Par Bargach Larbi
En 2022, lors du mondial de Qatar, l'Afrique était représentée par cinq nations sur trente-deux sélections participantes. Aujourd'hui, dans un mondial avec 12 pays supplémentaires, l’Afrique aligne dix représentants, dont neuf qualifiés directement plus le Congo, suite à un parcours parfait lors des matchs barrages.
Cette évolution très favorable, de la représentation africaine sur la scène internationale, est le résultat d’un travail de fond tant sur le plan institutionnel que sportif. C’est d’abord celui de la Confédération Africaine de Football. L’institution qui gère le football africain n’a jamais autant imposé ses règles que depuis qu’elle est sous la gouvernance du duo formé par le Sudafricain Motsepe et le Marocain Lekjaa.
C’est ensuite le résultat d’une évolution sportive spectaculaire des équipes nationales du continent. L’élément déclencheur de cette révolution porte un nom : le Maroc. La demi-finale historique de Qatar 2022 a bouleversé les mentalités. Depuis « l’Épopée des Lions de l'Atlas » — titre d’un ouvrage auquel j’ai participé — les Africains ont modifié le logiciel en charge de programmer leurs parcours. Ils savent dorénavant qu’une équipe africaine peut aller jusqu'au bout. Sur le plan psychologique un plafond de verre est brisé.
Pour être tout à fait précis le Maroc n’était pas seul à briller en 2022. Le Sénégal a également franchi la phase des poules. Deux équipes en phases de qualification directe, c’était aussi une première pour la CAF. Une première d’autant plus significative que toutes les autres équipes ont remporté des victoires symboliques. Le Cameroun face au Brésil, la Tunisie face à la France et le Ghana face à la Corée du Sud. Cette tendance est largement confirmée pour l’édition 2026. À deux jours de la fin des phases de groupe ; Sept équipes (Maroc, Afrique du Sud, Côte d’Ivoire, Égypte, Cap Vert, Sénégal et Ghana) sont déjà qualifiées ; deux autres sont en ballotage favorable (Algérie et R.D du Congo) un seul est officiellement out, la Tunisie, dont personne n’a compris l’indigence du parcours. En qualifiant, quasiment neuf équipes sur trente-deux l’Afrique double sa représentation et montre qu’elle le mérite.
L'un des marqueurs les plus importants de cette montée en puissance est le phénomène des joueurs binationaux. Ils choisissent, de plus en plus nombreux, le pays de naissance de leurs parents. Brahim Diaz, Ayoub Bouaddi et Ibrahim Mbaye (Sénégal) sont les exemples les plus médiatisés. Lors du Mondial en cours, le Maroc est devenu la première équipe à aligner onze joueurs nés à l'étranger lors d'un match de Coupe du monde.
C’est préoccupant pour l’Europe dont les ressources humaines footballistiques sont essentiellement puisées dans les communautés issues de l’immigration. Le Congo c’est vingt binationaux sur vingt-six, l'Algérie seize, la Tunisie quinze etc. Ceux qui critiquent cette tendance n’ont pas la lucidité de constater que cette migration à l’envers n'est plus seulement un choix de cœur : c'est un projet sportif crédible, structuré et attractif.
Ce n’est pas tout, l’Afrique attire mais forme également. L’exemple de l’Académie Mohammed VI est le plus spectaculaire. Un phénomène intéressant d’autant que l’Académie a, depuis deux ans des relais régionaux. Ces Relais lancés avec la collaboration de l’UM6P, ont pour ambition de permettre à l’Académie Mohammed VI de devenir un des meilleurs centres de formation au monde. L’UM6P est, pour rappel, le plus grand pourvoyeur étranger de lauréats admis au concours de Polytechnique en France.
Avec toutes ces données le Maroc peut légitimement prétendre au statut de meilleur élève de la classe, ça flatte l’égo et ça ne mange pas de pain. L’essentiel est ailleurs. À cet égard il faut se réjouir de l’impulsion de la CAF, injustement critiquée par un grand nombre d’observateurs européens, ce que l’on peut comprendre — le danger d’un futur leadership africain est réel — mais aussi en interne. C’est frustrant, surtout que l’on sait, sans grand risque de nous tromper, que les motivations des opposants sont extra-sportifs.
En effet, la CAF, sous la gouvernance actuelle, a permis des avancées considérables dans la gestion du football africain. Sur le plan économique et financier la CAF est devenue une puissance économique avec un niveau d’exigences jamais été atteint auparavant. La CAN 2025, organisée au Maroc en est une démonstration évidente. À cet effet il serait intéressant d’avoir l’opinion de la délégation sénégalaise, bien discrète depuis quelques semaines, sur les conditions d’accueil, de sécurité et d’entrainement des Lions de la Teranga comparativement à celles dont la délégation a bénéficié au Maroc.
L’observateur indépendant a eu un aperçu lorsque le mondial 2026 nous a offert le spectacle des stadiers de Philadelphie en galère pour gérer les conséquences d’une pluie diluvienne qui s’est abattue sur la ville. Le drainage des pelouses n’a pas autant résisté que le gazon des terrains au Maroc mis à l’épreuve dans des conditions identiques.
Ce sont autant de données factuelles en faveur de l’attractivité des pays africains et du renforcement de la puissance du football africain. L’Afrique n’a pas fini de surprendre. Pourtant, à l'heure où le continent est mieux représenté, mieux équipé et surtout mieux considéré, les nations africaines continuent de se déchirer entre elles. Des polémiques stériles masquent des agendas politiques non déclarés.
Des « trolls », probablement fabriqués et pilotés par des officines, inondent les réseaux sociaux et sèment le trouble entre les populations des pays de la région. Ils feraient mieux de s’unir au lieu de se déchirer. C’est un constat douloureux pour ceux dont l’ambition est de faire avancer l’Afrique. Ils butent, trop souvent, sur des réflexes partisans qui au lieu de fédérer les énergies, les éteignent.
Ces freins au développement africains doivent être combattus. Ceux qui ont failli détruire le projet par un comportement de voyous et un discours populiste de circonstances, ont le devoir de reconnaitre leurs erreurs et commencer par s’excuser auprès de la CAF, du Maroc et des Marocains. Les résultats spectaculaires obtenus par l’Afrique ne sont pas venus de nulle part.
C’est le résultat d’une vision, d’une stratégie et d’acteurs au service d’un projet ambitieux. L’Afrique arrive en force, un pays africain sera champion du monde d’ici maximum 2034. Cette prévision est confortée par les propos d’un expert chroniqueur chez Infosport. Il a raison et ça pourrait arriver beaucoup plus vite que prévu, en tous cas c’est ce qu’il faut espérer.
Dima Maghrib
Bargach Larbi
Cette évolution très favorable, de la représentation africaine sur la scène internationale, est le résultat d’un travail de fond tant sur le plan institutionnel que sportif. C’est d’abord celui de la Confédération Africaine de Football. L’institution qui gère le football africain n’a jamais autant imposé ses règles que depuis qu’elle est sous la gouvernance du duo formé par le Sudafricain Motsepe et le Marocain Lekjaa.
C’est ensuite le résultat d’une évolution sportive spectaculaire des équipes nationales du continent. L’élément déclencheur de cette révolution porte un nom : le Maroc. La demi-finale historique de Qatar 2022 a bouleversé les mentalités. Depuis « l’Épopée des Lions de l'Atlas » — titre d’un ouvrage auquel j’ai participé — les Africains ont modifié le logiciel en charge de programmer leurs parcours. Ils savent dorénavant qu’une équipe africaine peut aller jusqu'au bout. Sur le plan psychologique un plafond de verre est brisé.
Pour être tout à fait précis le Maroc n’était pas seul à briller en 2022. Le Sénégal a également franchi la phase des poules. Deux équipes en phases de qualification directe, c’était aussi une première pour la CAF. Une première d’autant plus significative que toutes les autres équipes ont remporté des victoires symboliques. Le Cameroun face au Brésil, la Tunisie face à la France et le Ghana face à la Corée du Sud. Cette tendance est largement confirmée pour l’édition 2026. À deux jours de la fin des phases de groupe ; Sept équipes (Maroc, Afrique du Sud, Côte d’Ivoire, Égypte, Cap Vert, Sénégal et Ghana) sont déjà qualifiées ; deux autres sont en ballotage favorable (Algérie et R.D du Congo) un seul est officiellement out, la Tunisie, dont personne n’a compris l’indigence du parcours. En qualifiant, quasiment neuf équipes sur trente-deux l’Afrique double sa représentation et montre qu’elle le mérite.
L'un des marqueurs les plus importants de cette montée en puissance est le phénomène des joueurs binationaux. Ils choisissent, de plus en plus nombreux, le pays de naissance de leurs parents. Brahim Diaz, Ayoub Bouaddi et Ibrahim Mbaye (Sénégal) sont les exemples les plus médiatisés. Lors du Mondial en cours, le Maroc est devenu la première équipe à aligner onze joueurs nés à l'étranger lors d'un match de Coupe du monde.
C’est préoccupant pour l’Europe dont les ressources humaines footballistiques sont essentiellement puisées dans les communautés issues de l’immigration. Le Congo c’est vingt binationaux sur vingt-six, l'Algérie seize, la Tunisie quinze etc. Ceux qui critiquent cette tendance n’ont pas la lucidité de constater que cette migration à l’envers n'est plus seulement un choix de cœur : c'est un projet sportif crédible, structuré et attractif.
Ce n’est pas tout, l’Afrique attire mais forme également. L’exemple de l’Académie Mohammed VI est le plus spectaculaire. Un phénomène intéressant d’autant que l’Académie a, depuis deux ans des relais régionaux. Ces Relais lancés avec la collaboration de l’UM6P, ont pour ambition de permettre à l’Académie Mohammed VI de devenir un des meilleurs centres de formation au monde. L’UM6P est, pour rappel, le plus grand pourvoyeur étranger de lauréats admis au concours de Polytechnique en France.
Avec toutes ces données le Maroc peut légitimement prétendre au statut de meilleur élève de la classe, ça flatte l’égo et ça ne mange pas de pain. L’essentiel est ailleurs. À cet égard il faut se réjouir de l’impulsion de la CAF, injustement critiquée par un grand nombre d’observateurs européens, ce que l’on peut comprendre — le danger d’un futur leadership africain est réel — mais aussi en interne. C’est frustrant, surtout que l’on sait, sans grand risque de nous tromper, que les motivations des opposants sont extra-sportifs.
En effet, la CAF, sous la gouvernance actuelle, a permis des avancées considérables dans la gestion du football africain. Sur le plan économique et financier la CAF est devenue une puissance économique avec un niveau d’exigences jamais été atteint auparavant. La CAN 2025, organisée au Maroc en est une démonstration évidente. À cet effet il serait intéressant d’avoir l’opinion de la délégation sénégalaise, bien discrète depuis quelques semaines, sur les conditions d’accueil, de sécurité et d’entrainement des Lions de la Teranga comparativement à celles dont la délégation a bénéficié au Maroc.
L’observateur indépendant a eu un aperçu lorsque le mondial 2026 nous a offert le spectacle des stadiers de Philadelphie en galère pour gérer les conséquences d’une pluie diluvienne qui s’est abattue sur la ville. Le drainage des pelouses n’a pas autant résisté que le gazon des terrains au Maroc mis à l’épreuve dans des conditions identiques.
Ce sont autant de données factuelles en faveur de l’attractivité des pays africains et du renforcement de la puissance du football africain. L’Afrique n’a pas fini de surprendre. Pourtant, à l'heure où le continent est mieux représenté, mieux équipé et surtout mieux considéré, les nations africaines continuent de se déchirer entre elles. Des polémiques stériles masquent des agendas politiques non déclarés.
Des « trolls », probablement fabriqués et pilotés par des officines, inondent les réseaux sociaux et sèment le trouble entre les populations des pays de la région. Ils feraient mieux de s’unir au lieu de se déchirer. C’est un constat douloureux pour ceux dont l’ambition est de faire avancer l’Afrique. Ils butent, trop souvent, sur des réflexes partisans qui au lieu de fédérer les énergies, les éteignent.
Ces freins au développement africains doivent être combattus. Ceux qui ont failli détruire le projet par un comportement de voyous et un discours populiste de circonstances, ont le devoir de reconnaitre leurs erreurs et commencer par s’excuser auprès de la CAF, du Maroc et des Marocains. Les résultats spectaculaires obtenus par l’Afrique ne sont pas venus de nulle part.
C’est le résultat d’une vision, d’une stratégie et d’acteurs au service d’un projet ambitieux. L’Afrique arrive en force, un pays africain sera champion du monde d’ici maximum 2034. Cette prévision est confortée par les propos d’un expert chroniqueur chez Infosport. Il a raison et ça pourrait arriver beaucoup plus vite que prévu, en tous cas c’est ce qu’il faut espérer.
Dima Maghrib
Bargach Larbi