Un dispositif partenarial au service de la mémoire nationale
La rencontre a été tenue en partenariat avec l’institution médiatique Sefrou News, le CRMEF de Sefrou, ainsi que la délégation provinciale du Haut-Commissariat aux anciens résistants et anciens membres de l’Armée de libération. Selon les organisateurs, l’initiative s’inscrit dans une démarche de sauvegarde et de valorisation de la mémoire nationale, en éclairant le contexte politique des événements de janvier 1944, leurs dimensions nationales et régionales, et le rôle des villes marocaines dans la dynamique des revendications d’indépendance et leurs retombées sur le mouvement national.
Ouverture officielle: présence académique et institutionnelle
La séance inaugurale a été présidée par le Pr Mohamed El Amrani, professeur de l’enseignement supérieur et chef du département d’histoire à l’Université Sidi Mohammed Ben Abdellah – Saïs Fès. Y sont intervenus le directeur du laboratoire organisateur, un représentant de Sefrou News, le directeur du CRMEF de Sefrou, le représentant de la délégation provinciale du Haut-Commissariat, ainsi que le comité d’organisation, qui ont tous souligné l’importance d’articuler recherche académique et devoir de mémoire.
Contenus scientifiques: du mot d’ordre d’indépendance aux archives diplomatiques
La première séance scientifique, dirigée par le Pr Lahcen Ouri, directeur du laboratoire, a réuni des communications portant sur le mot d’ordre d’indépendance après 1944, via une approche croisant lutte politique et interrogation éthique autour d’Allal El Fassi et Louis Massignon. Les intervenants ont également exploré les échos des villes marocaines dans les archives diplomatiques américaines, et analysé l’impact des conjonctures internationales sur la trajectoire du combat national à Fès lors de la présentation du Manifeste de l’Indépendance.
Janvier 1944: regards croisés entre nationalistes et autorités de protection
La seconde séance, modérée par M. Tarek Aïbibo, s’est attachée à décrypter les événements des 29, 30 et 31 janvier 1944 à Fès et dans sa périphérie, en confrontant les narrations des nationalistes aux rapports des autorités du protectorat. Les communications ont également mis en lumière la participation d’autres régions, dont le Rif, à la même insurrection populaire, ainsi que le rôle des artisans dans le soulèvement fassi. Elles ont replacé ces événements dans le fil des accumulations politiques du mouvement national et dans le contexte de la riposte sécuritaire consécutive au Manifeste de l’Indépendance.
Un aréopage académique et des doctorants pour nourrir et transmettre le savoir
Le colloque a été animé par un ensemble d’enseignants-chercheurs issus de plusieurs universités et institutions, notamment l’Université Sidi Mohammed Ben Abdellah (Fès), l’Université Hassan II – Aïn Chock (Casablanca) et l’Université Hassan Ier (Settat). Les communications ont constitué une occasion d’enrichir le corpus de connaissances sur une page lumineuse de l’histoire contemporaine du Maroc et de raviver la mémoire nationale, en présence remarquée de doctorants, gage de transmission aux nouvelles générations au travers de leurs travaux.
Ouverture de l’université sur son environnement
Les organisateurs ont insisté sur la portée de telles initiatives, qui témoignent de l’ouverture de l’université sur son environnement culturel et scientifique et de sa contribution à la diffusion d’un savoir historique rigoureux. L’Université Sidi Mohammed Ben Abdellah – Saïs Fès réaffirme ainsi son rôle central dans la valorisation de la recherche en histoire et la préservation de la mémoire partagée, au service d’une lecture approfondie du parcours de la résistance, de la libération et de l’édification de l’État moderne.


