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​Déchets : les milliards ne suffisent pas à nettoyer les failles


Rédigé par La rédaction le Samedi 4 Juillet 2026



​Déchets : les milliards ne suffisent pas à nettoyer les failles
Le chiffre de 300 milliards de dirhams parfois avancé dans le débat public sur la propreté ne résiste pas au recoupement. Les données disponibles renvoient plutôt à une enveloppe globale de 27,6 milliards de DH destinée à moderniser la gestion des déchets jusqu’en 2034. Le programme prévoit notamment de nouveaux centres d’enfouissement et de valorisation, la réhabilitation de décharges sauvages, ainsi qu’un objectif de couverture totale de la collecte urbaine. vrai sujet n’en devient pas moins sérieux. Les autorités elles-mêmes reconnaissent des difficultés persistantes : communes financièrement fragiles, contrôle local insuffisant, clauses contractuelles mal suivies, écarts de qualité selon les territoires. Le ministère de l’Intérieur a engagé une refonte des contrats-types et annoncé davantage d’outils de suivi. C’est un aveu utile : déléguer la collecte ne dispense jamais une commune de contrôler ce qu’elle délègue.

Dans de nombreuses villes, les citoyens jugent le service à hauteur de trottoir. Un quartier propre, des bacs relevés à temps, une collecte régulière : voilà ce qui mesure la réussite d’un contrat, bien davantage que les montants inscrits dans une convention. Les chiffres annoncés sont considérables. Ils obligent donc à une exigence proportionnelle.

La question sociale mérite aussi mieux qu’un slogan. Les agents de collecte assurent l’un des métiers les plus indispensables et les moins visibles. Leur rémunération et leurs conditions de travail devraient faire l’objet de données publiques précises, au même titre que les indicateurs de performance des opérateurs. La propreté est un service public du quotidien. Elle ne peut plus rester une affaire de communiqués et de marchés opaques.




Samedi 4 Juillet 2026