Il y a des intox maladroites. Et puis il y a des faux tellement grossiers qu’ils insultent presque l’intelligence du public. Le prétendu document qui circule actuellement sur les réseaux sociaux, affirmant que le Tribunal arbitral du sport aurait retiré au Maroc son titre de la CAN 2025 pour déclarer le Sénégal vainqueur, appartient clairement à cette deuxième catégorie.
Non, le TAS n’a pas rendu une telle décision. Non, le Maroc n’a pas été déchu de son titre par une sentence arbitrale. Non, le Sénégal n’a pas été officiellement proclamé vainqueur par la justice sportive internationale. Ce qui circule est une contrefaçon, un faux document habillé de logos, de formules juridiques et de mise en scène administrative pour fabriquer une illusion de crédibilité.
Le plus inquiétant n’est même pas l’existence de ce faux. Les réseaux sociaux en produisent tous les jours. Le plus inquiétant, c’est la vitesse avec laquelle il se propage, se commente, s’enflamme, s’instrumentalise. Une capture d’écran devient une “preuve”. Un faux courrier devient une “décision”. Une rumeur devient une “victoire”. Et le débat public, déjà fragile, se transforme en terrain vague où chacun ramasse ce qui l’arrange.
Les faits, eux, sont plus simples. Le TAS a bien enregistré, le 25 mars 2026, un appel de la Fédération sénégalaise de football contre la CAF et la Fédération royale marocaine de football. Cet appel concerne la décision de la CAF du 17 mars 2026 attribuant la victoire finale au Maroc sur le score de 3-0, après forfait retenu contre le Sénégal. Le TAS indique aussi clairement qu’une formation arbitrale doit être nommée et qu’un calendrier de procédure doit être établi. Autrement dit : l’affaire est en cours, elle n’est pas jugée.
C’est là que le faux s’effondre. Le document viral prétend annoncer un verdict définitif alors que la procédure n’a pas encore abouti. Il est daté du 9 mai 2024, tout en prétendant annuler une décision de la CAF prise en 2025 et traiter une compétition qui, à cette date, n’avait même pas encore livré son histoire sportive. Cette incohérence chronologique suffit à elle seule à disqualifier le document. Afrik.com relève également que le texte ne figure dans aucune communication officielle du TAS, de la CAF ou de la Fédération sénégalaise.
Autre détail révélateur : la signature attribuée à un certain “Mateo Zubizarreta”, présenté comme avocat ou responsable du document. Là encore, la mise en scène ne tient pas. Dans son communiqué officiel, le TAS cite notamment Matthieu Reeb, directeur général du TAS, et Vanessa Tracey pour les contacts presse. Rien à voir avec cette signature fantaisiste utilisée pour donner au faux un vernis institutionnel.
Il faut donc le dire nettement : nous ne sommes pas face à une information controversée, mais face à une fabrication. Et une fabrication de ce type n’est jamais innocente. Elle joue sur la passion sportive, sur les rivalités nationales, sur la fierté blessée, sur la colère des supporters. Elle cherche moins à informer qu’à exciter. Moins à expliquer qu’à diviser.
Le football africain n’a pas besoin de cela. Il a besoin de règles claires, de décisions assumées, de procédures transparentes et d’un débat public adulte. Le recours du Sénégal devant le TAS est légitime dans le cadre du droit sportif. La défense du Maroc l’est tout autant. Le verdict final, lui, viendra du TAS, pas de WhatsApp, pas de Facebook, pas d’un montage douteux partagé dans l’euphorie ou l’indignation.
En attendant, la situation officielle reste inchangée : le Maroc demeure, selon la décision actuelle de la CAF, vainqueur de la CAN 2025 sur tapis vert. Le recours sénégalais existe, mais il n’a pas encore produit de décision finale. Le TAS lui-même précise qu’il n’est pas possible, à ce stade, d’anticiper les échéances de la procédure ni la date d’une éventuelle audience.
Cette affaire devrait servir de leçon. À l’ère des faux documents, des fausses signatures et des fausses urgences, la première responsabilité du lecteur est de ralentir. Vérifier la date. Vérifier la source. Vérifier le canal officiel. Vérifier qui signe. Vérifier si l’institution concernée a réellement communiqué.
Car une intox sportive n’est jamais seulement sportive. Elle teste notre capacité collective à distinguer l’émotion de l’information. Et, sur ce point, le carton rouge ne va ni au Maroc ni au Sénégal. Il va à ceux qui fabriquent le faux, puis comptent sur notre paresse numérique pour le faire gagner.
Non, le TAS n’a pas rendu une telle décision. Non, le Maroc n’a pas été déchu de son titre par une sentence arbitrale. Non, le Sénégal n’a pas été officiellement proclamé vainqueur par la justice sportive internationale. Ce qui circule est une contrefaçon, un faux document habillé de logos, de formules juridiques et de mise en scène administrative pour fabriquer une illusion de crédibilité.
Le plus inquiétant n’est même pas l’existence de ce faux. Les réseaux sociaux en produisent tous les jours. Le plus inquiétant, c’est la vitesse avec laquelle il se propage, se commente, s’enflamme, s’instrumentalise. Une capture d’écran devient une “preuve”. Un faux courrier devient une “décision”. Une rumeur devient une “victoire”. Et le débat public, déjà fragile, se transforme en terrain vague où chacun ramasse ce qui l’arrange.
Les faits, eux, sont plus simples. Le TAS a bien enregistré, le 25 mars 2026, un appel de la Fédération sénégalaise de football contre la CAF et la Fédération royale marocaine de football. Cet appel concerne la décision de la CAF du 17 mars 2026 attribuant la victoire finale au Maroc sur le score de 3-0, après forfait retenu contre le Sénégal. Le TAS indique aussi clairement qu’une formation arbitrale doit être nommée et qu’un calendrier de procédure doit être établi. Autrement dit : l’affaire est en cours, elle n’est pas jugée.
C’est là que le faux s’effondre. Le document viral prétend annoncer un verdict définitif alors que la procédure n’a pas encore abouti. Il est daté du 9 mai 2024, tout en prétendant annuler une décision de la CAF prise en 2025 et traiter une compétition qui, à cette date, n’avait même pas encore livré son histoire sportive. Cette incohérence chronologique suffit à elle seule à disqualifier le document. Afrik.com relève également que le texte ne figure dans aucune communication officielle du TAS, de la CAF ou de la Fédération sénégalaise.
Autre détail révélateur : la signature attribuée à un certain “Mateo Zubizarreta”, présenté comme avocat ou responsable du document. Là encore, la mise en scène ne tient pas. Dans son communiqué officiel, le TAS cite notamment Matthieu Reeb, directeur général du TAS, et Vanessa Tracey pour les contacts presse. Rien à voir avec cette signature fantaisiste utilisée pour donner au faux un vernis institutionnel.
Il faut donc le dire nettement : nous ne sommes pas face à une information controversée, mais face à une fabrication. Et une fabrication de ce type n’est jamais innocente. Elle joue sur la passion sportive, sur les rivalités nationales, sur la fierté blessée, sur la colère des supporters. Elle cherche moins à informer qu’à exciter. Moins à expliquer qu’à diviser.
Le football africain n’a pas besoin de cela. Il a besoin de règles claires, de décisions assumées, de procédures transparentes et d’un débat public adulte. Le recours du Sénégal devant le TAS est légitime dans le cadre du droit sportif. La défense du Maroc l’est tout autant. Le verdict final, lui, viendra du TAS, pas de WhatsApp, pas de Facebook, pas d’un montage douteux partagé dans l’euphorie ou l’indignation.
En attendant, la situation officielle reste inchangée : le Maroc demeure, selon la décision actuelle de la CAF, vainqueur de la CAN 2025 sur tapis vert. Le recours sénégalais existe, mais il n’a pas encore produit de décision finale. Le TAS lui-même précise qu’il n’est pas possible, à ce stade, d’anticiper les échéances de la procédure ni la date d’une éventuelle audience.
Cette affaire devrait servir de leçon. À l’ère des faux documents, des fausses signatures et des fausses urgences, la première responsabilité du lecteur est de ralentir. Vérifier la date. Vérifier la source. Vérifier le canal officiel. Vérifier qui signe. Vérifier si l’institution concernée a réellement communiqué.
Car une intox sportive n’est jamais seulement sportive. Elle teste notre capacité collective à distinguer l’émotion de l’information. Et, sur ce point, le carton rouge ne va ni au Maroc ni au Sénégal. Il va à ceux qui fabriquent le faux, puis comptent sur notre paresse numérique pour le faire gagner.