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​Nouveau gouvernement : le programme qui pourrait donner des regrets à l’opposition


Aides sociales revalorisées, baisse progressive de l’impôt sur le revenu, pensions minimales relevées, soutien au logement et offensive annoncée contre la rente : à la lecture du programme gouvernemental 2026-2031, l’opposition découvre un terrain politique particulièrement encombré. La majorité affiche des engagements qui pourraient rendre sa contestation plus délicate. De là à regretter de ne pas en être ? La formule relève de la lecture politique, pas d’un aveu recueilli dans les couloirs du Parlement.



​Nouveau gouvernement : le programme qui pourrait donner des regrets à l’opposition
Il existe des programmes gouvernementaux qui offrent à leurs adversaires une cible facile. Trop vagues, trop prudents, trop éloignés des préoccupations quotidiennes. Celui-ci prend une autre direction : il occupe largement le terrain social, multiplie les engagements et tente de relier les ambitions économiques au contenu du portefeuille des ménages.

Pour l’opposition, la difficulté commence ici. Comment combattre politiquement une aide sociale minimale annoncée à 1 000 dirhams, une pension principale minimale visée à 3 000 dirhams ou une réforme fiscale censée améliorer le revenu net des salariés ? On peut discuter les conditions, le financement et le calendrier. Il devient plus compliqué de rejeter le principe.

La majorité cherche ainsi à s’installer sur un espace que ses adversaires auraient volontiers occupé : celui de la réparation sociale, de la protection des classes moyennes et de la lutte contre les privilèges.

Une majorité qui emprunte aussi le langage de ses critiques

Le programme ne se contente pas de promettre davantage de prestations. Il reconnaît des décalages entre les investissements annoncés et les résultats ressentis. Il évoque les difficultés d’accès aux soins, la pression des prix, les insuffisances de l’emploi et les dysfonctionnements des circuits de distribution.

Cette manière de poser le diagnostic retire à l’opposition une partie de son avantage habituel. Lorsque le gouvernement nomme lui-même les problèmes, ses adversaires doivent aller plus loin que leur dénonciation.

Même déplacement sur la corruption et les conflits d’intérêts. Le programme annonce des règles, des contrôles et des mécanismes de transparence. Sur le papier, la majorité se présente donc à la fois comme gestionnaire des grands chantiers et comme correctrice de leurs insuffisances.

L’opposition peut y voir une habileté politique. Elle aurait tort de la sous-estimer.

Le regret de rester au bord de la photographie

C’est dans ce contexte que l’image d’une opposition déjà désabusée prend son sens. Non parce qu’un regret collectif serait établi, mais parce que le programme peut susciter une interrogation embarrassante : si ces mesures aboutissent, qui en recueillera le bénéfice politique ?

Dans quelques années, une famille qui reçoit davantage d’aide, un retraité dont la pension augmente ou un salarié qui paie moins d’impôt ne commencera probablement pas par reconstituer la généalogie partisane de chaque proposition. Il regardera le changement obtenu et ceux qui gouvernaient au moment de son application.

La perspective peut donner des regrets à ceux qui restent hors de la majorité. Être associé à un programme social ambitieux offre une visibilité que les bancs de l’opposition ne procurent pas toujours. Encore faut-il accepter les arbitrages et les responsabilités qui accompagnent cette place.

Car partager les annonces est confortable. Partager les difficultés d’exécution l’est beaucoup moins.

Le gouvernement a gagné une première bataille de récit

La prudence demeure indispensable. Une pension annoncée n’est pas encore une pension versée. Une baisse d’impôt progressive n’améliore pas immédiatement toutes les fiches de paie. Une réforme des marchés alimentaires ne fait pas baisser les prix par la seule force de sa formulation.

L’opposition conserve donc un rôle considérable : vérifier les financements, examiner les textes, défendre les personnes exclues des dispositifs et demander des comptes sur les délais. Elle peut reconnaître une orientation utile tout en contestant une modalité insuffisante. Son risque serait de s’enfermer dans le refus automatique. Face à un programme aussi fourni, la critique gagne à devenir précise.

À ce stade, la majorité dispose surtout d’un avantage de présentation : elle a placé de nombreuses attentes populaires au cœur de son engagement. L’opposition devra choisir entre commenter cette promesse et construire une alternative crédible.

Les regrets éventuels peuvent attendre. Pour le gouvernement, l’épreuve commence maintenant : donner à ses adversaires de vraies raisons d’envier son bilan, et pas seulement son programme.


Mercredi 21 Octobre 2026