Les NEET, angle mort des politiques publiques
Dans son intervention à Casablanca à l'occasion de cette rencontre, Nizar Baraka, secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, a insisté sur le caractère structurel du problème. Le décrochage scolaire et l’explosion du nombre de jeunes NEET ne sont pas des accidents de parcours, mais les symptômes d’un système qui peine encore à retenir, orienter et accompagner sa jeunesse jusqu’à l’autonomie.
Une hémorragie éducative persistante
Chaque année, près de 280 000 élèves quittent le système éducatif marocain sans qualification, selon les données présentées lors des Rencontres AEI. Si ce chiffre marque une baisse par rapport aux années précédentes, il reste alarmant. Plus inquiétant encore : 60 % des décrocheurs abandonnent au niveau du collège, un moment charnière où l’élève bascule souvent entre vulnérabilité sociale, perte de repères et désengagement scolaire.
Ce décrochage précoce n’est pas neutre. Il enferme des dizaines de milliers de jeunes dans des trajectoires marquées par la précarité, l’informalité ou l’inactivité prolongée. À terme, c’est tout le tissu social et économique qui en paie le prix.
Pour Nizar Baraka, la question n’est pas seulement éducative, elle est profondément sociale : « Un jeune qui décroche tôt est un jeune qui décroche aussi de la confiance, de la citoyenneté et parfois de l’espoir ». Une phrase qui résume l’enjeu humain derrière les statistiques.
Le Maroc compte aujourd’hui environ 1,5 million de jeunes NEET âgés de 15 à 24 ans. Derrière cet acronyme se cache une réalité multiple : jeunes ayant quitté l’école sans diplôme, diplômés sans emploi, jeunes femmes confinées à l’inactivité, travailleurs informels invisibles pour les politiques publiques.
Près de 32 % de ces NEET vivent en milieu rural, où l’accès à la formation, à l’orientation et à l’emploi reste particulièrement limité. L’isolement territorial accentue l’isolement social. Là où l’école aurait dû jouer un rôle d’ascenseur, elle devient parfois un sas de sortie sans destination.
Lors de cette Rencontre AEI, plusieurs intervenants ont pointé la difficulté à atteindre ces jeunes, souvent absents des dispositifs classiques. Les politiques publiques peinent à les identifier, à les suivre et surtout à leur proposer des parcours adaptés à leur réalité.
L’un des points récurrents soulevés concerne l’orientation scolaire, souvent jugée tardive, insuffisamment outillée et déconnectée des compétences réelles des élèves. Trop de jeunes arrivent au lycée – ou en sortent – sans projet clair, sans connaissance des filières professionnelles ou des opportunités locales.
Cette défaillance alimente directement le décrochage et la bascule vers l’inactivité. Une fois sorti du système, le retour devient complexe, voire décourageant. Les dispositifs de « deuxième chance » existent, mais restent insuffisamment connus, parfois stigmatisés, et inégalement répartis sur le territoire.
Face à cette situation, l’AEI propose une approche plus systémique. Parmi les pistes avancées : l’accompagnement dès le collège, la formation de conseillers d’orientation, l’utilisation d’outils de diagnostic précoce et la généralisation de structures de deuxième chance ouvertes « sans barrières ».
Autre axe fort : l’accompagnement psychologique systématique, souvent absent du débat public, mais pourtant essentiel. Le décrochage n’est pas seulement scolaire ; il est aussi émotionnel, familial et social. Ignorer cette dimension revient à traiter les symptômes sans s’attaquer aux causes.
La formation professionnelle est également appelée à jouer un rôle clé, notamment à travers une offre territoriale plus intensive et mieux articulée avec les besoins locaux. Pour les jeunes NEET, l’enjeu n’est pas seulement de se former, mais de retrouver une trajectoire, une utilité sociale et une perspective.
Au-delà des dispositifs, cette Rencontre AEI a mis en lumière une idée forte : le décrochage et l’inactivité prolongée sont des atteintes directes à la dignité des jeunes. Un jeune qui ne trouve ni sa place à l’école ni dans le monde du travail finit par se sentir inutile, invisible, parfois en rupture avec les institutions.
C’est précisément pour répondre à cette crise silencieuse que s’inscrit la Charte du 11 janvier, issue d’une large consultation nationale. Elle place la jeunesse non plus comme bénéficiaire passive, mais comme acteur à part entière d’un nouveau contrat social.
À l’issue de cette rencontre régionale, une conviction s’impose : tant que le décrochage scolaire et la situation des NEET seront traités comme des variables d’ajustement, le Maroc continuera à investir sans transformer pleinement. Répondre à cette bombe sociale silencieuse n’est pas une option. C’est une urgence stratégique.
Une hémorragie éducative persistante
Chaque année, près de 280 000 élèves quittent le système éducatif marocain sans qualification, selon les données présentées lors des Rencontres AEI. Si ce chiffre marque une baisse par rapport aux années précédentes, il reste alarmant. Plus inquiétant encore : 60 % des décrocheurs abandonnent au niveau du collège, un moment charnière où l’élève bascule souvent entre vulnérabilité sociale, perte de repères et désengagement scolaire.
Ce décrochage précoce n’est pas neutre. Il enferme des dizaines de milliers de jeunes dans des trajectoires marquées par la précarité, l’informalité ou l’inactivité prolongée. À terme, c’est tout le tissu social et économique qui en paie le prix.
Pour Nizar Baraka, la question n’est pas seulement éducative, elle est profondément sociale : « Un jeune qui décroche tôt est un jeune qui décroche aussi de la confiance, de la citoyenneté et parfois de l’espoir ». Une phrase qui résume l’enjeu humain derrière les statistiques.
Le Maroc compte aujourd’hui environ 1,5 million de jeunes NEET âgés de 15 à 24 ans. Derrière cet acronyme se cache une réalité multiple : jeunes ayant quitté l’école sans diplôme, diplômés sans emploi, jeunes femmes confinées à l’inactivité, travailleurs informels invisibles pour les politiques publiques.
Près de 32 % de ces NEET vivent en milieu rural, où l’accès à la formation, à l’orientation et à l’emploi reste particulièrement limité. L’isolement territorial accentue l’isolement social. Là où l’école aurait dû jouer un rôle d’ascenseur, elle devient parfois un sas de sortie sans destination.
Lors de cette Rencontre AEI, plusieurs intervenants ont pointé la difficulté à atteindre ces jeunes, souvent absents des dispositifs classiques. Les politiques publiques peinent à les identifier, à les suivre et surtout à leur proposer des parcours adaptés à leur réalité.
L’un des points récurrents soulevés concerne l’orientation scolaire, souvent jugée tardive, insuffisamment outillée et déconnectée des compétences réelles des élèves. Trop de jeunes arrivent au lycée – ou en sortent – sans projet clair, sans connaissance des filières professionnelles ou des opportunités locales.
Cette défaillance alimente directement le décrochage et la bascule vers l’inactivité. Une fois sorti du système, le retour devient complexe, voire décourageant. Les dispositifs de « deuxième chance » existent, mais restent insuffisamment connus, parfois stigmatisés, et inégalement répartis sur le territoire.
Face à cette situation, l’AEI propose une approche plus systémique. Parmi les pistes avancées : l’accompagnement dès le collège, la formation de conseillers d’orientation, l’utilisation d’outils de diagnostic précoce et la généralisation de structures de deuxième chance ouvertes « sans barrières ».
Autre axe fort : l’accompagnement psychologique systématique, souvent absent du débat public, mais pourtant essentiel. Le décrochage n’est pas seulement scolaire ; il est aussi émotionnel, familial et social. Ignorer cette dimension revient à traiter les symptômes sans s’attaquer aux causes.
La formation professionnelle est également appelée à jouer un rôle clé, notamment à travers une offre territoriale plus intensive et mieux articulée avec les besoins locaux. Pour les jeunes NEET, l’enjeu n’est pas seulement de se former, mais de retrouver une trajectoire, une utilité sociale et une perspective.
Au-delà des dispositifs, cette Rencontre AEI a mis en lumière une idée forte : le décrochage et l’inactivité prolongée sont des atteintes directes à la dignité des jeunes. Un jeune qui ne trouve ni sa place à l’école ni dans le monde du travail finit par se sentir inutile, invisible, parfois en rupture avec les institutions.
C’est précisément pour répondre à cette crise silencieuse que s’inscrit la Charte du 11 janvier, issue d’une large consultation nationale. Elle place la jeunesse non plus comme bénéficiaire passive, mais comme acteur à part entière d’un nouveau contrat social.
À l’issue de cette rencontre régionale, une conviction s’impose : tant que le décrochage scolaire et la situation des NEET seront traités comme des variables d’ajustement, le Maroc continuera à investir sans transformer pleinement. Répondre à cette bombe sociale silencieuse n’est pas une option. C’est une urgence stratégique.