​Cybercriminalité : le Maroc engagé dans l’opération Confrontation Ghost

Quels résultats cette mobilisation internationale contre les escroqueries numériques a-t-elle produits, et que sait-on de la participation marocaine ?


Rédigé par le Lundi 26 Octobre 2026

Le Maroc figure parmi les 30 pays mobilisés dans l’opération Confrontation Ghost contre les fraudes numériques. Les organisateurs annoncent plus de 960 arrestations et plus de 39 milliards de dollars d’avoirs identifiés à l’échelle mondiale. La récupération de ces fonds reste en cours, tandis que le bilan propre au Royaume n’est pas détaillé dans les sources consultées.



Une opération menée de juillet à septembre 2026 dans 30 pays

La participation marocaine apparaît dans la liste publiée par l’agence officielle émiratie WAM. Conduite du 1er juillet au 30 septembre 2026, l’opération Confrontation Ghost était dirigée par le ministère de l’Intérieur des Émirats arabes unis, avec Interpol, l’organisation internationale de coopération policière, et l’Alliance mondiale contre l’escroquerie, connue sous le sigle GASA. Treize partenaires privés étaient également associés au dispositif. 

Trois formes de criminalité étaient visées : les fraudes utilisant l’intelligence artificielle, les escroqueries financières sur les plateformes numériques et la sextorsion, ce chantage fondé sur des contenus à caractère sexuel. Le périmètre dépasse donc le piratage informatique au sens strict : il concerne aussi les manipulations destinées à tromper une victime et à lui soutirer de l’argent. 

Selon le bilan émirati rapporté par Gulf News, l’opération a conduit à plus de 960 arrestations, à l’identification de plus de 3 500 suspects et de 15 500 victimes. Des interventions ont visé 29 centres de fraude. Les organisateurs font également état du blocage de 4 126 comptes bancaires et de la fermeture de plus de 570 comptes sur les réseaux sociaux. Ces résultats sont ceux de l’ensemble de la mobilisation internationale. 

Des avoirs repérés, une récupération encore à accomplir

Le chiffre le plus spectaculaire exige une lecture attentive. Les plus de 39 milliards de dollars correspondent à des fonds et actifs numériques identifiés comme liés à des activités frauduleuses. Le bilan précise que les autorités et leurs partenaires travaillent à leur récupération. Présenter cette somme comme de l’argent déjà récupéré ou rendu aux victimes dépasserait donc les informations disponibles. 

Pour le Maroc, une autre distinction s’impose. La présence du Royaume dans la coalition est documentée. En revanche, les publications consultées ne permettent pas de déterminer combien d’arrestations, de victimes ou de comptes concernés relèvent du territoire marocain. Elles ne décrivent pas davantage les tâches précises confiées aux services nationaux. Aucun bilan marocain chiffré ne peut être déduit du total mondial.

L’intérêt du dispositif tient à l’association des enquêtes policières, du renseignement financier et des plateformes numériques. Parmi les partenaires cités figurent notamment Meta, TikTok, Mastercard et Crypto.com. Plus de 9 000 renseignements auraient été échangés entre les participants, selon le bilan rapporté par H24Info. Cette circulation de l’information constitue une réponse aux réseaux qui exploitent plusieurs territoires et plusieurs services pour conduire leurs escroqueries. 

La lecture est donc double : la participation marocaine illustre l’importance de la coopération internationale, mais son efficacité pour les victimes devra aussi s’apprécier à travers les suites judiciaires et les restitutions. Les prochains éléments utiles seront le montant effectivement récupéré et, s’il est publié, le détail des résultats nationaux.




Lundi 26 Octobre 2026
Dans la même rubrique :