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​Consulat américain à Casablanca : un bâtiment, plusieurs messages


Rédigé par VSD le Samedi 2 Mai 2026



​Consulat américain à Casablanca : un bâtiment, plusieurs messages
La présence de Fouad Ali El Himma, conseiller du Roi, donne à la cérémonie une portée qui dépasse largement le cadre consulaire ordinaire. Casablanca abrite l'un des plus anciens consulats américains au monde — le tout premier, ouvert en 1797, fait du Maroc le plus vieux partenaire diplomatique des États-Unis. Cette filiation historique, souvent rappelée, structure encore aujourd'hui le récit des relations bilatérales.

Le contexte, lui, a changé. Depuis la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara en décembre 2020, sous la première administration Trump, les liens se sont densifiés. Coopération sécuritaire, accords commerciaux, dossier des phosphates en cours de réajustement, projets d'investissement dans les énergies renouvelables. Casablanca, capitale économique, se voit confirmer dans son rôle de plaque tournante.

Reste une zone d'ombre, celle de la trajectoire diplomatique américaine elle-même. Donald Trump, revenu à la Maison Blanche, multiplie les annonces commerciales aux conséquences imprévisibles. Droits de douane sur les véhicules européens, retrait partiel de troupes en Allemagne, recompositions stratégiques en cascade. Dans ce paysage instable, le Maroc cherche à consolider ses acquis sans s'exposer aux turbulences.

Ce consulat flambant neuf incarne donc une promesse autant qu'un pari. La promesse d'un partenariat ancré dans la durée. Le pari que cette amitié bicentenaire saura traverser les soubresauts d'une géopolitique mondiale dont plus personne, à Washington comme à Rabat, ne prétend lire tous les ressorts.




Samedi 2 Mai 2026