L'ODJ Média

​Stephen Miller à la Maison-Blanche, le pari de Trump face au Congrès

Jusqu’où Donald Trump pourra-t-il gouverner par décret après la défaite républicaine aux élections de mi-mandat ?


Rédigé par La Rédaction le Dimanche 8 Novembre 2026

En nommant Stephen Miller, l’un des principaux artisans de sa politique d’expulsions, Donald Trump confie la direction de son cabinet à un partisan de la ligne dure. Face à un Congrès qui passera sous contrôle démocrate en janvier, la Maison-Blanche peut agir par décret dans le cadre des pouvoirs présidentiels. Le financement fédéral et les enquêtes parlementaires donnent au Capitole des moyens de riposte.



Stephen Miller doit succéder à Susie Wiles le 9 novembre

​Stephen Miller à la Maison-Blanche, le pari de Trump face au Congrès
« Les deux prochaines années seront une guerre politique sans merci et Miller pourrait en être le visage. » Le pronostic vient d’une source anonyme familière du raisonnement de Donald Trump, citée par The Atlantic et traduite par Courrier international. Il éclaire la nomination annoncée vendredi 6 novembre, trois jours après le scrutin de mi-mandat. Selon l’Associated Press, les démocrates ont remporté le contrôle du Sénat et de la Chambre des représentants. Trump a, pour sa part, contesté que le remaniement soit motivé par le résultat des urnes. 

À 41 ans, Miller passe de la direction adjointe du cabinet, où il suivait les politiques publiques, à la coordination de l’équipe présidentielle. Conseiller de Trump depuis la campagne de 2016, il a joué un rôle central dans la politique d’expulsions à grande échelle. Susie Wiles, première femme à occuper le poste, doit rejoindre l’organisation politique de Trump, selon l’annonce présidentielle. Le changement touche au fonctionnement quotidien de la Maison-Blanche. Le directeur de cabinet organise l’accès au président, coordonne le travail de ses conseillers et participe aux échanges avec le Congrès. Miller aura donc davantage de latitude pour choisir quels dossiers arrivent sur le bureau de Trump et à quel moment. 

Dans The New Republic, le chroniqueur Matt Ford voit dans cette promotion le choix d’accentuer une ligne que le scrutin vient de sanctionner. Le reportage de The Atlantic laisse aussi entrevoir une autre possibilité. Des responsables de la Maison-Blanche, dont Miller, ont discuté de dossiers sur lesquels un accord avec les démocrates serait envisageable. Le choix de Trump signale une disposition à l’affrontement. Les premières négociations montreront la place qu’il laisse au compromis. 

Les décrets donnent l’initiative à Trump, le Congrès tient les crédits

Un décret permet au président de donner rapidement des instructions aux administrations fédérales. Sa validité repose sur un pouvoir que la Constitution attribue au président ou que le Congrès lui a délégué. Les droits de douane en ont fourni un exemple en février 2026. La Cour suprême a jugé que la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence invoquée par Trump ne l’autorisait pas à imposer des droits de douane. La portée d’une décision présidentielle se joue donc aussi dans le choix du texte sur lequel elle s’appuie et dans la lecture qu’en feront les juges. 

À partir du 3 janvier 2027, les nouvelles majorités démocrates pourront peser sur les crédits fédéraux et fixer les priorités des commissions. Celles-ci pourront ouvrir des enquêtes, auditionner des responsables et, selon leurs règles, exiger des documents ou des témoignages. Sur l’immigration, par exemple, la Maison-Blanche pourra chercher à modifier les priorités des agences dans le cadre des lois et crédits existants. Si elle veut financer une extension du dispositif au-delà des crédits votés, elle devra obtenir de nouvelles autorisations budgétaires. 

Pour le Maroc, le volet commercial donne une mesure concrète de cette bataille institutionnelle. L’accord de libre-échange avec les États-Unis est en vigueur depuis 2006. L’éventuelle incidence d’une nouvelle mesure américaine sur les exportateurs marocains dépendrait de son texte, de sa base juridique et des produits visés. À Washington, les premiers arbitrages budgétaires et les premières convocations en commission diront jusqu’où la stratégie de Miller peut tenir face à la nouvelle majorité. 

​Jusqu’où Donald Trump pourra-t-il gouverner par décret après la défaite républicaine aux élections de mi-mandat ?

Donald Trump peut donner des instructions aux agences fédérales par décret lorsque la Constitution ou une loi lui en donne le pouvoir. La nomination de Stephen Miller renforce la coordination de la Maison-Blanche, tandis que le Congrès conserve la maîtrise des crédits. À partir de janvier 2027, les majorités démocrates pourront orienter les enquêtes parlementaires. Les tribunaux pourront aussi contrôler la légalité des mesures contestées




Dimanche 8 Novembre 2026