La scène politique française ressemble de plus en plus à un théâtre d’ombres où les extrêmes se disputent le rôle du seul recours crédible. D’un côté, une extrême droite en costume repassé, visage lisse, discours aseptisé, obsédée par la respectabilité. Elle parle d’ordre, de frontières, de République, mais avec une prudence chirurgicale. Plus de cris, plus de brutalité assumée : place au ton calme, au vocabulaire technocratique, à la stratégie de normalisation. Une extrême droite “Monsieur Propre”, qui nettoie son langage sans jamais vraiment interroger le fond idéologique qu’elle recycle.
En face, une extrême gauche qui revendique la colère comme méthode politique. Le verbe est dur, l’invective constante, l’ennemi omniprésent. Tout est violence symbolique, tout est affrontement moral. La parole devient un champ de bataille permanent, où l’excès remplace l’argument et où la radicalité verbale tient lieu de programme. Cette gauche de la fureur parle au nom du peuple, mais souvent contre toute nuance, comme si la complexité était une trahison et le compromis une capitulation.
Entre ces deux pôles, le débat démocratique s’étiole. La présidentielle ne structure plus un projet collectif, elle orchestre une mise en tension permanente. La modération est perçue comme faiblesse, la rationalité comme tiédeur. Le centre, quand il existe encore, apparaît soit technocratique, soit hors-sol, incapable de produire un récit mobilisateur. Résultat : la colère nourrit la colère, la peur appelle la peur, et chaque camp prospère sur la caricature de l’autre.
Le danger n’est pas seulement électoral, il est culturel. Quand la politique devient un duel entre le lissage stratégique et la rage performative, la parole publique se vide de sa fonction première : éclairer, arbitrer, projeter. La France ne manque ni de talents ni d’idées, mais elle semble prisonnière d’une dramaturgie où l’extrême droite avance masquée et où l’extrême gauche crie plus fort qu’elle ne convainc. À force de confondre radicalité et clarté, le pays risque surtout de perdre le sens même du débat démocratique.
En face, une extrême gauche qui revendique la colère comme méthode politique. Le verbe est dur, l’invective constante, l’ennemi omniprésent. Tout est violence symbolique, tout est affrontement moral. La parole devient un champ de bataille permanent, où l’excès remplace l’argument et où la radicalité verbale tient lieu de programme. Cette gauche de la fureur parle au nom du peuple, mais souvent contre toute nuance, comme si la complexité était une trahison et le compromis une capitulation.
Entre ces deux pôles, le débat démocratique s’étiole. La présidentielle ne structure plus un projet collectif, elle orchestre une mise en tension permanente. La modération est perçue comme faiblesse, la rationalité comme tiédeur. Le centre, quand il existe encore, apparaît soit technocratique, soit hors-sol, incapable de produire un récit mobilisateur. Résultat : la colère nourrit la colère, la peur appelle la peur, et chaque camp prospère sur la caricature de l’autre.
Le danger n’est pas seulement électoral, il est culturel. Quand la politique devient un duel entre le lissage stratégique et la rage performative, la parole publique se vide de sa fonction première : éclairer, arbitrer, projeter. La France ne manque ni de talents ni d’idées, mais elle semble prisonnière d’une dramaturgie où l’extrême droite avance masquée et où l’extrême gauche crie plus fort qu’elle ne convainc. À force de confondre radicalité et clarté, le pays risque surtout de perdre le sens même du débat démocratique.