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​GITEX AFRICA Morocco: un dialogue stratégique sur la cybersécurité propulse l’ambition d’une Afrique numérique unifiée


Rédigé par La Rédaction le Jeudi 9 Avril 2026

À l’occasion d’une deuxième journée particulièrement dense, GITEX AFRICA Morocco a placé la cybersécurité au cœur de l’agenda continental, confirmant son rôle de plateforme où convergent politiques publiques, investissements et innovation. Un dialogue multilatéral de haut niveau a réuni ministres, responsables publics, dirigeants technologiques et experts pour tracer la trajectoire de l’Afrique à l’heure d’une transformation accélérée par l’intelligence artificielle.



​GITEX AFRICA Morocco: un dialogue stratégique sur la cybersécurité propulse l’ambition d’une Afrique numérique unifiée
Organisé du 7 au 9 avril sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, GITEX AFRICA Morocco se tient sous l’autorité du ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, accueilli par l’Agence de Développement du Digital et opéré par KAOUN International. L’édition 2026 rassemble plus de 1 450 entreprises et startups, ainsi que des participants en provenance de plus de 130 pays, autour du thème « Créer un avenir global pour l’Afrique numérique ».

Au centre des discussions, la montée de la cybercriminalité et la nécessité d’une réponse coordonnée à l’échelle panafricaine. En partenariat avec la Direction Générale de la Sécurité des Systèmes d’Information (DGSSI) du Maroc, le sommet Strategic Digital Defence AI Readiness (STAR) a structuré un agenda d’action pour défendre les infrastructures critiques, faire face aux attaques amplifiées par l’IA et bâtir une résilience collective. Les échanges ont mis l’accent sur le développement d’infrastructures cloud robustes, le renforcement de la souveraineté numérique et l’intégration des capacités liées à l’IA, dans un contexte où l’écosystème fait face à des menaces de plus en plus sophistiquées.

L’ampleur des défis chiffrée souligne l’urgence: la cybercriminalité engendre des pertes estimées à 5 milliards de dollars par an sur le continent, tandis que les organisations régionales subissent en moyenne 3 153 attaques hebdomadaires, un niveau supérieur de 60 % à la moyenne mondiale. Face à ces risques systémiques, les intervenants ont insisté sur la nécessité d’une coopération transfrontalière accrue, d’investissements structurels et d’une montée en compétences à grande échelle.

« La cybersécurité ne peut être appréhendée uniquement à l’échelle nationale. Les menaces circulent au-delà des frontières et chaque vulnérabilité appelle une coordination renforcée », a déclaré le Général de Brigade Abdellah Boutrig, Directeur Général de la DGSSI. « La valeur d’un sommet comme celui-ci réside dans sa capacité à produire une réflexion opérationnelle, à réunir les acteurs pertinents et à accélérer le passage d’une prise de conscience partagée à une action coordonnée. C’est ainsi que se construisent des écosystèmes de cybersécurité solides, à l’échelle nationale, régionale et continentale. » Et de poursuivre: « La résilience cyber se construit dans la durée. Elle repose sur des investissements constants, une préparation opérationnelle, des partenariats de confiance et un développement continu des compétences. »

Un panel stratégique consacré à la construction de nations cyber‑résilientes a réuni des experts d’Éthiopie, du Nigeria, du Gabon, du Niger et du Maroc, convergeant vers une même priorité: investir dans les talents, intensifier la sensibilisation et accompagner les citoyens vers des usages numériques responsables et sécurisés. Le déficit de compétences en cybersécurité, qui s’accentue au rythme de la sophistication des attaques, fragilise les infrastructures critiques, les économies et les systèmes publics.

« Nous vivons un moment charnière où l’intelligence artificielle redéfinit les règles du jeu et complexifie le paysage des menaces », a souligné Kashifu Abdullahi, Directeur Général de la National Information Technology Development Agency du Nigeria. S’appuyant sur des études indiquant que plus de 95 % des incidents proviennent d’erreurs humaines, il a insisté sur l’éducation et la formation: « La première ligne de défense reste l’humain. Nous voulons former une jeunesse capable de concevoir des solutions de cybersécurité au service de la défense nationale, de créer des innovations à fort impact et de les porter au-delà des frontières. »

En consolidant un espace de concertation et d’action sur la cybersécurité — adossé à des infrastructures numériques résilientes, à l’IA et à des programmes de montée en compétences — GITEX AFRICA Morocco donne une nouvelle impulsion à l’ambition d’une Afrique numériquement souveraine, interconnectée et compétitive. Le rendez‑vous de Marrakech confirme ainsi sa vocation: faire émerger des coalitions et des projets concrets au service d’un avenir numérique unifié.

Pour suivre l’actualité et les mises à jour de GITEX AFRICA Morocco: www.gitexafrica.com




Jeudi 9 Avril 2026