Un classement qui surprend la France
Le quotidien français Le Figaro Étudiant a publié en mars 2026 son classement des meilleures classes préparatoires à l’étranger pour intégrer les grandes écoles françaises, notamment la très prestigieuse École Polytechnique, surnommée « l’X ». Les résultats sont sans appel : les établissements marocains occupent largement les premières places du classement.
Le podium scientifique est même entièrement marocain. En tête, le Lycée Mohammed VI d’Excellence (LYDEX) de Benguérir, avec plus de 17 % de ses élèves admis à Polytechnique sur trois ans, un taux remarquable même comparé à certaines prépas françaises.
Derrière lui, on retrouve notamment : le Lycée Méditerranéen de Tétouan et le Lycée Al Zahrawi de Rabat
Plusieurs autres établissements marocains figurent également dans le Top 10 : le lycée Moulay Driss de Fès, le lycée Ibn Timiya de Marrakech ou encore le lycée Ibn Ghazi de Rabat.
Dans les filières économiques et commerciales, le constat est identique. Le groupe scolaire La Résidence de Casablanca arrive en tête, suivi par ses propres classes préparatoires de Bouskoura et celles du lycée Ibn Ghazi.
Autrement dit, dans l’écosystème des classes préparatoires étrangères, le Maroc est devenu la principale puissance académique.
Polytechnique : les Marocains en tête des étrangers
La domination marocaine ne se limite pas aux prépas. Elle se reflète directement dans les promotions de l’École Polytechnique elle-même. En 2025, 24 étudiants marocains ont réussi le concours extrêmement sélectif de l’X, après les épreuves écrites et orales.
Ce chiffre est loin d’être marginal. Dans plusieurs promotions récentes, les Marocains représentent le premier contingent d’étudiants étrangers dans l’école.
Plus largement, les Marocains forment aussi la première communauté étudiante internationale en France, avec plus de 43 000 étudiants inscrits (certaines sources parlent de 70000) dans l’enseignement supérieur français.
Dans les écoles d’ingénieurs françaises, on en compte plus de 6 000, preuve d’une présence massive dans les disciplines scientifiques. Dans les concours les plus difficiles d’Europe, la réussite marocaine n’est donc pas une anecdote. Elle constitue une constante.
Le secret des classes préparatoires marocaines et pourquoi cette réussite ?
La réponse tient en grande partie au système des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE). Importé de France, ce modèle d’enseignement repose sur deux années d’études extrêmement intensives après le baccalauréat.
Le principe est simple : sélectionner les meilleurs élèves scientifiques, puis les soumettre à un entraînement académique intensif, principalement en mathématiques, physique et informatique.
Au Maroc, ce système a pris une dimension presque culturelle.
Dans certaines prépas, les étudiants travaillent jusqu’à 12 heures par jour, avec un rythme de colles orales, de devoirs surveillés et de concours blancs permanents.
Résultat : une génération d’étudiants extrêmement compétitifs sur les concours.
Le classement du Figaro souligne d’ailleurs que le Maroc fait partie des rares pays étrangers à avoir adopté et perfectionné ce modèle élitiste des classes préparatoires.
Ce modèle produit une élite scientifique très structurée.
Une réussite qui sert aussi la France car paradoxalement, cette domination marocaine bénéficie aussi à la France.
Les grandes écoles françaises rencontrent depuis plusieurs années des difficultés à recruter suffisamment d’étudiants scientifiques français dans certaines filières. Les classes préparatoires étrangères constituent donc un vivier stratégique.
Selon plusieurs responsables d’écoles citées dans les analyses du classement, ces prépas étrangères permettent de maintenir un niveau académique élevé dans les concours.
Autrement dit, l’excellence marocaine alimente directement l’écosystème scientifique français.
La diaspora scientifique marocaine
Une fois admis à Polytechnique ou dans d’autres grandes écoles comme Centrale ou les Mines, les étudiants marocains suivent souvent un parcours similaire.
Première étape : une carrière à l’étranger, dans la finance, la technologie ou le conseil.
Les diplômés de l’X travaillent dans les grandes banques internationales, les entreprises de haute technologie ou les cabinets de stratégie.
Deuxième étape : le retour progressif vers le Maroc.
De nombreux ingénieurs reviennent après plusieurs années d’expérience pour occuper des postes de direction dans les groupes industriels, les institutions publiques ou les startups technologiques.
Ce phénomène alimente ce que certains économistes appellent une diaspora circulaire du savoir. Le cerveau ne fuit pas définitivement. Il circule.
Le paradoxe marocain : Ce succès académique pose toutefois une question.
Comment un pays dont le système universitaire public est souvent critiqué peut-il produire une élite scientifique capable de rivaliser avec les meilleurs étudiants du monde ?
La réponse tient peut-être dans une distinction importante : le système éducatif marocain est inégal, mais ses filières d’excellence sont redoutablement efficaces.
Les classes préparatoires en sont l’exemple parfait.
Elles concentrent les meilleurs élèves, les meilleurs enseignants et une culture du travail extrêmement exigeante.
Un modèle élitiste, certes, mais performant et un symbole de soft power marocain
Au-delà des chiffres, cette réussite a une dimension plus large. Elle participe au soft power scientifique du Maroc. Dans les laboratoires, les universités et les grandes entreprises, les ingénieurs marocains formés dans les grandes écoles françaises occupent des positions de plus en plus visibles.
Certains deviennent chercheurs, entrepreneurs ou responsables politiques.
Parmi eux, plusieurs figures marocaines passées par Polytechnique ont ensuite joué des rôles majeurs dans l’administration ou la diplomatie. La formation scientifique devient ainsi un instrument discret d’influence.
Une question stratégique pour l’avenir avec un débat commence aussi à émerger :
Le Maroc doit-il continuer à exporter ses meilleurs cerveaux vers les grandes écoles étrangères ? Ou bien développer davantage ses propres institutions scientifiques d’élite ?
Depuis quelques années, le pays tente justement de renforcer son écosystème académique avec des projets comme l’Université Mohammed VI Polytechnique, qui vise à devenir un centre de recherche scientifique international. L’enjeu est clair : transformer l’excellence académique en puissance technologique.
Une histoire de mathématiques… et de culture
Au fond, cette domination marocaine dans les concours scientifiques raconte une histoire plus profonde.
Une culture scolaire où les mathématiques restent un symbole de prestige.
Une tradition éducative où l’effort académique est valorisé.
Et une génération d’étudiants prêts à travailler intensément pour intégrer les institutions les plus sélectives du monde.
Dans un univers dominé par les classements internationaux, les universités anglo-saxonnes et la compétition globale pour les talents, cette réussite marocaine ressemble presque à un paradoxe.
Un petit pays qui, discrètement, domine les concours les plus difficiles de l’enseignement supérieur français. Dans les salles d’examen de Polytechnique, cela se voit chaque année.
Et certains examinateurs le disent parfois avec un sourire : quand on corrige une copie brillante de mathématiques… il y a de fortes chances qu’elle soit marocaine.
Le podium scientifique est même entièrement marocain. En tête, le Lycée Mohammed VI d’Excellence (LYDEX) de Benguérir, avec plus de 17 % de ses élèves admis à Polytechnique sur trois ans, un taux remarquable même comparé à certaines prépas françaises.
Derrière lui, on retrouve notamment : le Lycée Méditerranéen de Tétouan et le Lycée Al Zahrawi de Rabat
Plusieurs autres établissements marocains figurent également dans le Top 10 : le lycée Moulay Driss de Fès, le lycée Ibn Timiya de Marrakech ou encore le lycée Ibn Ghazi de Rabat.
Dans les filières économiques et commerciales, le constat est identique. Le groupe scolaire La Résidence de Casablanca arrive en tête, suivi par ses propres classes préparatoires de Bouskoura et celles du lycée Ibn Ghazi.
Autrement dit, dans l’écosystème des classes préparatoires étrangères, le Maroc est devenu la principale puissance académique.
Polytechnique : les Marocains en tête des étrangers
La domination marocaine ne se limite pas aux prépas. Elle se reflète directement dans les promotions de l’École Polytechnique elle-même. En 2025, 24 étudiants marocains ont réussi le concours extrêmement sélectif de l’X, après les épreuves écrites et orales.
Ce chiffre est loin d’être marginal. Dans plusieurs promotions récentes, les Marocains représentent le premier contingent d’étudiants étrangers dans l’école.
Plus largement, les Marocains forment aussi la première communauté étudiante internationale en France, avec plus de 43 000 étudiants inscrits (certaines sources parlent de 70000) dans l’enseignement supérieur français.
Dans les écoles d’ingénieurs françaises, on en compte plus de 6 000, preuve d’une présence massive dans les disciplines scientifiques. Dans les concours les plus difficiles d’Europe, la réussite marocaine n’est donc pas une anecdote. Elle constitue une constante.
Le secret des classes préparatoires marocaines et pourquoi cette réussite ?
La réponse tient en grande partie au système des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE). Importé de France, ce modèle d’enseignement repose sur deux années d’études extrêmement intensives après le baccalauréat.
Le principe est simple : sélectionner les meilleurs élèves scientifiques, puis les soumettre à un entraînement académique intensif, principalement en mathématiques, physique et informatique.
Au Maroc, ce système a pris une dimension presque culturelle.
Dans certaines prépas, les étudiants travaillent jusqu’à 12 heures par jour, avec un rythme de colles orales, de devoirs surveillés et de concours blancs permanents.
Résultat : une génération d’étudiants extrêmement compétitifs sur les concours.
Le classement du Figaro souligne d’ailleurs que le Maroc fait partie des rares pays étrangers à avoir adopté et perfectionné ce modèle élitiste des classes préparatoires.
Ce modèle produit une élite scientifique très structurée.
Une réussite qui sert aussi la France car paradoxalement, cette domination marocaine bénéficie aussi à la France.
Les grandes écoles françaises rencontrent depuis plusieurs années des difficultés à recruter suffisamment d’étudiants scientifiques français dans certaines filières. Les classes préparatoires étrangères constituent donc un vivier stratégique.
Selon plusieurs responsables d’écoles citées dans les analyses du classement, ces prépas étrangères permettent de maintenir un niveau académique élevé dans les concours.
Autrement dit, l’excellence marocaine alimente directement l’écosystème scientifique français.
La diaspora scientifique marocaine
Une fois admis à Polytechnique ou dans d’autres grandes écoles comme Centrale ou les Mines, les étudiants marocains suivent souvent un parcours similaire.
Première étape : une carrière à l’étranger, dans la finance, la technologie ou le conseil.
Les diplômés de l’X travaillent dans les grandes banques internationales, les entreprises de haute technologie ou les cabinets de stratégie.
Deuxième étape : le retour progressif vers le Maroc.
De nombreux ingénieurs reviennent après plusieurs années d’expérience pour occuper des postes de direction dans les groupes industriels, les institutions publiques ou les startups technologiques.
Ce phénomène alimente ce que certains économistes appellent une diaspora circulaire du savoir. Le cerveau ne fuit pas définitivement. Il circule.
Le paradoxe marocain : Ce succès académique pose toutefois une question.
Comment un pays dont le système universitaire public est souvent critiqué peut-il produire une élite scientifique capable de rivaliser avec les meilleurs étudiants du monde ?
La réponse tient peut-être dans une distinction importante : le système éducatif marocain est inégal, mais ses filières d’excellence sont redoutablement efficaces.
Les classes préparatoires en sont l’exemple parfait.
Elles concentrent les meilleurs élèves, les meilleurs enseignants et une culture du travail extrêmement exigeante.
Un modèle élitiste, certes, mais performant et un symbole de soft power marocain
Au-delà des chiffres, cette réussite a une dimension plus large. Elle participe au soft power scientifique du Maroc. Dans les laboratoires, les universités et les grandes entreprises, les ingénieurs marocains formés dans les grandes écoles françaises occupent des positions de plus en plus visibles.
Certains deviennent chercheurs, entrepreneurs ou responsables politiques.
Parmi eux, plusieurs figures marocaines passées par Polytechnique ont ensuite joué des rôles majeurs dans l’administration ou la diplomatie. La formation scientifique devient ainsi un instrument discret d’influence.
Une question stratégique pour l’avenir avec un débat commence aussi à émerger :
Le Maroc doit-il continuer à exporter ses meilleurs cerveaux vers les grandes écoles étrangères ? Ou bien développer davantage ses propres institutions scientifiques d’élite ?
Depuis quelques années, le pays tente justement de renforcer son écosystème académique avec des projets comme l’Université Mohammed VI Polytechnique, qui vise à devenir un centre de recherche scientifique international. L’enjeu est clair : transformer l’excellence académique en puissance technologique.
Une histoire de mathématiques… et de culture
Au fond, cette domination marocaine dans les concours scientifiques raconte une histoire plus profonde.
Une culture scolaire où les mathématiques restent un symbole de prestige.
Une tradition éducative où l’effort académique est valorisé.
Et une génération d’étudiants prêts à travailler intensément pour intégrer les institutions les plus sélectives du monde.
Dans un univers dominé par les classements internationaux, les universités anglo-saxonnes et la compétition globale pour les talents, cette réussite marocaine ressemble presque à un paradoxe.
Un petit pays qui, discrètement, domine les concours les plus difficiles de l’enseignement supérieur français. Dans les salles d’examen de Polytechnique, cela se voit chaque année.
Et certains examinateurs le disent parfois avec un sourire : quand on corrige une copie brillante de mathématiques… il y a de fortes chances qu’elle soit marocaine.