La Corée du Sud vient de poser une question économique particulièrement intéressante : que faire lorsqu’une industrie stratégique rapporte soudain beaucoup plus d’argent au pays ?
Sa réponse consiste à ne pas consommer entièrement cette manne.
Séoul prépare un « Future Response Fund » alimenté par une partie des recettes fiscales supplémentaires générées par le boom des semi-conducteurs. Le mécanisme servirait notamment à financer l’intelligence artificielle, les compétences, les jeunes générations, l’emploi et plusieurs politiques sociales. Reuters indique que la taille définitive du fonds n’a pas encore été arrêtée, même si certaines estimations évoquent un montant pouvant dépasser 100 000 milliards de wons, soit plus de 70 milliards de dollars.
L’idée est presque celle d’un fonds souverain appliqué à une rente technologique.
Aujourd’hui, Samsung Electronics et SK Hynix profitent massivement de la demande mondiale en mémoires et composants nécessaires aux infrastructures d’intelligence artificielle. Cela génère davantage de profits, donc davantage de recettes fiscales.
Séoul veut utiliser une partie de ce surplus pour financer la prochaine vague technologique.
La rente d’aujourd’hui finance l’industrie de demain
Le principe mérite l’attention du Maroc.
Le Royaume possède lui aussi des secteurs capables de générer des recettes exceptionnelles lorsque les cycles internationaux leur sont favorables : phosphates, automobile, activités portuaires, tourisme, éventuellement demain batteries, hydrogène vert ou nouvelles industries numériques.
Aujourd’hui, ces recettes alimentent naturellement les entreprises, les investissements et le budget de l’État.
Mais pourquoi ne pas définir une règle permettant de sanctuariser une partie des recettes exceptionnellement supérieures à leur tendance historique ?
Cette fraction pourrait alimenter un fonds consacré exclusivement aux infrastructures technologiques et au capital humain.
Pas un fonds destiné à financer des dépenses courantes.
Un fonds pour acheter du temps.
Acheter du calcul informatique, financer des laboratoires, soutenir des doctorants, installer des infrastructures cloud, accompagner des start-up deeptech, développer la robotique ou accélérer la formation aux métiers dont le Maroc aura besoin dans dix ans.
Éviter le piège de la volatilité
L’idée exige évidemment des garde-fous.
Les recettes des phosphates ou d’autres secteurs peuvent varier fortement. Construire des dépenses permanentes sur une recette exceptionnelle serait dangereux.
Le mécanisme coréen est justement intéressant parce qu’il cherche à isoler la partie réellement exceptionnelle du revenu fiscal en la comparant à une tendance de long terme.
C’est cette logique qui pourrait inspirer le Maroc, davantage que le montant lui-même.
Car la révolution technologique mondiale exige énormément de capital, et les budgets publics marocains devront simultanément financer l’État social, l’éducation, la santé, l’eau, les transports et les infrastructures.
Attendre que de l’argent « reste disponible » pour investir dans la technologie risque donc de ne jamais fonctionner.
La Corée du Sud propose une autre philosophie : lorsque l’économie produit une rente inattendue, une partie est automatiquement réservée au futur.
Le Maroc n’a pas besoin de copier Séoul. Mais il pourrait retenir une idée simple.
Les bonnes années ne devraient pas seulement servir à mieux vivre aujourd’hui.
Elles devraient aussi servir à acheter une place dans l’économie de demain.
Séoul prépare un « Future Response Fund » alimenté par une partie des recettes fiscales supplémentaires générées par le boom des semi-conducteurs. Le mécanisme servirait notamment à financer l’intelligence artificielle, les compétences, les jeunes générations, l’emploi et plusieurs politiques sociales. Reuters indique que la taille définitive du fonds n’a pas encore été arrêtée, même si certaines estimations évoquent un montant pouvant dépasser 100 000 milliards de wons, soit plus de 70 milliards de dollars.
L’idée est presque celle d’un fonds souverain appliqué à une rente technologique.
Aujourd’hui, Samsung Electronics et SK Hynix profitent massivement de la demande mondiale en mémoires et composants nécessaires aux infrastructures d’intelligence artificielle. Cela génère davantage de profits, donc davantage de recettes fiscales.
Séoul veut utiliser une partie de ce surplus pour financer la prochaine vague technologique.
La rente d’aujourd’hui finance l’industrie de demain
Le principe mérite l’attention du Maroc.
Le Royaume possède lui aussi des secteurs capables de générer des recettes exceptionnelles lorsque les cycles internationaux leur sont favorables : phosphates, automobile, activités portuaires, tourisme, éventuellement demain batteries, hydrogène vert ou nouvelles industries numériques.
Aujourd’hui, ces recettes alimentent naturellement les entreprises, les investissements et le budget de l’État.
Mais pourquoi ne pas définir une règle permettant de sanctuariser une partie des recettes exceptionnellement supérieures à leur tendance historique ?
Cette fraction pourrait alimenter un fonds consacré exclusivement aux infrastructures technologiques et au capital humain.
Pas un fonds destiné à financer des dépenses courantes.
Un fonds pour acheter du temps.
Acheter du calcul informatique, financer des laboratoires, soutenir des doctorants, installer des infrastructures cloud, accompagner des start-up deeptech, développer la robotique ou accélérer la formation aux métiers dont le Maroc aura besoin dans dix ans.
Éviter le piège de la volatilité
L’idée exige évidemment des garde-fous.
Les recettes des phosphates ou d’autres secteurs peuvent varier fortement. Construire des dépenses permanentes sur une recette exceptionnelle serait dangereux.
Le mécanisme coréen est justement intéressant parce qu’il cherche à isoler la partie réellement exceptionnelle du revenu fiscal en la comparant à une tendance de long terme.
C’est cette logique qui pourrait inspirer le Maroc, davantage que le montant lui-même.
Car la révolution technologique mondiale exige énormément de capital, et les budgets publics marocains devront simultanément financer l’État social, l’éducation, la santé, l’eau, les transports et les infrastructures.
Attendre que de l’argent « reste disponible » pour investir dans la technologie risque donc de ne jamais fonctionner.
La Corée du Sud propose une autre philosophie : lorsque l’économie produit une rente inattendue, une partie est automatiquement réservée au futur.
Le Maroc n’a pas besoin de copier Séoul. Mais il pourrait retenir une idée simple.
Les bonnes années ne devraient pas seulement servir à mieux vivre aujourd’hui.
Elles devraient aussi servir à acheter une place dans l’économie de demain.