière une hospitalisation, il y a des décisions médicales, une vigilance de chaque instant et des gestes dont le patient ne voit pas toujours toute la portée. Il y a aussi une parole rassurante et l’attention portée à une famille inquiète. C’est cette présence humaine qui donne son sens à l’établissement de soins.
Les infrastructures et la technologie participent à cette sécurité. L’imagerie de haute précision, les équipements de surveillance et de réanimation, les blocs opératoires et les dispositifs de dernière génération permettent, selon les spécialités et les établissements, des prises en charge complexes. Ces moyens soutiennent le diagnostic, le traitement et la surveillance. Ils prennent toute leur valeur entre les mains de professionnels qualifiés. Les évoquer, c’est reconnaître les ressources médicales dont bénéficie notre pays et l’effort nécessaire pour les maintenir disponibles.
Il serait donc réducteur de parler des cliniques essentiellement à travers leurs factures.
Celles-ci occupent pourtant une place sensible dans la relation avec les familles, et leur inquiétude est compréhensible. Un citoyen qui cotise à une couverture médicale se croit protégé contre une dépense importante. Lorsqu’un reste à payer lui est annoncé, il découvre une différence entre la sécurité qu’il attendait de son assurance et la protection effectivement accordée.
C’est là que se situe, selon nous, le cœur du malentendu tarifaire. Le remboursement dépend de références et de conditions de prise en charge qui ne se confondent pas avec le coût réel des prestations. Un pourcentage de couverture peut sembler rassurant ; s’il s’applique à une base éloignée de la dépense réelle, la somme supportée par le patient demeure élevée. La clinique présente la facture et reçoit le mécontentement, sans maîtriser à elle seule les mécanismes qui déterminent cette différence.
Une journée d’hospitalisation ne correspond pas au seul usage d’une chambre. Elle mobilise du personnel de jour comme de nuit, des consommables, la restauration, l’entretien, la stérilisation, la maintenance et une organisation capable de répondre à l’évolution de l’état du malade. Lorsque la couverture ne reflète pas suffisamment ces coûts, le décalage subsiste. Sa seule existence ne permet pas de conclure à un abus de l’établissement.
Nous devons davantage faire connaître cette réalité. Mais une explication, même précise, ne règle pas une insuffisance de financement. Tant que l’écart entre prise en charge et coût des soins pèsera lourdement sur les familles, il continuera à nourrir des tensions dont les cliniques seront les interlocuteurs immédiats. Rapprocher les bases de remboursement de la réalité des prestations est donc un enjeu de protection du patient autant que de pérennité des soins.
C’est le sens du dialogue que l’ANCP entend porter avec les institutions et les organismes concernés. Cette démarche s’inscrit dans une ambition plus large : soutenir les compétences, encourager les échanges entre établissements et développer une complémentarité concrète avec l’hôpital public. La coordination des urgences et la continuité des parcours doivent bénéficier des capacités de chaque secteur. Notre pays a besoin de toutes ses forces soignantes.
Nous invitons ainsi à élargir le regard porté sur les cliniques privées. Les préoccupations financières des patients doivent être entendues et leurs causes traitées. Le travail des équipes, les soins dispensés et la sécurité recherchée par les familles doivent l’être également. La confiance se construit dans cette reconnaissance réciproque. Elle se vit chaque jour auprès du malade ; le débat public doit aussi lui donner cette place.
La confiance n’est pas seulement un objectif à atteindre. Elle existe déjà dans le choix de familles qui confient leur santé, et parfois la vie d’un proche, à nos équipes. Elle se manifeste lorsqu’un patient revient, recommande un médecin ou souhaite être hospitalisé dans un établissement où il se sent en sécurité. Cette confiance vécue mérite d’être entendue autant que les inquiétudes suscitées par le coût des soins.
Les cliniques privées accueillent 90 % des patients assurés. À nos yeux, ce recours traduit notamment la recherche de compétences, de disponibilité et de sécurité. Pour de nombreuses familles, s’y rendre est devenu un réflexe de protection face à la maladie.
Ce sentiment repose sur des réalités concrètes : des médecins expérimentés, des infirmiers attentifs, des équipes qui surveillent, interviennent et accompagnent. Derrière une hospitalisation, il y a des décisions médicales, une vigilance de chaque instant et des gestes dont le patient ne voit pas toujours toute la portée. Il y a aussi une parole rassurante et l’attention portée à une famille inquiète. C’est cette présence humaine qui donne son sens à l’établissement de soins.
Les infrastructures et la technologie participent à cette sécurité. L’imagerie de haute précision, les équipements de surveillance et de réanimation, les blocs opératoires et les dispositifs de dernière génération permettent, selon les spécialités et les établissements, des prises en charge complexes. Ces moyens soutiennent le diagnostic, le traitement et la surveillance. Ils prennent toute leur valeur entre les mains de professionnels qualifiés. Les évoquer, c’est reconnaître les ressources médicales dont bénéficie notre pays et l’effort nécessaire pour les maintenir disponibles.
Il serait donc réducteur de parler des cliniques essentiellement à travers leurs factures.
Celles-ci occupent pourtant une place sensible dans la relation avec les familles, et leur inquiétude est compréhensible. Un citoyen qui cotise à une couverture médicale se croit protégé contre une dépense importante. Lorsqu’un reste à payer lui est annoncé, il découvre une différence entre la sécurité qu’il attendait de son assurance et la protection effectivement accordée.
C’est là que se situe, selon nous, le cœur du malentendu tarifaire. Le remboursement dépend de références et de conditions de prise en charge qui ne se confondent pas avec le coût réel des prestations. Un pourcentage de couverture peut sembler rassurant ; s’il s’applique à une base éloignée de la dépense réelle, la somme supportée par le patient demeure élevée. La clinique présente la facture et reçoit le mécontentement, sans maîtriser à elle seule les mécanismes qui déterminent cette différence.
Une journée d’hospitalisation ne correspond pas au seul usage d’une chambre. Elle mobilise du personnel de jour comme de nuit, des consommables, la restauration, l’entretien, la stérilisation, la maintenance et une organisation capable de répondre à l’évolution de l’état du malade. Lorsque la couverture ne reflète pas suffisamment ces coûts, le décalage subsiste. Sa seule existence ne permet pas de conclure à un abus de l’établissement.
Nous devons davantage faire connaître cette réalité. Mais une explication, même précise, ne règle pas une insuffisance de financement. Tant que l’écart entre prise en charge et coût des soins pèsera lourdement sur les familles, il continuera à nourrir des tensions dont les cliniques seront les interlocuteurs immédiats. Rapprocher les bases de remboursement de la réalité des prestations est donc un enjeu de protection du patient autant que de pérennité des soins.
C’est le sens du dialogue que l’ANCP entend porter avec les institutions et les organismes concernés. Cette démarche s’inscrit dans une ambition plus large : soutenir les compétences, encourager les échanges entre établissements et développer une complémentarité concrète avec l’hôpital public. La coordination des urgences et la continuité des parcours doivent bénéficier des capacités de chaque secteur. Notre pays a besoin de toutes ses forces soignantes.
Nous invitons ainsi à élargir le regard porté sur les cliniques privées. Les préoccupations financières des patients doivent être entendues et leurs causes traitées. Le travail des équipes, les soins dispensés et la sécurité recherchée par les familles doivent l’être également. La confiance se construit dans cette reconnaissance réciproque. Elle se vit chaque jour auprès du malade ; le débat public doit aussi lui donner cette place.